Archives de l’Académie des sciences, année
tement, au cours d’un voyage en Auvergne, le 20 août1769.
La nomination de Lavoisier à l’Académie fut une grande joie, pour ses amis et sa famille. Son père, qui venait d’être gravement malade, et dont l’état de santé avait, durant tout l’hiver, vivement inquiété les siens, en vit sa convalescence égayée. De tous Les côtés arrivaient les félicitations. Un parent, Augez de La Voye, lui écrivait ces paroles prophétiques : « Quels progrès doit produire la maturité d’une jeunesse si utilement employée! » L’heureuse tante Punctis avait aussi sa part de compliments : « Je vois la joie briller dans vos yeux, lui écrit M. de La Voye, en apprenant que ce cher neveu, l’objet de toutes vos complaisances, est nommé à l’Académie des sciences. Quelle satisfaction que dans un âge si tendre, où les autres jeunes gens ne songent qu’à leurs plaisirs, ce cher enfant ait fait de si grands progrès dans les sciences, qu’il obtienne une place que l’on n'obtient ordinairement, après beaucoup de peine, qu’à plus de cinquante ans"... »
L'Académie se réunissait deux fois par semaine, le mercredi et le samedi, de trois heures à cinq heures. Ce fut à la séance du 1% juin 1768 que Lavoisier vint siéger pour la première fois. Sa puissance de travail, l’universalité de ses connaissances, le firent aussitôt charger de nombreux rapports : sur l’aréomètre de Cartier, la théorie des couleurs,
1. Voici une jolie lettre de Mlle Julie Augez de La Voye à Mlle Punctis : « Boujour, ma chère cousine, comment vous portez-vous? Que j'ai de plaisir à m'entretenir avec vous; je ne puis vous exprimer le plaisir que la no mination de mon cher cousin m'a fait; je ne sais si c'était amitié ou connais: sance qui me l'avait toujours fait penser. Vous allez dire que je fais bien la connaisseuse pour une petite provinciale. Si vous saviez, ma chère cousine, je m'en tiens une fois plus droite; il semble que ce soit moi qui ai eu tous les suffrages de ces messieurs. Moi qui ne suis que sa cousine, je juge par là du plaisir que cela vous a fait, vous qui l'aimez tant et qui étiez à portée de voir combien il mérite les suffrages. » Mlle Julie de La Voye épousa
M. Romand, qui fut, pendant la Révolution, payeur général de l’armée de l'Ouest.