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L'ENTRÉE A L’'ACADÉMIE

les lanternes de Dufourny, les’ soufflets à chute d’eau, etc. ; et, pendant vingt-cinq ans, il fut un des membres les plus actifs de cette Académie, à laquelle il donna la primeur de ses grandes découvertes, et dont il devait plus tard défendre avec une ardeur indomptable les droits et l'existence.

Au commencement de 1769, il s’occupa d’une question qui intéressait vivement les Parisiens. L'ingénieur Deparcieux, préoccupé de fournir à Paris de l’eau potable de bonne qualité, avait longtemps cherché le moyen de dériver les sources voisines et, après des études approfondies, avait proposé d'y amener les eaux de l’Yvette, qui prend sa source près de Longjumeau et se jette dans l’Orge. Le projet fut accueilli avec enthousiasme par les Parisiens, mais Deparcieux mourut en 1768, et, peu de temps après, un carme déchaussé, le Père Félicien de Saint-Norbert, attaqua vivement son projet. Lavoisier en prit la défense, en s'adressant non aux hommes de science, mais surtout au public et aux administrateurs de la ville. Il fit insérer dans le Mercure de France le mémoire qu'il avait lu à l’Académie Le 15 juillet, et où il démontrait l’inanité des critiques du Père Félicien. L'Académie le chargea alors d'examiner le travail de M. d’Auxiron, qui sollicitait le privilège de l'établissement d’une pompe à feu pour élever et distribuer les eaux de la Seine. L'année suivante, Lavoisier lui présenta un long mémoire où il étudiait en détail les frais d'établissement des pompes à feu. Ainsi aucun sujet ne lui était étranger; 1l touchait à toutes les questions avec la même clarté de vue, la même précision de raisonnement. Ses travaux ne furent pas sans influence sur les décisions de l'administration, qui se prononça pour l’exécution des plans de Deparcieux".

1. L'état des finances de la ville ne permit pas de réaliser le plan de Deparcieux, dont un arrêt du conseil avait confié l'exécution à Péronnet et

Les recherches scientifiques de Lavoisier furent interrompues à ce moment par les devoirs que lui imposaient ses fonctions dans la ferme générale, où 1l était entré en mars 1768, peu de jours après sa nomination à l’Académie. Désireux de se consacrer à la science, et sentant qu’une erande fortune lui en faciliterait Jes moyens et lui assurerait l'indépendance, il cherchait les moyens de faire fructifier par son travail la fortune personnelle qu'il tenait de sa mère. Sur le conseil d’un ami de la famille, M. de La Galaizière, intendant de la Lorraine, il entra dans les fermes à titre d'adjoint du fermier général Baudon, qui lui céda un tiers de son intérêt dans le baïl d’Alaterre. Les collègues de Lavoisier à l’Académie ne virent pas d'un œil favorable cette détermination; ils craignirent que ses nouvelles fonctions ne l'éloignassent de la science ; l’un d’eux, le géomètre Fontaine, aux observations de ses confrères, répondit : « Tant mieux! les diners qu'il nous donnera seront meilleurs?. »

Sa position dans Ja ferme générale l’obligeait à des tournées d'inspection; l’année même de sa nomination, il parcourut la Picardie; mais, tout en remplissant les devoirs d'adjoint, il n’oubliait aucun de ses devoirs de savant. Durant ce voyage, comme dans tous ceux qu'il fit pour les fermes, il poursuivait avec une régularité absolue ses travaux; chaque jour il faisait des observations barométriques, prenait des notes de minéralogie et de géologie, en même

à Chezy : le devis s'élevait, en effet, à 8 millions. La question ne fut reprise qu'en 1786, époque à laquelle un ancien capitaine d'artillerie, M. de Fer de La Nouerre, proposa un plan un peu différent et plus économique ; les travaux, commencés en 1788, furent suspendus l’année suivante et définitivement arrêtés par les événements de la Révolution. (BeLGrRANp, les Anciennes Eaux de Paris, p.305 et suiv.)

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