Journal de Buvat
entre autres celle de Paparel, trésorier de la maison du roi. Op. lui reprochait, entre autres friponneries, d'avoir prélevé à son profit un dixième sur les payements faits aux gardes du corps; on considérait surtout comme une félonie que , pendant les dernières guerres , il eût placé 1 690 000 livres dans les fonds étrangers. Mais Paparel était gendre du marquis de Lafare, capitaine des gardes dvi régent et Tun de ses favoris. Il obtint des adoucissements successifs à sa peine, et en fiit quitte pour la perte de ses biens.
Les grands financiers.
Ce n*était pas à la tête des gens riches qu*on en voulait, mais à leur bourse. L'affaire qui fit le plus de bruit fut celle de Bourvalais*. Depuis longtemijs la noblesse subissait l'éclat de son luxe comme Une insulte. La rumeur publique lui faisait Url crime d'avoir placé sur les banques étrangères 1 200 000 louis d'or, somme équivalente à 34 mil= lions de notre tempSi Six chariots, donf trois d'argenterie qu'on fit monnayer au profit de l'État, ne dégarnirent pas son bel hôtel de la place Ven-
]. Paul Poisson, dit Boumlais, du noni d'une terre quMl avait abquise, était fils d'un pauvre paysan breton. Il avait été laquais comme la plupart des financiers de ce temps.
dôme. Est-il donc étonnant qu'un homme qui avait été le principal fournisseur des armées pendant vingt années de guerre, eût amassé des trésors? Coupable ou non, Bourvalais fut enlevé à sa famille, à ses affaires, et gardé à vue dans un des cachots de la Bastille. Ce fut un triste spectacle que celui d'mi homme, si bassement adulé la veille, et dénoncé aussitôt par ses laquais et par ses amis, dans Tespoir d'arracher un lambeau de ses dépouilles. Un domestique vint déclarer aux magistrats qu'il avait creusé mie cachette dans la maison; un autre, qu'il avait cousu 150 000 livres en billets dans les habits de son maître. Un ami qui avait reçu en dépôt une cassette renfermant des pierreries pour 200000 écus, l'apporta à la Chambre de justice*
« Un prêtre de Saint-Sulpice nommé Rey, auquel Bourvalais avait confié' quelques affaires importantes, alla le dénoncer et déclarer qu'il avait 600 000 hvres de contrats sur la ville de Paris, sous son nom. La somme fut confisquée au profit du roi, à l'exception de 100 000 livres qu'on accorda à cet ecclésiastique pom* son di'oit d'avis*. »
Néanmoins, comme on ne trouva pas matière à un procès criminel contre Bourvalais, on le. relâcha après une année de détention rigoureuse ^