‹ Lazare de BaïfChapitre 2 sur 79 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Naissance, 4496 (?) ; [61iation ; sources biographiques. — . Études littéraires et juridiques; Baïf au Parlement. — Voyage à Rome, 1514 (?), avec Christophe de Longucil ; Baïf élève de Lascar is et de Musurus. — Retour en France, 1519 (?) ; Baïf à l'Université d'Angers. — Il est attaché à la maison du cardinal Jean de Lorraine; voyages en Lorraine et à Lyon, 1525; lettre de Baïf à Lascarîs. — De re vestiaria, 1526. — Baïf protonotaire. — Il est envoyé à Venise comme ambassadeur, 1529.

Si Ton sort de La Flèche par la route qui conduit à Bazouges, et qu'abandonnant celle-ci au bout de trois kilomètres, on se dirige à droite vers les collines boisées qui ferment la vallée du Loir, on aperçoit les constructions d'un petit domaine, jadis résidence seigneuriale, encore appelé de son ancien nom : les Pins y ou la Cour des Pins 1 . Cette désignation n'éveille pas l'idée d'un paysage fort riant; et, de fait, le lieu, retiré et sans vue, paraîtrait morne sans l'abondante verdure qui colore tous les sites de cette région. Malgré la disparition de divers corps de bâtiments, dont la perte a réduit le manoir à un seul et modeste édifice, et malgré la vétusté de ce qui subsiste (certaines parties datent du xv e siècle), l'habitation, avec son perron et la charpente cintrée de son auvent coiffé d'ardoise, a conservé quelque

1. Voir P. Belleuvre, Lazare et Antoine de Bayf; Introduction: Le Manoir des Pins, dans la Revue de V Anjou et de Maine-et-Loire , t. Il (1855), p. 209-211. — S. de la Bouillerie, Verron, notes et documents, dans la Revue historique et archéologique du Maine, t. XXXIV (1895, 2 m * semestre), p. 151-154. — Ch. Guh gnard, Les de Baïf. Laval, 1899, p. 6-7.

chose du caractère féodal, et, d'autre part, de jolis détails cf architecture attestent qu'il s'est trouvé là, au temps de la Renaissance, des seigneurs qui avaient du goût. L'entrée du logis se couronne d'un petit fronton grec, dont la corniche à modillons recouvre plusieurs rinceaux remplis de feuilles d'acanthe, surmontant une guirlande du même style. Au-dessus de ce fronton repose l'imposte, composée d'un rectangle sur lequel on lit le conseil de l'antique sagesse : SïlETàE

BtAAEnS 1 .

Le fief des Pins, possédé d'abord par les seigneurs de ce nom r puis par ceux de Mangé, passa dans la famille de Baïf par le mariage d'Ysabeau de Mangé avec Antoine de Baïf (avant 1 434) . Cette famille était fort ancienne, « stirps antiqua », dit Scévole de Sainte-Marthe*. L'érudition locale s'est plu à en rechercher l'origine et les ramifications 3 . Je me contente du témoignage de Ronsard, qui, venant à nommer Lazare de Baïf, écrivait en note : « Gentilhomme angevin, parent de ceux de Laval et de Guimené [Guéméné] 4 ». Jean, fils d'Antoine et d'Ysabeau, chevalier, seigneur de Yerneil-le-Chétif, de Mangé au Maine et

1. Quelques restes de sculptures à l'intérieur. Un médaillon qui décore une cheminée pourrait bien représenter Lazare de Baïf, dont on ne connaît d'ailleurs aucun portrait; Guignard, op. cit., p. 7.

2. Dans la courte notice qu'il consacre à Lazare de Baïf : Gallorum doctrina illustrium... Elogia auctore Scaevola Sammarthano. Poitiers, 1602, p. 14.

3. F. Legeay, Recherches historiques sur Aubigné et Verneil (Maine). Paris, 1857, p. 337 sqq.

4. Ronsard, Œuvres complètes, éd. P. Blanchemain. Paris, 1857-1867, t. \\\ p. 300, note. Cf. le P. Anselme, Histoire généalogique et chronologique de la Maison royale de France, des pairs, etc. Paris, 1726-1733, t. II, p. 59 D; t. III, p. 650 C. Les Baïf tenaient leur nom d'une terre située sur la Sarthe, entre S. blé et Pincé, près Durtal. Ils portaient « de gueules à deux léopards d'argent l'ua sur l'autre, au chef de même ». Th. Cauvin, Essai sur V armoriai du diocèse du Mans. Le Mans, 1840, p. 15. Quoique Brunet dise le contraire (Manuel du Libraire, i*Bayfius), Lazare signait toujours Bayf. J'écrirai Baïf pour ne pas donner aux deux noms du père et du fils, pour lequel cette forme a prévalu, une physionomie différente.

autres lieux, hérita du manoir. Il épousa Marguerite Ghasteignier de la Roche-Posay et mourut en 151 7 *. Il avait eu plusieurs enfants : deux fils, François, l'aîné*, et Lazare ; deux filles, Marthe* et Madeleine 4 . Mais, ici, je dois insister en quelques mots, car si tous les biographes 6 s'accordent à donner à Lazare de Baïf cette filiation, il se trouve un auteur pour la lui refuser, et un auteur qui jouit d'une grande autorité dans les questions de cette nature. André du Chesne, le savant généalogiste, voit dans Lazare non pas un fils, mais un neveu de Jean de Baïf 6 .

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