fol
— oo —
Personne ne l'aida à réaliser son désir, et il ne connut pas la joie et la gloire d'enrichir sa patrie de cette précieuse récolte, ce que devait faire son successeur Georges de Selve, et surtout ce que devaient faire peu après Guillaume Pellicier pour la France 1 , et Don Diègue Hurtado de Mendoza pour l'Espagne*. À défaut de livres, il voulut envoyer des hommes à la cour. De nombreuses lettres recommandent au roi un personnage appelé Faustus, ou, de son vrai nom, Fausto Victori (?) s . Inventeur et constructeur d'une « quinquérème de trente-deux bancs* », qui « triumphe en légèreté et dextérité autant qu'un cheval d'Espaigne au pris d'un roussin 5 », Faustus, en outre, est « savant tant en grecque en latin 6 », et poète par surcroît: il a composé, « au nom de M e Pasquil, une elegie des déluges et inondacions de Flandres 7 », Comment hésiter à enlever un tel homme aux Vénitiens 8 ? Bien plus pressante encore la sollicitation en faveur de Michel-Ange. Le grand artiste, chassé de sa patrie par les événements, se cachait depuis quelques jours à Venise. Le 14 octobre 1529, Lazare écrit au roi : « Sire, ayant trouvé la commodité de ce gentilhomme qui s'en va en dilligence en Angleterre Ambassadeur pour le pape, n'ay voulu obmectre à vous écrire par luy ces présentes, nonobstant que vous ays escript du VIII e et XIII e de ce moys, pour vous faire scavoir que j'ay esté adverty que Michael Angelo, excellent
1. Voir J. Zeller, La Diplomatie française vers le milieu du xvi e siècle, d'après la correspondance de Guillaume Pellicier, évêque de Montpellier, ambassadeur de François I er à Venise (1539-1542). Paris, 1881, p. 111-145.
2. Voir Ch. Graux, Essai sur les origines du fonds grec de VEscuriaL Paris, 1880, p. 165-273.