Brunet, Manuel du Libraire, 5 e éd., t. I, col
istius rei nec vola nec vc;igium in libro ipso deprehenditur. Si chartae et litterarum spectaveris elegantiam, basileenses editiones longe superat; in Germania tamen illam excusam esse facile crediderimus. Sine dubio editionum, quae unquam in lucem prodierunt, secunda, et ad archetypon basileense, apud Joan. Bebelium, 1526, in-4 impressum, typis exarata est. Colligimus id e verbis, quae quinque erratis typographicis subjiciuntur... etc 1 . » Je ne connais ni cette édition, citée par Freytag, ni celle de Venise.
Ce fut Robert Estienne qui le premier donna, en 1536, les trois traités (et le traité de Telesio) réunis en un recueil, dans lequel la place d'honneur appartient au De re navali. Le titre du volume est : Lazari Bayfii Annotationes in L. II de captivis et postliminio revenu. In quibus Iractatur de re Navali. Ejusdem Annotationes in tractatum de auro et argento leg. in quibm Vestimentorum et Vasculorum gênera explicantur. Antonii Thylesii de Coloribus libellus, a coloribus vestium non alienus. Parisiis. Ex officina Rob. Stephani. M.D. XXXVI [1536]. Cum privilegio Senatus. In-4; 168 et 203 pp. sans les liminaires et l'index. A la fin du volume : Excudebat Robertm Slephanus Parisiis, ann. M.D. XXXVI prid. calend. seplemb.
L'ouvrage est orné de belles gravures sur bois : vingt et une dans le De re navali, représentant des navires anciens, birèmes, trirèmes, etc., ou des parties de navires ; trois dans le De re vestiaria, représentant une femme, un sénateur, un soldat; sept dans le De vasculis, représentant des vases antiques. Quelques-unes de ces gravures (une dans le Dere navali, qui se trouve reproduite deux fois, les trois planches du De re vestiaria et la marque de Robert Estienne au titre), portent
1. F.-G. Freytag, Adparatus litterarius.... Leipsick, 1752-1755, t. II, p. 1037.
au bas une double croix ou croix de Lorraine, qui indique que ces planches viennent de l'atelier de Geofroy Tory 1 . Les autres, quoique non signées, ont apparemment la même origine.
Avec un souci de précision archéologique très remarquable pour l'époque, Baïf, afin d'avoir de bonnes représentations de sujets antiques, s'était adressé à l'ambassadeur du roi de France à Rome, François de Dinteville, et Ton peut voir, par maint passage de sa correspondance, à quel point lui tenait à ' cœur l'exécution fidèle des dessins qu'il le chargeait de lui procurer 1 . Les documents relatifs à la Res navalis furent pris sur la colonne Trajane ; j'ignore d'où viennent les autres. « Ces dessins, dit M. Léon Dorez, ont la prétention de reproduire des fragments nautiques tirés des bas-reliefs de la colonne Trajane, et quelques-uns de ces fragments sont reconnaissables à première vue. Le premier navire représenté page 109 s'identifie facilement avec celui qui est figuré sur la planche CXXXV de l'Antiquité expliquée (t. IV, 2 e partie, en face de la p. 218). Le second dessin de la page 109 est identique, quoique tourné en sens contraire, au premier de la même planche de Montfaucon. D'autre part, le dessin de la page 28 de Baïf semble une reproduction, plus fantaisiste, d'une des proues publiées par Montfaucon (op. cit. y pi. GXXXIII, fig. 2) d'après les bas-reliefs de Saint-Laurent-hors-les-Murs. Il est d'ailleurs à noter que les gravures de l'ouvrage de Baïf ressemblent plus aux gravures de celui de Montfaucon qu'aux reproductions du grand recueil Frôhner-Àrosa : si les dessinateurs du xvi e et du xvn e siècle ont été à la peine, les progrès de la gravure appliquée à l'archéologie font qu'ils ne sont plus guère à l'honneur 3 . » Dans un avis
1. À. Bernard, Geofroy Tory. Paris, 2° éd., 1865, p. 196-201.
2. B. N. Mss, Fr., 3941, fol. 229; Dupuy, 260, fol. 171; Dupuy, 265, ff., 5 et 8. Cf. Camusat, op. cit., S. 149 v° et 152.
3. Léon Dorez. Extraits de la Correspondance de François de Dinteville, ambassadeur de France à Rome {Revue des Bibliothèques, t. IV, 1894, p. 84-87).
qui suit la dédicace du De re navali à François I er , Charles Estienne demande l'indulgence du lecteur pour l'inexactitude des dessins. Mais ne confondons pas ; il ne parle pas de l'inexactitude matérielle des copies prises sur les marbres romains, il parle de l'inexactitude archéologique de ces marbres euxmêmes: « Quas inspicies inter legendum, in his opusculis passim depictas navium, vestium ac vasculorum figuras, Lector, eas scito cum ex antiquissimis monumentis, tum maxime ex vetustioribus illis marmoribus, quae etiam hodie Romae conspiciuntur, desumptas fuisse.... Noli autem te tantam iis fidem adhibere, ut ad unguem effictas fuisse credas in ipsis marmoribus. Id enim non ignora mu s, marmora, quantumvis antiqua, nonnihil interdum habere, quodartificis libidini, potius quam veritati, respondeat.... » Remarquons en passant ce scrupule, très digne d'attention pour une époque où la science archéologique était à son aurore. En véritables archéologues, Baïf et Estienne (son porte-parole) ne se contentent pas de remonter aux sources ; celles-ci une fois découvertes, ils les critiquent. Il faut se défier des artistes anciens, qui en prennent à leur aise avec la vérité : « unde plurimum deceptos credimus eos qui certitudinis aliquid f in marmorum antiquorum statuis hactenus posuerunt ». Par exemple (je traduis Charles Estienne), leur trirème n'est pas une trirème; et ainsi du reste. Aussi Baïf, en accusant réception des dessins à Dinteville, déclarait-il s'en rapporter plutôt à ses lectures qu'au? témoignages de la statuaire antique, quelquefois décevante 1 .
L'année suivante, notre auteur fit réimprimer à Bâle : l°son De re navali, 2° le recueil des trois traités.
Le nouveau De re navali portait ce titre : Lazarii Bayfii de