‹ Lazare Hoche, 1793-1797;Chapitre 26 sur 67 · n0 Exe · texte numérisé non relu

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stenir' de toute' violence et, d'autre part, la Convention nationale, dont^ cette guerre fratricide e'tait* devenue^ la plus vive^ pre'occupation, jugea" le moment arrivé d'accorder un pardon ge'ne'ral aux Yende'ens et aux chouans qui s'étaient armés- contre le gouvernement de la 5 République : elle promulgua en conséquence un décret damnistie dans le dernier mois de l'année 1794, et une quinziiine de représentants furent envoyés par elle en mission dans les départements de l'Ouest, avec des pouvoirs très-étendus pour® assurer l'exécution de ce 10 décret et pour pacifier le pays.

Le succès sembla d'alDord répondre aux espérances de la Convention : les insurgés, obéissant'" au mot d'ordre de leurs chefs, parurent" accepter l'amnistie de bonne'" foi, et beaucoup sans doute étaient'^ sincères en l'acceptant. 15 Hoche lui-même se fia d'abord aux apparences et crut'* l'insurrection apaisée. Il se résigna au repos et, profitant de ses loisirs pour étendre ses connaissances, il fit'^ venir'® des livres, s'appliqua à la lecture des anciens et reprit" avec ardeur l'étude du latin dont^ un vieux prêtre 20 lui avait enseigné les premiers éléments dans son'® enfance. Une âme trempée comme l'était la sienne, nourrie dans le culte de la République et dans l'horreur de la tyrannie, ne pouvait'* manquer de se passionner pour Tacite, et il s'estimait heureux d'être* parvenu,^ 25 après beaucoup d'eflforts, à entendre cet auteur sans le secours de la ti-aduction.

Ses loisirs furent de courte durée. Le calme apparent qui se faisait'^" autour^' de lui était dû surtout à la lassitude des partis : -les haines étaient encore trop vives,® les 30 plaies trop récentes, et les souffrances trop grandes : le souvenir enfin des forfaits du gouvernement révolutionnaire soulevait encore trop d'indignation et d'horreur pour qu'une pacification sérieuse"- fût'^ possible. Le plus grand nombre des chefs vendéens et chouans ne cher- 35 chaieiit'^ qu'à gagner du temps, guettant l'occasion favorable et la prochaine arrivée des secours promis-* par le gouvernement britannique.

Traités de la Jaunaye et de la llabilais. — Reprise des hostilités.

Parmi les chefs qui préparaient' activement et sous main un soulèvement nouveau avec la coopération de 5 l'Angleterre, le plus autorise' comme le plus habile e'tait le comte Joseph do Puisaye, qui de Londres, oii" il s'était rendu depuis six mois, tenait^ dans ses mains tous les fils de la trame ourdie par lui avec la plus infatigable persévérance en* Bretagne, en^ Anjou, dans^ le Maine et

10 la basse" Normandie. Il avait réussi à organiser dans ces provHices cinquante divisions de mille hommes chacune ; toutes recevaient de lui le mot d'ordre et n'attendaient qu'un signal pour recommencer la guerre' à outrance.

15 Puisaye se bornait alors à interdire" toute^ prise d'armes, toute manifestation intempestive" qui pût'" faire" soupçonner avant l'heure aux républicains un soulèvement prochain, et plus loyal que d'autres chefs, il refusait de prêter son concours aux négociations d'un traité dont'^ il ne se

20 sentirait'^ pas disposé à observer les clauses, et d'une paix illusoire, propre seulement à exciter la défiance du gouvernement anglais ou à rendre son assistance moins efficace. Cormatin était moins scrupuleux : cet homme, à force d'intrigues, était'* parvenu'^ à acquérir'* de l'impor-

25 tance ; tous les moyens lui étaient bons pour endormir'" la vigilance des républicains, et il croyait'* ne pouvoir'" mieux les abuser qu'en traitant avec eux. Subordonné d'abord en toute^ chose à Puisaye, et accrédité par lui auprès des principaux-" chefs vendéens et chouans, il

30 parvint'^ à s'emparer de l'esprit de Monsieur, -comte de Provence, qui tenait,^ en qualité de régent du royaume, une petite cour à Vérone et correspondait à Paris avec une agence royaliste composée de quelques affidés. Cormatin réussit à fasciner les personnes'''' de l'entourage

35 du prince et les membres les plus influents-^ de l'agence

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royaliste ; il se fit' reconnaître- par eUe comme major général des arme'es catholiques et en' obtint* des pouvoirs très-étendus et indépendants de lautorite de Puisaye. îl se dit' dès loi-s hautement autorisé à n'îgocier une paix sérieuse* avec le gouvernement républicain. 11 vit" 5 lus géaé"aux Canclaux et Hoche, et leur demandj\ l'autorisation do conférer librement avec les chefs insurj-és pour* les disposer à se soumettre. Mais Hoche, dont* le caractère droit et ouvert'" présentait tant de contrastes avec celui de Cormatin, ne l'écouta point sans 10 métiance : U apporta une réserve digne et hautaii.e dans ses rapports avec lui, et exigea" que Cormatin fût'^ accompagné d un des principaux'^ officiers de 1 armée républicaine dans ses relations avec les insurgés : il désigna pour cette mission Humbert, jeune général'* plein 15 d avenir, qui devait comme lui tout ce qu'il était à la Révolution, et qui joignait'* un cœur droit à un esprit fin et pénétrant.'"

Humbert conçut bientôt des Soupçons s\b- la sincérité de Cormatin et les lit' partager à Hoclre, qui insista 20 pour qu'en traitant avec les insurgés vendéens on obtînt'® leur désarmement et des gages d'une soumission durable. Mais la Convention et ses nombreux^' commissaires dans l'Ouest avaient'^ hâte devoir'*tinir cette guerre dévorante: ils ajoutèrent aveuglément-" confiance aux assurances de 25 Cormatin et, sans céder à toutes les exigences des chefs insurgés, ils négligèrent de prendre conseil de la prudence en traitant avec eux. Ds accordèrent, avec la liberté des cultes, des indemnités jjour les dévastations commises.^' 1 exemption de service militaire pour les 30 jeunes'- gens de la présente réquisition, afin de repeupler les campagnes, et 1 acquittement des bons signés par les chefs jusqu'à concurrence de deux millions. A ces conditions équitables les représentants en ajoutèrent quelques autres que Hoche jugea,'^ non sans raison, très-dan- 35 gère uses.* Non-seulement ils laissèrent aux insurgés leurs armes, mais ils consentirent"^ à ce qu'ils formassent^^ une garde territoriale, peu nombreuse* il' est vrai, mais répartie'* dans les campagnes, au foyer même de l'insurrection, sous les ordres des autorités locales. 40

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