‹ Lazare Hoche, 1793-1797;Chapitre 28 sur 67 · es · texte numérisé non relu

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DE LAZARE HOCHE. 6l

Bientôt elles se siîparèrent ; l'une d'elles resta unie, l'autre se divisa. Bons anciens, n'eussiez-vous^ pas vu*' là un présage sigAificatif de ce qui doit an-iver après la pacification ? "

La situation de Hoche devint' alors très-pénible. La 5 paix, dictée en quelque sorte par les insurgés et par Cormatin, représentant de l'agence royaliste en Bretagne et en Vendée, donna au parti qui voulait* continuer l'insurrection et la guerre une confiance exagérée en ses forces., "Iln'y eut°pas,"écrivait''alorsradjudantgénéral 10 Savary, "un seul insurgé des deux côtés de la Loire, qui ne s'imaginât^ avoir fait* grâce a la République. " * Une telle présomption engendra le mépris pour les autorités républicaines et pour les forces du gouvernement, et de graves excès^ furent commis^" en beaucoup" d'endroits 15 avec l'audace que donne la certitude de l'impunité.

Les nombreux représentants en mission dans l'Ouest, la pluoart gens^^ médiocres, faibles et vaniteux/' n'étaient d'accord que pour s'attribuer le mérite d'avoir délivré la République d'un fléau exterminateur 20 et pour se donner comme les principaux^* auteurs de la pacification ; ils étaient divisés sur les moyens de la consolider : les uns voyaient^ ces moyens dans des mesures rigoureuses,^^ les autres dans des concessions nouvelles.'® Ils agissaient en conséquence, et chacun à son point de 25 vue particulier, donnant" des ordres contraires et substituant^' partout leur autorité à celle des généraux,^ disposant" des troupes à leur fantaisie, incapabla d'organiser rien de durable, également impuissants à combattre'^ l'anarchie et à contenir-" la reTjellion. Déjà de 30 toutes parts s'élevaient des plaintes contre les généraux^^ et les fonctionnaires hors d'état de réprimer les désordres et de "prévenir^ les actes violents et audacieux^^ d'une foule d'insurgés qui, au mépris de la pacification, parcouraient^^ en armes les campagnes, t et souvent même 35

* Lettre au général de Grouchy.

t Sous prétexte de calmer les esprits encore a^tés, les chefs parcouranti' les paroisses, mettaient^ en réquisition les hommes depuis seize jusqn.à

pénétraient jusque dans les bourgs et dans les villes pour s'y porter à dodieuses^ cruautés, soit^ sur les officiers municipaux,^ soit' sur les hommes connus* pour leur attachement à la République. Hoche, dont^ l'énergie 5 était paralysée par les représentants qui enchaînaient ses mains et disposaient de ses soldats, était cependant rendu partout responsable des maux^ quil ne pouvait' prévenir^ : il se voyait ainsi de tous côtés en butte à d'injustes attaques et dénoncé au Comité de salut

10 public comme coupable par les représentants dont^ il avait lui-même tant à se plaindre.'

Le Comité, jugeant^" de la situation sur les rapports erronés de la plupart des représentants en mission dans l'Ouest, et entretenu^^ par eux dans une dangereuse'''

15 Ulusion sur les dispositions des esprits en Bretagne et en Vendée, accueillit^'-' leurs plaintes contre Hoche et lui adressa plusieurs dépêches remplies de remonstrances et de reproclies amers. Profondément^ blessé et consumé de chagrin. Hoche répondit cependant au Comité d'un

20 ton calme et digne: ''La position d'un général dont= l'armée est divisée en pelotons de soixante, quatre-vingts^^ ou cent hommes sur une surface de (|uatre mille^^ lieues carrées, n'est assurément pas brillante : elle est bien malheureuse^ si, en redoublant tous^® les jours d'efforts

25 pour bien servir^^ son pays, il est accusé de faiblesse et de négligence par le gouvernement auquel U est dévoué, taudis que^ ses ennemis l'accusent hautement de mettre^^ trop-" de rigueur dans sa conduite. . . Je n'ai pas craint'-'^ jusqu'à ce jour de dire-- la vérité ; vous uvez

30 pu'-^ vous en convaincre'-* par les ennemis que je me suis faits^ ; je pourrais-'' répondre à ceux-ci ; mais je ne donnerai pas aux ennemis de ma patrie le spectacle d'une lutte avantageuse^ pour moi, il est vrai, mais scandaleuse- pour la République."

35 Cette lettre, à laquelle le Comité ne répondit pas, fut

quarante ans. L'heure de la messe ptait celle du railliement. On se rendait en armes à l'éjlise, on y passait des revues avec cccardes et panaches blancs au cri de : " ViveM le roi." (a)

(a) Rapport du représentant Jarry au Comité.

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