PREMIERE PARTIE
Prernipre jeunesse. — Hoche aux gardes françaises.
LAZARE HOCHE naquit^ à Versailles, le 24- juin de Fanne'e 1768.* Son père, ancien soldat,'^ remplissait* les humbles fonctions de garde-chenil dans la ve'nerie du roi ; sa mère mourut* deux ans après sa naissance. 10 Une tante, marchande" de légumes à Versailles, faubourg de Montreuil, prit* l'enfant en' affection et donna des soins à son* e'ducation première.^ Le jeune Hoche se fit'" remarquer'^ de bonne'- heure dans les exercices et les jeux'^ de l'école, entre les enfants de son âge, 15 et gagna, par sa gentillesse et'* sa vivacité, le cœur de son oncle maternel,'' l'abbé Merlière, curé^ à Saint- Germain en Lay<i Celui-ci lui donna quelques leçons ; il ajouta des notions élémentaires de latin aux premières
"■ La maison où naquit^ Hoche est située rue'6 de »Satorj', et porte ' aujourd'hui le No 18.
2 BrOGRAPHIE.
connaissances acquises' à l'e'cole, et le fit^ enfant de chœur dans son e'glise.
Lazare Hoche avait quinze ans lorsqu'il obtint^ un surnume'rariat dans le service des écuries royales : mais
5 il e'tait soldat d'instinct, il avait l'esprit actif et entreprenant* ; un livre de vt)yages e'veilla en lui le goût des aventures et des* enterprises lointaines, il voulut^ s'engager, à seize ans," dans les troupes coloniales, mais il fut trompé par un sergent recruteur ; et lorsqu'il pensait avoir
10 contracté un engagement dans un régiment destiné aux Grandes-Indes, U se trouva incorporé, sans le' savoir^, dans les gardes françaises®.
Intelligent et adroit, il suffit'" d'un mois au jeune Hoche pour passer du maniement de l'arme à l'exer-
15 cice des manœuvres. Il fit'^ des progrès aussi rapides dans l'estime de ses chefs et de* ses camarades, il captivait déjà" les cœurs par son caractère bienveillant, droit et généreux, en même temps qu'il attirait les regards par sa taille élégante et haute, par la beauté de ses traits que
20 relevait encore un air noble et martial, et à peine comptait-il une année de service quand les grenadiers de son corps, caserne à Paris, exprimèrent le désir de l'avoir pour camarade. Leur demande fut accueillie'^ et Hoche prit'^ rang parmi eux.
25 On était en l'année 1785, et déjà l'on" sentait'* de toutes parts les approches du grand mouvement politique et social qui devint'® la Révolution française,® et dont'" le premier, le meilleur'^ et le plus durable résultat peutêtre, fut de détruire'® partout" les privilèges, de renvei'ser
30 les obstacles qu'opposait au mérite peraonnel l'obscurité de la naissance on le défaut de fortune. Sorti"-" des derniers rangs, mais digne de s'élever au premier par son'-' intelligence et son'^- grand cœur, Hoche salua avec enthousiasme les approches d'une révolution qui pro-
35 mettait-^ de donner libre carrière pour se produire'® au talent et au* génie. Il déplorait son défaut d'instruction, il savait* tout ce que celle-ci apporte de secours et de force aux qualités personnelles,-* et il était en état de comprendre* combien la culture de l'intelligence facilite
40 à l'homme ses progrès dans l'ordre mortal et répand de