‹ Lazare Hoche, 1793-1797;Chapitre 30 sur 67 · ElOGRAPillE · texte numérisé non relu

ElOGRAPillE

et Canclaux s'accordèrent pour^ témoigner à ses avis' une déférence puise'e dans le sentiment intime qu'ils avaient tous deux du mérite de Hoche et de la supériorité de ses talents.

5 La situation des armées républicaines en Bretagne devenait' très-critique : tandis que/ d'une part, les chouans, dans la prévision d'une insurrection nouvelle,* s'entendaient pour^ accaparer les subsistances, et pour^ rendre fort difficiles les approvisionements des troupes

10 du gouvernement ; d'autre part, les ordres les plus sévères interdisaient*^ à celles-ci les réquisitions forcées et le maraudage : la disette se fit' sentir, ^ les chouans en profitèrent pour embaucher les soldats, qui désertèrent en grand nombre.

15 Hoche redoubla d'efforts et de vigilance, tout en se renfermant strictement dans ses instructions ; il sut,^ à l'aide des prêtres qu'il traitait avec beaucoup d'égards et de bienveillance, organiser sur tous les points une police très-active,^° et prévenir^^ ainsi par la rapidité de son'^ ac-

20 tion beaucoup de désordres. Il acquérait''' en même temps chaque jour davantage^* la certitude d'un soulèvement prochain et général. Il se contenait^^ cependant, résolu^*' à ne donner aucune prise à ses adversaires et à s'abstenir'' à l'égard des chouans de tout acte hostile jusqu'à

25 ce qu'il eût^' en main des preuves irrécusables de leurs projets agressifs. Il ne perdait jamais de vue Cormatin, l'infatigable instrument de l'agence royaliste : il le croyait'^ aussi faux que présomptueux et il avait, en plus d'une occasion, répondu par le mépris à son'^ insup-

30 portable jactance. Cormatin humilié se vengea'* en dénonçant Hoche aux représentants qu'il intimidait, et se posa comme arbitre de la paix et de la guerre : "Je n'ai qu'a faire-° un signe," diyait-il,-^ ' 'et toute la Bretagne est à moi et debout."

35 Hoche enfin obtint^* la preuve écrite^^ et ardenniient-* désirée du danger qu'il avait pressenti^* et de la conspirarion flagrante de plusieui's chefs insurgés contre la République. Une lettre adressée au baron de Solilhac et à deux autres officiers chouans, fut interceptée, elle

40 portait pour signature le iiom de Cormatin et celui de

li. 602.

Bois-Hai-di, qui s'était acquis^ dans la guerre civile une î^rande re'putation de vaillance et d'audace. Elle re'velait leurs projets ulte'rieurs et annonçait" la prochaine reprise de la guerre contre la Ee'publique : aucun^ doute n'était plus j. ssible. Hoche envoya cette lettre au Comité de 5 salut public, et obtint,* de quelques-uns des représentants en mission, l'ordre d'arrêter Cormatin et Bois-Hardi, signataires de la lettre, ainsi que les trois chefs à qui elle était adressée.

Instruit'' par Hoche, le Comité prescrivit® de ramener 10 les hoi-imes égarés, de protéger les hommes paisibles et d'exécuter la pacification à l'égard des chefs royalistes soumis' de bonne^ foi, mais il ordonna aussi de poursuivre^sans relâche les chefs qui l'auraient violée^" et de désarmer les communes.* Le Comité donna en même 15 temps à Hoche les pouvoirs nécessaires pour agir et pour disposer seul des troupes placées sous ses ordres.

Cormatin et Solilhac furent arrêtés, Bois-Hardi et les deux autres chefs compromis'^ résistèrent et périrent bravement les armes à la main. Les chouans com- 20 prirent'- que la République ne se contenterait plus d'une paix simulée. Ainsi avertis, ils reprirent^- leurs armes et se tinre:.t'^ prêts'* à combattre'' : on annonçait'^ la prochaine apparition d'une escadre anglaise^® portant^' le secour" depuis si longtemps attendu, et déjà sur plusieurs 25 points, dans le Morbihan surtout, les partis en étaient venus'® aux mains et s'étaient livré de sanglants combats.

Libre enfin d'agir et maître de ses mouvements. Hoche annonça- la reprise de la guerre dans son ordre du jour à l'armée. "Braves camarades," dit-il, "votre courage n'est 30 plus enchaîné. Vous pouvez'^ désormais combattre'^ ceux de vos. ennemis qui ont insulté à votre longue patience et repoussé le bienfait de la clémence nationale. . . Marchez avec votre valeur accoutumée sur les rassemblements des rebelles : dissipez-les,'"'" désarmez-les-''; mais 35 épargnez le sang, il a déjà trop coulé. . . Scrupuleux observateur de l'acte de pacification, j'accueillerai'^ avec humanité et fraternité ceux qui se soumettront-- de bonne®

* Arrêté du 20 juin, 1795.

foi. . . je poursuivrai^ les parjures sans relâche jusqu'à ce qu'ils aient'- mis'^ bas les armes : c'est aux chefs des révolt e's que je m'en prendrai* particulièren^' : ceux-là seront frappe's sans pitié. " * 5 Ce fut le signal d'une nouvelle guerre : des colonnes mobiles parcoururent^ la contrée en tous sens et fondirent sur les rassemblements armés qu'elles dispersèrent ; mais il s'en formait partout ; en peu* de jours la Bretagne fut en feu : les chouans accouraient* se ranger 10 autour de leurs chefs : ils se dirigeaient" en masse vers les côtes du Morbihan, et bientôt l'escadre anglaise,** poi'tant^ plusieurs régiments d'émigrés et de grands secours d'armes et de munitions, vint'" mouiller en face de la côte bretonne,® dans la baie de Quiberor».,

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