‹ Lazare Hoche, 1793-1797;Chapitre 35 sur 67 · rm.f · texte numérisé non relu

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DE LAZARE Hui^ilh. ùl

premiers: "Je les vis^ défiler devant- moi, allant^ à la mort, " dit* un émigré échappé au massacre , ' • un tambour les devançait, ° battanf"' l'air de route : venait'' ensuite un peloton d'infanterie ; une troupe de paysans, la bêche sur l'épaule, fermait cette marche funèbre. . Les officiers 5 .marchaient deux à deux : le- calme et la résignation se peignaient^ dans leurs tx-aits, la fierté dans leur maintien."* Ils furent tons conduits^" dans un champ attenant^- à la ville d'Auray. Là on les fusilla : plus de sept cents^^ de leurs compagnons eurent le même sort, et 10 les exécutions durèrent plusieurs jours.

Le comte de Sombreuil avait été transfère, quelques jours auparavant, d'Auray à Vannes, avec l'évèque de Dol, et le lendemain ils furent conduits^'' au supplice. "Un général républicain s'approcha de Sombreuil et le 15 pria de permettre^^ qu'on lui baudàt^^ les yeux. ^^ — "'Non," répondit Sombreuil, " je veux'* voir^^ mon ennemi en face jusqu'au dernier moment. " Invité à se mettre^^ à genoux,^^ il dit'-'": ' M'y-' consens:'-^ mais je fais-^obsei-ver que je mets^^ un genou en terre pour mon Dieu, et l'autre jîour mon 20 roi."t II mourut-* en soldat et en chrétien : l'évèque de Dol périt après lui, fusillé avec ses prêtres.

Vingt ans plus tard, les restes des braves morts^* à Auray furent précieusement recueillis,-^ et un monument funèbre leur fut élevé dans le champ^même'^® où ils avaient 25 péri et qui, aujourd'hui encore, est consacré par le sentiment populaire sous le nom de champ des martyrs. ■

On'-' frémit au souvenir de tanf^ de cruautés commises'^* de sang-froid. Hoche eut lui-même à souft'rir'-^ de l'horreur générale soulevée par cet épouvantable sacrifice qu'il eut 30 le désir, mais non le pouvoir d'empêcher, et dont'" la responsabilité tout^' entière^^ appartient^- à Tallien, à Blad, au Comité de salut public et à la Convention.

La cause royale reçut, à Quiberon, une échec irréparable, mais la France y reçut aussi, par l'immolation 25 de tant-^ de victimes, une incurable blessure : elle donna

* De Corbehem, Souvenirs de Quiheron.

t Villeneuve la Roche-Bamaud, 3lémoire sur l'expédition de Quiberon.

plus tard un douloureux souvenir aux valeureux^ compagnons des d'Estaing,- des de Grasse^ et des Suffren,^ si cruellement immoles à Auray, lorsqu'elle voulut/ après ces guerres fraticides, disputer l'empire des mers aux 5 Anglais/ et plus dune fois depuis cette époque, dans ses désastres maritimes elle entendit sortir* du fond de l'abîme qui engloutissait ses flottes, ce cri vengeur :

QUIBBKON ! QuiBERON !

J^O Suite et fin des opérations de Hochu dans l'Ouest.

Pacification de la Bretagne et de la Vendée.

Charette avait repris" les armes et occupait une grande partie de la basse Vendée et tout le litoral, lorsqu'il apprit" le désastre des émigrés à Quiberon et le supplice

15 des survivants. A cette dernière^ nouvelle, la fureuis'empara de son' âme, et comme représailles, il fit^" sans pitié fusiller, sous ses yeux,^^ trois cents^'- républicains qu'il tenait^^ prisonniers. Il obtint,^* vers le même temps, des témoignages de la plus haute faveur du prince qui

20 résidait à Vérone et que les royalistes et les puissances étrangères^ avaient reconnu'* pour roi sous le nom de Louis XVIII. '°* Charette reçut le cordon rouge,''' le titre de lieutenant général et le commandement en chef des armées catholiques et roj'ales. Tant'^ de faveurs accu-

25 mulées sur sa personne'^ stimulèrent encore davantage^" son zèle infatigable, et il redoubla d'énergie pour soulever le pays et tenir'^' tête aux trois armées républicaines de l'Ouest, de Brest et de Cherbourg, dont^'- les généraux-'* se rendirent à Nantes pour-'* y concerter un plan d'opéra-

30 tions.

* Le jeune prince nommé Louis XVII. ,ig depuis le 212'> janvier 1793, était mortstj âgé (le2T huit .ms, à la suite de traitements affreux, 28 en juin 1795. Ses droits au trône passèrent à son onde Louis, Stanislas- Xavier, comte de Provence.

S. 27ti.

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