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120 KIOClkAPHIE.
Et il ajoute : " Il ne pourrait' arriver à un homme d'honneur de trahir ainsi la foi jure'e. " *
Concluons'" donc que, si les émigrés se sont crus^ sous
la pi'otecticm d'une capitulation, c'est qu'ils ont pris*
5 pour eux le pardon promis^ par les soldats républicains,
SEULEMENT AUX PRISONNIERS ENRÔLÉS, que c'est par
suite de ce malentendu qu'ils ont livré une vie que d'ailleurs ils ne pouvaient*"' plus défendre ; mais proclamons'^ bien haut qu'ils n'ont pas été victimes^ d'une 10 perfidie.
(Claude Desprez, Lazare HocJie, p. 214-217.)
2 thermidor an IV (20 juillet 1796). Arrêté du Directoire.
' ' Le Directoire, voulant^ donner un témoignage de 15 son^° estime au général Hoche, commandant l'armée des côtes de l'Océan, pour les services qu'il a rendus^' à la patrie et honorer, dans sa personne, ''- les braves défenseurs qui, sous ses ordres, ont terminé la longue'^ et malheureuse'^ guerre de la Yendée et des chouans, arrête : 20 " Il est fait'^ présent au général Hoche, au nom de la République française,'^ des deux plus beaux'" chevaux"' existant'-' dans les dépôts de la guerre, avec leurs harnais'^" ; il recevra également une paire de pistolets de la manufacture d'armes de Versailles.
25 "Carkot."
Extrait du projet de Carnot pour l'organisation d'une chouannerie en Angleterre, et dans lequel Hoche puisa les instructions données par lai à la seconde légion des Francs.
30 "Les hommes employés à cette expédition devront
* Correspondance de Hoche, lettre du 17 mars 1766.
être, autant que faire^ se pourra,' jeunes, robustes, audacieux, d'une âme accessible à l'appât du butin.
" Il faut^ qu'à l'exemple de ce yue faisaient^ les flibustiers dans les Antilles, il sachent* porter, au milieu de leurs ennemis, l'e'pouvante et la^ mort. 5
" On* pourrait^ incorporer dans ces troupes les condamnés par jugement aux fers ou à la chaîne en qui Ton' reconnaîtrait* les dispositions physiques et morales requises'-' pour les individus employe's à cette expédition. 10 On assurerait à ces individus la possession du butin qu'ils feraient.^ On leur en promettrait^" la jouissance tranquille dans quelques-unes de nos colonies. Il faudrait* en outre faire^* espérer aux condamnés la rémission de leurs peines, en récompense des services 15 qu'ils auraient rendus^'^ à la patrie.
"Le premier noyau de ces hommes, au nombre d'environ deux mille, ^-^ serait organisé en compagnies d'environ cinquante hommes chacune qui auraient leurs officiers et seraient subordonnés à un chef unique chargé 20 de l'ensemble des opérations. Ce chef serait investi d'une très-grande autorité.
" Il ne faut^ pas perdre de vue qu'une expédition tentée d'abord avec aussi peu^* de monde ne peut* réussir que 25 par des moyens extraordinaii-es.
"Il ne faut* point de grands approvisionnements en effets d'habillement : les ressources de la troupe seront dans son courage et dans ses armes.
"Il faut' que le débarquement se fasse' t>ur plusieurs points de la côte, soit^* parce que la désolation et la teiTeur portées dans une grande étendue de terrain multiplieront aux yeux'® de nos ennemis la qualité de nos forces, soit parce que les moyens de subsistance en 35 seront plus faciles.
" En arrivant, les chefs s'annonceront, eux" et leurs soldats, comme veiogeurs de la liberté et ennemis des tyrans.
"H faut' i^'iP Ifi trniipe ^nri^ gtifn-p ntiy chnicfix'^ et paiy nux chaumières, et que sa conduite, surtout au début, soit conforme à cette de'claration.
" A mesure qu'ils avanceront, ils ouvriront' les prisons, 5 recruteront les de'tenus,'' les incorporeront : ils appelleront' les ouvriers, les indigents, les me'contents, à faire'^ cause commune auec eux, leur présenteroi)t des armes, des subsistances ; leur oÔriront' l'appât du butin. Ils biiseront toutes les voitures.
"Il faut' poursuivre" l'ennemi h outrance quand il est battu, ^ et ne point"^ faire® quartier aux prisonniers.
" H f:mt' rompre les ponts, couper les communications,
arrêter et piller les voitures publiques, brûler tout ce qui
15 appartient* à la marine. . . sommer les communes de
rendre leurs armes ; exe'cuter militairement celles qui
re'sisteraient. . . " *
Dans une ]ptf''e écrite" de ]\leux et f'nU'o du 2^^- r.lu- 20 viôse an V (14 février 1797), Hoche raconte à son beaufrère Debelle une fête patriotique dont'' il fut témoin à l'occasion de la prise de Mantoue. Ayant aperou le cortège, il le suivit'' et entendit le discours d'un ofHcier municipal qui, dans l'attente probable d'une contre- 25 révolution royaliste, trouva moyen de ne point "^ prononcer les mots compromettants'^ de citoyen et de répiihliqiie, afin d'être en règle à tout événement. Hoche, en rappelant ce souvenir, ne peut"' contenir son'" indignation : " A'oilà bien nos Français'® ! écrit-il" ; être tour à 30 tour constitutionnel avec Lacour, modérée avec Brissot, jacobin sous Robespierre, thermidorien avec André Dumont, et royaliste ainsi que le'-'" sont'-' deveaus-^ quelques
* Extrait du livre publié par le marquis de Grouchy sous ce titre : Le général de Grouchy et l'Irlande en 1796, pages 1(3-23.
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DE lAZARK HOCHE. l2g
enrages démagogues,^ tels sont les principes' de cette chisse moutonnière" quj se compose de la majorité des rentiers, des fonctionnaires publics actuels, avocats, procureurs et bourgeois, pour qui^ le retoiu- à l'ancien ordre de choses est une espèce* de résurrection, .et 5 dont* l'opinion constante est que peu importe l'opinion" nationale, la prospérité publique,'' le commerce et les arts compromis par des réactions continuelles,^ pourvu que la soupe soit^ bien chaude et qu'on ne demande^ pas d'impôts.^** Peuple malheureux !. . tu mérites ton sort. "* 10
Hoche reconnaissait,^^ dit^^ son biographe, M. Bergounioux, qu'un État , monarchique comporte peut-être plus de liberté qu'un État républicain, et néanmoins il était fort opposé au rétablissement de la royauté . . ' 'Quel 15 que f ùt^' le monarque, écrivait^^ Hoche, et par cela seul qu'il serait le monarque, il lutterait contre le pn-incipe, contre l'essence de la révolution qui est l'abolition des classes ; il serait malgré lui forcé de recréer une noblesse, et la résurrection de cette noblesse deviendrait'-^ la cause 20 de sa ruine en irritant le tiers Etat qui ne serait plus TOUT,'" c'est-à-dire tout le monde. La monarchie tomberait par le seul fait de cette tentative. Nouvelle'^ révolution. Il nous faut'^ un gouvernement qui consacre, dans le fait comme dans le droit, le principe de l'égalité. . . ce 25 gouvernement ne peut'' être que le gouvernement républicain. " t
Quant au personnel de ce gouvernement. Hoche ajoute; ''Voilà mes idées fondamentales: président électif, réeligible, deux chambres, l'une entièrement 30 élective,'-'^ l'autre pour moitié seulement." î
■" Lettre communiquée.
t Lettre de Hoche au général Chérin, citée par M, Bergounioux.
X Ibid.
2 48 7. ôO. 12. 299. 527 (2). 17. 5S.
3 noè 8. 47. 13. 576. 18. 187. 188.
130 BIOGUAPHIE
On voit,' dans d'autres documente, combien ses idées sur l'organisation politique en général étaient encore indécises, peu pratiques et parfois même contradictoires. Ainsi, par exemple son bon sens naturel le mettait^ en 5 garde contre les diingers inséparables du suffrage universel, il voyait' avec raison dans le vote politique moins un droit qu'une fonction, et il n'ignorait pas que toute' fonction suppose une certaine capacité au moins présumée dans celuiqui la remplit. " Tout^bomine, "disait-il,'' "n'est pas
10 un citoyen," et il craignait^ de con^^er la multitude sur la place publique.* Le patriotisme n'était pas pour lui une garantie suffisante.'' ' " Le peuple qui souffre,^" écrivait-iP au Directoire, " est toujours désireux dun mieux quelconque, et il croit'" le trouver en changeant" sans cesse."*
15 Cependant, malgré ce péril, Hoche adoptait le suffrage universel comme base de l'élection, mais sous la condition d'être réglementé et non exploité, soit'- par les aristocrates, soit parles démagogues, "desquels, '^"disait-il,* "la France,'* vraiment laborieuse,'^ patriote, honnête, aura
20 longtemps à se défendre."
Hoche avait imaginé, dans ce but, un système bon • peut-être en théorie, mais fort difficile à mettre^ en pratique ; il voulait"' que la presse fût'' libre, mais que les noms propres fussent" mis- hors de toute^ discussion et
25 qu'il y eûf^ à l'égard des candidats, dans les élections, abstention absolue du gouvernement et de la presse ; il voulait"' enfin qu'ils ne fussent'^ désignés que par la considération générale et la notoriété publique® : ' ' Agir autrement," disait-il* à Chérin, "serait faciliter les menées
30 de l'aristocratie et de la démagogie. Ce sont deux
minorités qu'il faut"^ désarmer et empêcher de faire''' trop
de bruit. C'est servir'^'* la liberté que de la restreindre'-'
.chez qui la réclame pour opprimer."! Revendiquer la
liberté de la presse en face du suffrage univei'sel et en
35 même temps interdire— à la presse toute immixtion dans les élections, c'est une anomalie qui étonne dans un
* Rapport de Hoche au Directoire. Citation de M. Bergounioux. t Lettre de Hoche au général Chérin.
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homme d'un sens si droit, et qui ne s'explique que par )e défaut d»î toute^ expérience pratique.
Extrait dune lettre écrite par Hoche à sa femme, le 9 juin 179?, sur
l'éducation des filles 5
En général l'éducation en France. ne vaut'^ rien, celle que l'on* donne aux femmes surtout. Xous faisons* de nos filles des coquettes étourdies ou des Agnès dont® la timidité rebute. Les Anglais" s'y connaissent" mieux que nous" : leurs femmes sont décentes, instruites* ; elles 10 parlent à propos et ne connaissent^ pas ce que nous appelons timidité. On laisse aux filles la liberté de sortir, ^° de parler aux hommes : leurs mères leur inspirent de l'horreur pour le vice, de la défiance contre la séduction, et du reste elles ne les traitent pas en esclaves. 15 Aussi remarque bien, ma chère ami, que telle^' fille qui, lorsqu'elle était chez ses parents timide et ne parlant^^ jamais sans^* rougir, est £Î peine mariée qu'elle ne connaif souvent plus^* de frein. Pourquoi ses parents l'ont-ils^® traitée''" en esclave, etc., etc. ? 20
(Lettre communiquée,)
FDî.