tome Il, pages 311 et
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Mais avant ce premier jour d’affranchissement, la veille encore, l'échafaud était en permanence, et le couteau fonctionnait: on vit marcher à la mort plusieurs membres des plus illustres familles de France, avec eux
les deux Trudaine, modèles d'amitié fraternelle, et André &
Chénier, le chantre immortel de 4 jeune Cuptive, moissonné dans tout l’éclat du génie, et son ami Roucher, auteur du poëme des fois et qui, près de mourir, ænvoya à ses enfants son portrait et ces vers :
Ne vous étonnez pas, objets charmants et doux,
Si quelque air de tristesse obscurcit mcn visage;
Lorsqu'un crayon savant dessinait mon image, On dressait l’échafaud, et je pensais à vous,
Hoche les vit monter dans la charrette funèbre : déjà
loriÿe de la réaction thermidorienne grondait avec 18 24214
fureur ; quelques heures plus tard ils eussent été sauvés; mais 1{s ne revinrent pas; ils furent, dans Paris, les dernières et trop regrettables victimes de ce régime de sang. n
( £ A : } «VA A Le lendemain, une immense rumeur mêlée d’impréca- 20”; L tions et de cris de joie retéhtit autour de la Conciergerie: 45e dt
ces cris annonçaient la victoire des conjurés et la chute destyrans. Bientôt s’ouvrirent les portes de la Conciergerie: on y vit entrer garrottés Robespierre et avec lui
Couthon, Saint-Just et leurs principaux affidés. Tous 25
allaient occuper ces mêmes cachots qu'ils avaient peuplés d’innocents, Saint-Just se rencontra, dans la prison, face à face avec Hoche, qui ne se vengea que par son silence d’un ennemi vaincu.
Les montagnards, pour sauver leur propre tête, avaient 30
. ñ . & f S abattu Robespierre : ils avaient enrayé un moment, mais duels à nn. non renversé le régime de la Terreur, et ils tentèfent 112... 114)
d’abord de le maintenir contre le flot soulevé de l'horreur publique. Ils n’y purent réussir : cependant les prisons ne rendirent d’abord que ceux des prisonniers dont la Convention ordonna la mise en liberté à la requête et en quelque sorte sous la caution des représentants. Hoche fut du nombre, le représentant Lacoste,
témbin de ses exploits à Wissembourg, le fit relâcher, #1
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Hoche sortit de prison le 47 thermidor, an II, pauvre, 40
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dénué de tout, à ce point qu'il lui fut impossible de payer sa place et de monter en voiture pour rejoindre sa femme cart à Thionville. Son premier soth avait été d'écrire à son ami Lacoste et à sa femme deux lettres où se peint son & caractère reconnaissant, chaleureux et austère,
Il dit au premier : ‘Je ne puis me plaindre de mes malheurs, puisqu'ils m'ont appris à connaître quel ami j'avais en toi, toi mon libérateur !” Il écrit à sa femme: ‘“ Je suis libre, rendons grâces au Ciel! Je vais te re-
10 joindre à pied, comme il convient à un républicain.”
Douze jours plus tard (29 thermidor), Hoche obtint un commandement: il fut chargé d'étouffer, dans l'Ouest, la rébellion des chouans ; et ce même Comité de salut public qui, trois mois auparavant, avait déclaré Hoche, à
15 l'unanimité, traître à la patrie, lui donnait maïntenant mission de la défendre et le nommait général en chef de l'armée des côtes de Cherbourg.
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