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sans tache respire à chaque ligne dans cette lettre qu’on dirait écrite par un héros des plus beau :-":ps de la Grèce ou de Rome : on s'étonne d'y trouves :.ussi la confiance, ou du moins un vague espoir, qu’en allant paraître devant le tribunaï révolutionnaire, il ne marchait pas à la 5 mort, et l'on pourrait conclure de ce fait et de beaucoup d’autres semblables qu’il n’arrivait alors aux armées qu’un faible bruit des horreurs commises dans la capitale depuis la chute des girondins.
Hoche partit pour Paris, prisonnier, escorté par des 10 gendarmes. A peine arrivé (12 avril 1794), il se fait conduire au Comité de salut public qui avait signé l’ordre de l'arrêter. Il rencontre Saint-Just dans l'antichambre, s'adresse à lui et demande justice. “ On vous fera tout à l'heure, répond sèchement Saint-Just, la justice que 15 vous méritez.”’* Et il ordonne aux gendarmes de conduire le prisonnier aux Carmes, où il languit cinq semaines dans un cachot fétide, Hoche fut transféré le 16 mai à la Conciergerie, d'où on ne sortait que pour monter au tribunal et du tribunal à l’échafaud. 20
La Concierserie et les autres prisons de la capitale, Paris tout entier et les principales villes de France, pré- sentaient alors le plus affreux spectacle: l'anarchie, la /2 terreur et le meurtre étaient partout. “ De tous les coins de la France on charriait des victimes à la Conciergerie, 25 dit un écrivain, ami des girondins et longtemps prisonnier avec eux, la progression des assassinats était effrayante...” D'abord on avait mis quinze personnes dans les charrettes meurtrières (appelées aussi bières roulantes), bientôt on en mit trente, ensuite quatre-vingt-quatre, et 30 tout fut disposé pour en envoyer cent cinquante à la fois à la place du supplice. Un aqueduc, destiné à contenir le sang, fut creusé à la place Saint-Antoine, où la guillotine avait été transportée. C'était vers les trois heures de l'après-midi que les longues processions de victimes 35 descendaient du tribunal, passant lentement sous de iongues voûtes entre les prisonniers... “ J'ai vu, dit Riouffe, quarante-cinq magistrats du parlement de Paris,
* Rousselin, Wie de Hoche.
4c BIOGRAPHIE
trente-trois du parlement de Toulouse, allant à la mort du même air qu'ils marchaient autrefois dans les cérémonies publiques. J'ai vu trente fermiers généraux passer d’un pas calme et ferme : les vingt-cinq premiers 5 négociants de Sedan, plaignant, en allant à Ja mort, dix mille ouvriers qu'ils laissaient sans pain. J'ai vu tous ces généraux que la victoire venait de couvrir de lauriers qu’on changeait soudain en Cyprès : aucune plainte ne sortait de leur bouche ; ils marchaient en silence 19 comme frappés de stupeur, et ne savaient que mourir. Dans ces boucheries d'hommes qu'on appelait fournées, plusieurs fois des générations entières ont été absolument détruites en un jour : le respectable Malesherbes, âgé de plus de quatre-vingts ans, fut traîné à la mort, à la tête de 15 Sa famille entière; il péritavecsasœur, sa fille et son gendre, et la fille et le gendre de sa fille. Quatre Brienne furent tués à la fois.: Dans d’autres fournées, on voyait réuni ce que la nature avait de plus aimable : quatorze jeunes filles de Verdun,“ d’une candeur sans exemple, et qui 20 avaient l'air de jeunes vierges parées pour une fête publique, furent menées ensemble à l'échafaud. Elles disparurent tout À Coup et furent moissonnées dans leur printemps : la cour des femmes avait l'air, le lendemain de leur mort, d’un Parierre dégarni de fleurs par un 25 Orage... Vingt femmes du Poitou, pauvres paysannes, furent également assassinces ensemble... Il y avait, dans les prisons de Paris, une foule d'artisans, d'ouvriers agricoles, d'hommes insignifiants et nuls, arrêtés des les départements et sonfondus À la Conciergerie avec ce 39 qu’il y avait de plus illustre : l'obscurité de leur vie, leur misère ne les protégeaient Pas ; pour un aristocrate, on comptait dix patriotes.” f L’affreuse loi des suspects enveloppait comme d’un réseau toute la population de la France ; les amis des Suspects, leurs parents, leurs
35 * Elles étaient accusées d’avoir dansé dans un bal donné à Ver. dun par les Prussiens, La plus âgée avait dix-huit ans.
Ÿ Mémoires de Rioufe. Voyez onssi au Appendix A, le tableau du régime .: la T Lamartine dans son Zsstoire des Girondins, t
x pièces justificatives, erreur tracé par M. de + VIIL, p. 121-123,
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serviteurs étaient eux-mêmes suspects; on bénissait alor: les maladies les plus cruelles et les blessures qui donnaient au moins une chance d'échapper, fût-ce par la mort, à l’échafaud ; le beau-père de Hoche fut arrêté et jeté en prison comme coupable de lui avoir donné sa fille; son beau-frère, le général Debelle, déclaré suspect pour lui appartenir de trop près, se lança au milieu des ennemis à Fleurus, et tomba dans son sang, atteint de sept blessures : ‘ Dieu soit béni!
s’écria Hoche en l’apprenant, ces blessur+s sont un 10
bienfait du ciel!” +
Il cherchait à la Conciergerie un 4 1 cissement à ses peines et l'oubli de ses meux persc :nels dans le commerce d’une société choisie, dans les entretiens
d'hommes et de femmes distingués à divers titres, 15
attendant comme lui leur arrêt de mort, et qui, divisés d'opinion, étaient unis par le sentiment de leur commune misère. C’est là que Hoche connut l’aimable duchesse d’Aiguillon, Madame de Fontenay, qui bien-
tôt après fut Madame Tallien, et Joséphine de Beau- z0
harnais, appelée à de si grandes destinées, et avec laquelle il s'était déjà rencontré à la prison des Carmes. Hoche demandait aussi au travail des distractions forcées ; il rédigeait des mémoires, et avait trouvé le
moyen de correspondre avec sa femme, à laquelle il 25
ne cessa de prodiguer les témoignag-s de l'amour le plus délicat et le plus iendre. C’est pour elle qu’il souffre et qu'il s'inquiète. Apprenant l'arrestation de son beau-père, il lui écrit : “ Pourquoi un hasard funeste
m'a-t-il placé sur ton chemin? Si je ne t'avais pas 30
rencontrée, tu serais heureuse au sein d’une famille honorable, Pardonne-moi : je ne prévoyais pas ce que je t'apportais de tourments et d’ennuis.”’# Il ne tremble pas pour lui-même, et jamais peut-être il ne
montra plus de véritable grandeur au’à l’époque où il 35
se voyait ainsi dans tout l'éclat de sa gloire, précipité jusqu’au fond de l’abîme. Il conserva dans les fers et dans l’attente du supplice toute la liberté de son esprit,
* Lettre citée par Bergounioux.—W%e de Lazare Hoche, p. 68,
une parfaite sérénité d’âme, et toujours le même dévouement à son pays et à la cause qu’il avait si bien servie.
Il s'était fait une religion des grands principes au nom
desquels la Révolution avait été faite, et dont elle 5 S'était si prodigieusement écartée ; il leur avait voué un culte au plus profond de son cœur ; et de même que les vrais fidèles ne rendent pas leur Église responsable des crimes souvent commi. en son nom par des prêtres égarés ou barbares, de même Hoche refusa toujours
10 d'imputer aux principes immortels de 1780, aux grandes idées d’où la Révolution était sortie, les forfaits des monstres qui les avaient si indignement travestis, et qui les déshonoraient en les irvoquant. La Révolution l'avait porté tout j.une dans ses bras puissants ; elle
15 avait tout fait pour lui, elle était sa mère, et toujours il fut pour elle un fils reconnaissant: il me voulut se souvenir que de ses bienfaits, et, victime résignée, il refusa de la maudire lorsqu'elle allait l’immoler.
Il essayait de faire passer, dans le cœur de sa jeune
20 femme, la fermeté du sien: “Ne te laisse pas abattre, lui disait-il, sois ma digne épouse par 1: courage : tu le dois à mon amour, à tes par ats, à ta patrie : ce n’est pas elle qui est ingrate.”* La perspective d’une mort prochaine n’altère ni son patriatisme ni sa vertu répub-
25 licaine, et réveille les plus tendres affections de son cœur ; il écrit à sa femme : “ Témoïigne à ceux de mes amis qui me sont restés fidèles combien leur affection m'est précieuse ; dis-leur surtout que, dans le malheur, mon amour pour ma République ne se dément pas, et
3° que si ma mort est utile, je suis tout prêt pour le sacrifice.”?
Dans le mémoire .1il rédigeait, et où il rendait compte de ses opérations militaires sur le Rhin, Hoche descend au fond de sa conscience; il s’examine, il
35 recherche en quoi il a pu être coupable, et les motifs de son arrestation : “Sauf le bon plaisir du Comité, écrivait-il, ma mémoire ne peut m'en fournir d’autres que
* Jbid., p. 67 + Zi,
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Pat PHARMA. 22
mon refus de conférer avec les représentants quand j'ai cru qu’il était urgent d'agir. Est-ce là de l’insubordination? Quoi qu'il pu se m’en coûter, je resterai convaincu du mot d’'Eugène: que tout général qui tient conseil de guerre n’a point envie d’entreprendre. En présence de l’occasion qu'il fallait saisir, je n'ai jamais craint d'engager ma responsabilité. J'ai toujours pensé que la plus terrible, c’est d’avoir à rendre compte un jour à l'Étre suprême du sang humain qu’on aurait répandu sans nécessité et, je dois le dire, celle-là, mais celle-là seule, m’a toujours fait trembler, ”*
La pensée d’un Dieu juste et rémunérateur le soutient: il espère en sa providence, en sa bonté; il écrit à son beau-frère : ‘ Le juste Ciel m’a protégé jusqu’à présent : je compte beaucoup sur lui; la pensée d’un crime n’entra jamais dans mon cœur.” Et à sa femme: ‘“ Celui qui préside à tout soutiendra mon courage … Tous nos maux seront bientôt terminés. C’est dans le sein de l'Eternel que nous nous reverrons : puisse du moins sa justice nous y réunir.”
Une nouvelle et poignante douleur lui était encore réservée.
Un jeune homme d’environ vingt ans, appelé Thoiras, adjudant au régiment de son beau-frère, et ami de sa famille, avait été arrêté à Thionville où Adélaïde était restée près de son père captif, lui prodiguant ses soins et tremblant pour ses jours et pour ceux de son mari. Thoiras, aux yeux du gouvernement, était suspect à cause de son dévouement pour cette famille infortunée, et coïnnable d’une admiration enthousiaste et non déguisec pour son général. Il fut envoyé prisonnier à Paris et enfermé avec lui dans la même prison, à la Conciergerie. Hoche trouvait un plaisir amer et doux à s’entretenir avec ce jeune homme des objets si chers à son cœur ; il écrivit à sa femme: “ Thoiras m’a donné de tes nouvelles : chacune de ses parcles a pénétré mon âme d’attendrissement.” Et il espérait que son jeune
* Citation de Bergounioux, Vie de Lazure Hoche, p. 63, + La, ibid, p. 64.
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ami trouverait une protection contre la fureur des tyrans dans son âge et dans Son obscurité. Vaine espérance! Le quatrième jour au matin, le guichetier Pourvoyeur quotidien de l’échafaud entra dans la prison 5 et lut à haute voix, selon sa Coutume, la liste des prisonniers traduits ce jour-là au tribunal révolutionnaire. Hoche entendit nommer plusieurs de ceux dont il faisait sa société intime et il attendait SOn tour qui ne vint pas : le dernier nom inscrit sur la liste funèbre était celui de 10 Thoiras. Hoche pâlit à ce nom plus qu’il n’eût fait sans doute s’il eût entendu le sien: et il demeura muet, partagé entre un sombre courroux et une pitié sans espérance. Thoiras ne changea point de visage ; il tira Sa MmOatre et, la donnant à Hoche, il le pria de la garder 15 toujours,* et Jui demanda en échange une fleur d'un bouquet de roses que Hoche tenait à la main et qu’il avait reçu le mâtin même d’une personne demeurée inconnue. ‘lous les autres prisonniers appelés au tribunal avec Thoiras en demandèrent aussi: tous furent con- 20 damnés et montèrent les degrés de l’échafaud portant une rose à la boutonnière. On mourait ainsi alors, avec une fermeté insouciante et un dédain de la vie énergiquement exprimé par Hoche lorsque, dans une lettre d'adieu adressée à sa femme, il disait : “ La mort 25 n’est plus un mal quand la vie a cessé d’être un bien.” On dit cependant qu'après la mort de Thoiras, un changement notable apparut dans les manières de Hoche à la Conciergerie et dans son langage à l'égard de ses geôliers et de ses juges, et qu’à une froide indifférence 39 succéda une colère, un EMportement hautain dont il ne Pouvait plus contenir l'expression méprisante et irritée. Qu’aurait-il pensé, s’il eût Pu savoir qu’un jour viendrait où ce régime affreux qui avait dévoré tant d’illustres défenseurs de la Révolution et Ge la patrie, qui allait le 35 frapper lui-même, et qui avait implanté, Pour un siècle
* La montre de Thoiras est aujourd'hui en la possession de la file de Hoche, Madame Ja comtesse des Roys, et elle marque encore l’heure où elle s'arrêta dans la journée qui vit ce jeune officier arraché des bras de son général.
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peut-être, au sein d'innombrables familles, la haine et l'horreur de la République, serait préconnisé comme l'ayant sauvée! De quelle stupéfaction, de quelle douleur indignée sa grande âme eût été saisie, si on lui eût dit qu’une telle doctrine ferait école en France et 5 deviendrait populaire ! Ah! semblable À une noble et touchante victime qui l'avait précédé dans son cachot, à cette femme héroïque (Madame Rolland) qui, durant le jour, ramassait ses . :rnières forces pour exhorter ses compagnons d’infortune, et qui, la nuit, ro pleurait de longues heures en silence,* lui aussi il eût versé d’intarissables larmes, il eût pleuré sa République, il eût désespéré d’une génération capable d’ouvrir à de si monstrueux sophismes ses oreilles et son cœur.t
* La femme qui la servait me dit un jour: Devant vous elle 15 rassemble toutes ses forces ; mais, dans sa chambre, elle reste quelquefois trois heures appuyée sur sa fenêtre à pleurer. (Mémoires de Æiouffe.)
+ Un patriote, l’illustre Daunou, prisonnier lui-même à cette époque, a tracé un tableau horrible et vrai des prisons sous le 20 régime de la Terreur et du sort affreux où furent réduits en France les deux cent mille prisonniers du Comité de salut public: ‘Ce Comité, dit-il en terminant, une fois investi du pouvoir suprême, fit égorger, dans Paris consterné, plus de deux mille victimes en quatre mois. Un supplice inventé pour abréger les souffrances, devint, 25 citre ses mains dictatoriales, un moyen d’extermination rapide ; on était tenté de regretter les anciennes tortures, parce qu’il semblait qu’elles eussent été moins dévorantes. Dans limmensité de leurs fureurs, les décemvirs ont promené leur glaive homicide sur tous les sexes, sur toutes les fortunes, sur toutes les opinions ; ils l’ont dirigé 30 de préférence sur les talents distingués, sur les caractères énergiques ; ils ont moissonné, autant qu'ils l'ont pu, la fleur et l’espérance de la nation... J'ai vu arracher d’auprès de moi des infortunés que l’on traduisait soudainement au tribunal, que l’on entraînait trois heures après à la mort avec QUARANTE COMPLICES 35 QU'ILS N’AVAIENT JAMAIS VUS, On taxait à l'avance chaque prison à un nombre déterminé de :ictimes : le sang était mis en réquisition, et il suffisait aux juges d’avoir le temps, non d'interroger, mais d’insulter chacun des proscrits... Disons toutefois qu’en ce déchirant spectacle, une chose au moins consolait l'humanité en 49 l’honorant, c'était le courage des victimes. Tant d’injustices et d’atrocités faisaient jaillir avec éclat la fierté naturelle à l’homme ; un dévouement magnanime s’y revêtait de formes assorties aux âges, aux sexes, aux caractères: l'innocence périssait avec une sensibilité douce ou avec une calme sérénité, et la vertu s’abimait 45
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L'heure de la délivrance approchaïit enfin : la discorde régnait parmi les terroristes, Robespierre, peu de jours après avoir, à l’apogée de sa puissance, présidé la fête consacrée à l’Être suprême, avait fait décréter par la
5 Convention épouvantée la loi de prairial plus sanguinaire que toutes les autres et qui, dans la plupart des Cas, Supprimait comme inutiles, devant le tribunal révolutionnaire, les témoins et les défenseurs, tenait le Couteau suspendu sur la Convention tout entière, et
10 enlevait à celle-ci le droit de livrer comme de protéger Ses Propres membres dont la vie demeurait À la discrétion des implacables Comités de salut public et de sûreté générale.* Tous alors se sentirent en péril: la plupart des membres des comités tremblèrent eux-mêmes 15 devant le redoutable triumvirat de Robespierre, Couthon et Saint-Just t: ils comprirent que ceux-ci, après avoir assouvi leur fureur sur leurs ennemis, au sein de la Convention, les immoleraient à leur tour s'ils n'étaient devancés, et qu’il fallait ou les tuer ou périr. Collot 20 d'Herbois, Billaud-Varennes, Barrère, Cambon, membres du Comité de salut public, se liguèrent avec leurs collègues de la Convention les plus compromis, Tallien,
Amar, Bourdon de l'Oise, Lecointre et beaucoup d’au-
tres : Tallien fut l'âme et le bras de cette conjuration, 25 qui se termina par la défaite des triumvirs et de leurs
plus sanguinaires acolytes, dans la mémorable journée du 9 thermidor.f
avec orgueil dans ce gouffre de carnage.” M. Daunou n’a jamais pensé qu’un si effroyable régime ait eu pour résultat la conservation 39 du territoire ou ait rendu à la patrie un service quelconque. Il était au contraire profondément convaincu que, si ce régime de sang se fût prolongé, la nation courait à sa ruine la plus complète (Taillandier, Docs: sents biographiques sur Daunou, P. 58-61). * En entendant la lecture du projet de loi, 35 nommé Ruamps, osa dire à haute voix: ‘8j nous reste plus qu’à nous brûler la cervelle.” f Ceux-ci formaient au sein du Comité du salut public un triumvirat qui avait longtemps concentré en lui la toute-puissance et duquel émanaient directement les résolutions les plus atroces.
40? Voyez la relation de cette iournée dans mon ZZ!s{oire de France, tome IT, pages 311 et 312,
un représentant, ce projet passe, il ne
liscorde Mais avant ce premier jour d’affranchissement, la ! le jours veille encore, l’échafaud était en permanence, et le ; la fête couteau fonctionnait: on vit marcher à la mort plusieurs ! par la membres des plus illustres familles de France, avec eux à sangui- les deux Trudaine, modèles d’amitié fraternelle, et André 5 | art des Chénier, le chantre immortel de Z4 jeune Captive, mois- | ] rÉvo- sonné dans tout l’éclat du génie, et son ami Roucher, | nait le auteur du poëme des fois et qui, près de mourir, cre, et envoya à ses enfants son portrait et ces vers : rotege à Ne vous étonnez pas, objets charmants et doux, 10 la dis- Si quelque air de tristesse obscurcit mon'visage ; et de Lorsqu'un crayon savant dessinait m£n image, éril: la On dressait l’échafaud, et je pensais à vous. mêmes Hoche les vit monter dans la charrette funèbre : déjà outhon l'orage de la réaction thermidorienne grondait avec 15 avoir fureur ; quelques heures plus tard ils eussent été sauvés; de la mais ils ne revinrent pas ; ils furent, dans Paris, les étaient dernières et trop regrettables victimes de ce régime Collot de sang.
mbres Le lendemain, une immense rumeur mêlée d'impréca- 20 rs col- tions et de cris de joie retentit autour de la Conciergerie: allien, ces cris annonçaient la victoire des conjurés et la chute d’au- destyrans. Bientôt s’ouvrirent les portés de la Concierration, gerie: on y vit entrer garrottés Robespierre et avec lui leurs Couthon, Saint-Just et leurs principaux affidés. Tous 2 5
urnée î allaient occuper ces mêmes cachots qu’ils avaient peuplés | d’innocents. Saint-Just se rencontra, dans la prison, face U
4 à face avec Hoche, qui ne se vengea que par son silence jamais Ë d’un ennemi vaincu.
Het 1. Les montagnards, pour sauver leur propre tête, avaient 30 f ang se abattu Robespierre : ils avaient enrayé un moment, mais (Tail- non renversé le régime de la Terreur, et ils tentèrent d’abord de le maintenir contre le flot soulevé de l'horreur ntant, publique. Ils n’y purent réussir : cependant les prisons , il ne $ ne rendirent d’abord que ceux des prisonniers dont la 35 = î Convention ordonna la mise en liberté à la re- Se à quête et en quelque sorte sous la caution des représen-
tants. Hoche fut du nombre, le représentant Lacoste, rance, “ témoin de ses exploits à Wissembourg, le fit relâcher. - Hoche sortit de prison le 17 thermidor, an II, pauvre, 40 |
FER En A DA | "
dénué de tout, à ce point qu'il lui fut impossible de payer
sa place et de monter en voiture pour rejoindre sa femme
à Thionville. Son premier soin avait été d'écrire à son
ami Lacoste et À sa femme deux lettres où se peint son 5 Caractère reconnaissant, chaleureux et austère.
Il dit au premier : “ Je ne puis me plaindre de mes malheurs, puisqu'ils m’ont appris À connaître quel ami j'avais en toi, toi mon libérateur !” Il écrit À sa femme : ‘ Je suis libre, rendons grâces au Ciel! Je vais te re-
10 joindre à pied, comme il convient à un républicain.”
Douze jours plus tard (29 thermidor), Hoche obtint un commandement: il fut chargé d'étouffer, dans l'Ouest, la rébellion des chouans ; et ce même Comité de salut public qui, trois mois auparavant, avait déclaré Hoche, à
15 l’unanimité, traître à la patrie, lui donnait maintenant mission de la défendre et le nommait général en chef de l'armée des côtes de Cherbourg,
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