‹ Lazare Hoche [microforme] (volume 3)Chapitre 15 sur 49 · LS · texte numérisé non relu

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vient aux républicains.” Il préchait la tolérance à ses soldats, et il applaudit au décret de la Convention sur la liberté des cultes. Quoique très-indécis lui-même dans ses principes religieux, il respectait la religion, ii 5ne partageait point à ce sujet l'indifférence ou l'incrédulité de ses contemporains ; il sentait profondément les heureux effets des convictions chrétiennes pour la conduite dans la vie, pour la consolation dans les souffrances, et l’on voit, dans ses lettres intimes, com- 10 bien à cet égard il s'élevait au-dessus des tristes préjugés dé son époque : * non-seulement il ordonnait par politique que les prêtres fussent tolérés dans les contrées malheureuses soumises à son commandement, il voulait encore que la République s’en fit des amis. et il ne voyait 15 aucune force en état d’être substituée à l’action du clergé, s’il se bornait à l’employer pour la paix et pour le bien des âmes, Il ordonnait donc qu'on laissât les prètres en repos, qu’on ne troublât point les paysans dans leurs croyances et qu’en vint en aide à leur misère. 20 “ Beaucoup ont souffert, écrivait-il, beaucoup scupirent après le retour à la vie agricole : il faut donner à ceux-là quelques secours pour réparer leurs fermes.” C'est ainsi qu'il savait mêler à propos l’indulgence à la sévérité et se montrer humain et juste sans rien relâcher de sa vigilance et de sa fermeté.

Tant d'efforts et de persévérance produisirent d’hcureux effets. Un nouvel esprit anima l’armée : les populations cessèrent d’avoir à se plaindre des soldats de la République : une portion considérable des habitants de 39 ces pays d‘solés aspiraient au repos : les chefs insurgés

eux-mêmes ordonnèrent à leurs subo:donnés de sab-

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* Hoche se pei:t ainsi lui-même dans une de ses lettres : “T'es. timerai toujours un homme pieux. La morale de l'Évangile est pure et douce et quiconque la pratique ne peut être un méchant. Loin de moi le fanatisme, mais respect à la religion : elle console des maux de la vie. Je tolère toutes les croyances, la mienne n’est pas fixée : depuis longtemps je cherche la vérité: un jour viendra sans doute où ma raison plus éciairée me fera adopter les inspirations de ma conscience.” (a)

49 (a) Lettre de Hoche, communiquée par sa famille,

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stenir de toute violence et, d'autre part, la Convention nationa:e, dont cette guerre fratricide était devenue la plus vive préoccupation, jugea le moment arrivé d’accorder un pardon général aux Vendéens et aux chouans qui s'étaient armés contre le gouvernement de la République : elle promulgua en conséquence un cécret d'amnistie dans le dernier mois de l’année 1794, et une quinzaine de représentants furent envoyés par elle en mission dans les départements de l'Ouest, avec des pouvoirs très-étendus pour assurer l'exécution de ce décret ei pour pacifer le pays. /

Le succès sembla d’abord répondre aux espérances de la Convention : les insurgés, obéissant au mot d’ordre de leurs chefs, parurent accepter l’amnistie de bonne foi, et beaucoup sans doute étaient sincères en l’acceptant. Hoche lui-même se fia d’abord aux apparences et crut l'insurrection apaisée, Il se résigna au r°pos et, profitant de ses loisirs pour étendre ses connaissances, il fit venir des livres, s’appliqua à la lecture des anciens et reprit avec ardeur l’étude du latin dont un vieux prêtre lui avait enseigné les premiers éléments dans son enfance. Jne âme trempée comme l'était la sienne, nourrie dans le culte de la République et dans l’horreur de la tyrannie, ne pouvait manquer de se passionner pour Tacite, et il s’estimait heureux d’être parvenu, après beaucoup d'efforts, à entendre cet auteur sans le secours de la traduction.

Ses loisirs furent de courte durée. Le calme apparent qu: se faisait autour de lui était dû surtout à la lassitude

des partis: les haines étaient encore trop vives, ‘ :

plaies trop récentes, et les souffrances trop grandes . ie souvenir enfin des forfaits du gouvernement révolutionnare soulevait encore trop d’indignation et d’horreur pour qu'une pacification sérieuse fût possible. Le plus grand nombre des chefs vendéens et chouans ne cherchaient qu’à gagner du temps, gugttant l’occasion favorable et la prochaine arrivée des secours promis par le gouvernement britannique,

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