‹ Lazare Hoche [microforme] (volume 3)Chapitre 26 sur 49 · a cavalerie culbutée, ses formidables redoutes sort · texte numérisé non relu

a cavalerie culbutée, ses formidables redoutes sort

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tournées et enlevées à la baïonette. Hoche poursuit vivement les Autrichiens jusque dans les montagnes : puis il marche sur Dierdorf pour porter secours à Championnet : celui-ci avait passé la Sieg la nuit précédente et enlevé les nauteurs d'Ukerath et d’Altenkirchen. Hoche rencontre sur son chemin, près Dierdof, un corp autrichien de réserve d'environ huit mille hommes: il l'attaque et le met en fuite, tandis que, sur la droite, Le Fèvre enfonçait aussi l’ennemi et ie poursuivait l'épée dans les reins jusqu'à Montabauer.

Telle fut la journée du 18 avril (29 germinal), dans laquelle les Autrichiens, forcés dans Jeurs retranchements, furent refoulés au delà de la Lahn et sur le Mein, après avoir perdu huit mille hommes, sept drapeau vingt-sept bouches à feu et soixante canons. Les Français prirent aussitôt position à Dierdorf, Altenkirchen et Montabauer.

La victoire n’était pour Hoche qu’un stimulant, elle l'excitait à courir à de nouveaux triomphes: vainqueur à Neuwied à la tête d’une armée de 86,900 hommes, il se sentait de force à repousser les Autrichiens jusqu’au Danube, Déjà, refoulant Warneck devant lui, :l lui avait livré plusieurs glorieux combats et prenait les dispositions nécessaires pour lui couper la retraite et le séparer de l’Autriche. Son avant-garde, commandie par Le Fèvre, marchait rapidement sur Francfort : elle avait franchi la Nidda et se préparait à attaquer la place et À charger l’ennemi quand un courrier arriva, porteur des préliminaires de paix signés par Bonaparte à Leoben.

Hoche suspendit sur-le-champ sa marche victorieuse, renonçant à la gloire presque assurée de contraindre une armée autrichienne à déposer les armes : il ne laissa percer que la satisfaction de voir arrêtée l’effusion du sang, et il écrivit au Directoire pour la lui témoigner : “ Après avoir fait, dit-il, trente-cinq lieues en quatre jours et triomphé dans trois batailles et cinq combats, l'armée de Sambre-et-Meuse a accueilli la nouvelle de la paix avec la plus vive émotion.”

Hoche adressa en même temps à sa femme ces

simples lignes, pure expression d’un cœur affectueux et

dans lesquelles, avec le héros, se rencontre l'époux et le

père : “La paix est faite, ma bonne amie; ton mari

vainqueur se porte bien et t'embrasse: prends bien soin 5 de notre petit enfant.” *

Les hostilités étant suspendues entre la France et l'Autriche, Hoche reporta sur l'Irlande son arëente pensée : c’est là qu’il veut atteindre et frapper le gouvernement anglais dans lequel il voit toujours le plus

10 redoutable ennemi de la France. D’accord avec l'amiral Truguet, il prend toutes les dispositions nécessaires pour créer un nouvel armement lus formidable encore que le précédent. Les travaux du port de Brest sont activés, les vieux vaisseaux sont réparés, de nouveaux sont con-

15 struits. Hoche, quoique à distance, remplit toutes les âmes du feu de la sienne: il envoie au ministre de la marine les épargnes qu’il a pu faire sur les contributions des pays conquis ; puis il court en Hollande pour s’entendre avec le gouvernement de la république batave,

20 alors alliée de la république française, et se concerte avec les principaux officiers de terre et de mer pour une descente simultanée des troupes françaises et hollandaises sur les côtes d’Irlande. De retour dans son cantonnement du Rhin, Hoche dirige sur Brest un

25 nombreux détachement de l’armée de Sambre-et-Meuse et se rend enfin à Paris pour hâter les préparatifs de l'expédition nouvelle, et aussi, il faut le dire, pour seconder la conspiration de la majorité du Directoire contre les conseils législatifs et préparer avec eux le

30 coup d'Etat du 18 fructidor.

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ce: et lente Cour é’état de fructidor.— Maladie et mort du général Hoche. gou- — : ; FA ; plus IT était impossible qu’un régime aussi affreux que mir) celui de Z Terreur ne provoquât point une violente pour réaction d’une longue durée, et que les hommes qui 5 ue le l'avaient établi ne fussent bientôt en butte à la haine tivés, publique et à l'horreur générale. Cette réaction, comébts mencée le 9 thermidor 1794, continua durant les années 5 les suivantes avec une violence toujours croissante, entre-

da là tenue par une cause dont les historiens n’ont pas tenu 10 suffisamment compte. Le régime de la Terreur était

je tombé, mais la plupart de ceux qui l'avaient intronisé ne ave: tombèrent pas avec lui: quelques scélérats avaient péri, COLE mais le plus grand nombre des conventionnels qui les tuné avaient soutenus de leurs votes restèrent debout et 15 sliane maîtres de la situation. La Convention survécut une au année à Robespierre, et lorsque enfin elle se retira de la scène, elle réussit à vivre de nouveau sous d’autres noms. st un de ‘ : ; ; :

Pie Elle dit et parvint à faire croire à une foule de répubii-

fs de cains ardents et honnêtes, au général Hoche entre autres, 20 que la Révolution était incarnée dans les conventionnels,

our : : L , ; de et elle fit violence à l'opinion publique en déclarant, par nu le les décrets de fructidor an III, que les deux tiers de ses

membres feraient partie des nouveaux conseils législatifs dont ils formeraient ainsi la majorité.* 25 Après la promulgation de ces décrets et la journée du 13 vendémiaire,t où la Convention mitrailla la bourgeoisie parisienne qui les avait rejetés et qui protestait contre eux à force ouverte, les deux conseils législatifs, celui des Anciens et celui des Cirg- Cents, formés pour les 30 deux tiers d'anciens conventionnels, cherchèrent une garantie contre la réaction en choisissant les cinq mem-

* Voyez mon Zistoire de France, 129 édition, t, IT, p. 323 à 324. + Zra.

bres du Directoire chargé du pouvoir exécutif parmi les hommes les plus compromis aux yeux des royalistes, parmi les régicides.* L'Opposition, vaincue en vendémiaire, attendit son s succès des élections nouvellest et de la marche légale des événements : elle dominait dans le corps électoral, mieux composé alors qu’il ne l’a été peut-être à aucune époque de notre histoire. Les élections étaient à deux degrés, et les électeurs unissaient à l'autorité du nombre ro l'autorité non moins nécessaire de la capacité présumée. Leurs choix furent, en lan IV, comme l’année précédente, l'expression fidèle de lopinion dominante, celle de lesprit de réaction contre les terroristes et les montagnards, et du parti constitutionnel et 15 modéré, ami des principes de 1789 et qui voyait avec effroi le pouvoir exécutif toujours entre les mains des conventionnels et des révolutionnaires.

Les deux conseils législatifs, après l'élection du second tiers de leurs membhres, furent donc composés, 20 en grande majorité, d'hommes qui, sans vouloir une contre-révolution, voulaient cependant, avec la paix, l'abolition des lois révolutionnaires encore en vigueur, $ une liberté réelle et l'épuration successive et légale d’un Directoire héritier de la Convention.|| 25 Les noms de quelques ardents royalistes étaient sortis, il est vrai, des dernières élections. Ceux-ci, fidèles à la tactique constante des minorités, faisaient cause commune dans l'opposition avec la majorité constitutionnelle et modérée, et cherchaient, par toutes 30 sortes de movens, à faire du bruit et à grossir leur im-

*# On nommait ainsi ceux dont les votes avaient envoyé Louis XVI à l'échafaud.

+ Les conseils se renouvelaient par tiers tous les ans.

f De Barunte, Æistoire du Directoire, t. IT.

35 $ Ces lois fermaient les églises et proscrivaient les prêtres, elles décrétaient la peine de mort et la confiscation contre les émigrés, et beaucoup d’autres mesures draconniennes.

| Voyez de Barante, Æistoire du Directoire, À III, et mon Llistoire dé France, t. KT, p. 340-347.

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portance, Ils n'étaient en cela que trop bien secondés par trois directeurs, Barras, Rewbel et La Reveillère- Lepeaux,* et par leurs amis montagnards qui disaient hautement et publiaient dans leurs journaux, que l'opposition tout entière était monarchique, que les pouvoir allait passer aux royalistes. qu’on allait voir reparaître les Bourbons et les aristocrates, et que c'en était fait de la Révolution.f

Ces bruits menaçants, grossis par la peur, étaient crus, surtout à distance, par beaucoup d’honnêtes gens 10 sincèrement dévoués à la Révolution, enthousiastes pour la liberté qu'ils voyaient presque exclusivement dans l'égalité civile, dans le maintien du régime républicain et dans l'indépendance nationale. Le général Hoche, nous l’avons dit, était de ce nombre. 15 Parvenu rapidement, par son mérite, des derniers échelons jusqu'aux premiers, il avait toujours devant les yeux l’ancien ordre de choses où il risquait de végéter dans un rang obscur, les liens qui eussent arrêté son essor et tous les obstacles qu’il eût rencontrés dans une 20 société constituée comme elle l'était sous le régime détruit,

Semblable en cela à la plupart des hommes qui n’ont dù leur élévation qu’à eux-mêmes, il n’aimait pas, en principe, et tenait pour suspects les privilégiés, quels 25 qu'ils fussent, rois ou gentilhommes:f il voyait,

* Ces trois directeurs formaient la majorité au sein du Directoire, où ils eurent pour opposants Carnot et Barthélemy : ce dernier avait été récemment élu par le parti modéré à la place de Letourneur. 30

+ Dans son impartiale Æistoire du Directoire, M. de Barante a présenté sous son véritable jour cette époque qui a été obscurcie par des historiens appartenant aux partis extrêmes les plus opposés.

ÿ Dans la pratique de la vie, cette disposition fit souvent place #0 en ui à une affection très-réelle pour des hommes appartenant à la classe des anciens privilégiés, surtout pour ceux qui servaient sous ses ordres, et nous avons vu aussi qu’il garda constamment une amitié reconnaissante au général comte Le Veneur dont il avait été l’aide de camp. Il eut même le bonheur, dans es derniers 40

temps de sa vie, de rendre un service considérable à son ancien général et à son ami.

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