‹ Lazare Hoche [microforme] (volume 3)Chapitre 30 sur 49 · EE EE · texte numérisé non relu

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foi de laquelle les émigrés avaient déposé les armes : la première, c'est dans la lettre qu'il écrivit à l’amirai Warren; voici en quels termes: “ N'ayant plus de ressources, j'en vins à une capitulation pour sauver ce qui ne pouvait échapper, et le cri général de l’armée m'a 5 répondu que tout ce que était émigré serait prisonnier de guerre et épargné comme les autres.” *

La seconde lettre est datée d’Auray et adressée à Hoche : “Toutes ves troupes, lui dit Sombreuil, se sont engagées envers le petlt nombre qui me reste, et qui 10 aurait nécessairement succombé; mais, Monsieur, la parole de ceux qui sont venus jusque dans les rangs la leur donner, doit être chose sacrée pour vous.”

On le voit, dans cette seconde lettre comme dans la première, 1l n’est question que de cris de soldats ov tout 15 au plus de paroles sans autorité de quelques officiers. Cependant si Sombreuil eût traité avec Hoche ou même avec Humbert, il n’eût pas manqué de le rappeler et de sommer Hoche sur l’honneur de faire respecter les promesses qu'il en avait reçues. La réponse de Hoche 20 à cette dernière lettre de Sombreuil ne nous est point parvenue, maïs il fit insérer la lettre à l’amiral Warren avec ces lignes : “ Je dois à l’armée de déclarer qu'il y a erreur dans la lettre que je publie: j'étais à la tête des sept cents grenadiers qui prirent M. de Sombreuil et sa 25 division ; aucun soldat n’a crié que les émigrés seraient traités comme prisonniers de guerre, ce que j'aurais démenti sur-le-champ.”

À une si nette affirmation nous n’ajouterons qu'un fait. Quelques mois plus tard, Hoche commandait 30 dans la Vendée. Un de ses divisionnaires, le général Bonnaire, fit fusiller des ennemis qu'il avait pris au château de Saint-Mesmin, On rapporta à Hoche que c'était après leur avoir promis la vie. Hoche, sur-lechamp, le mit aux arrêts Mieux informé, il leva la 35 punition. ‘Je pense, lui écrivait-il, que vous ne trouverez pas mauvaise une sévérité exigée par l'honneur...”

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* Savary. Lettre de Sombreuil à l'amiral Warren. + Sombreuil à Hoche, 22 juillet 1795.

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| | Et il ajoute: “Il ne pourrait arriver À un homme d’hon- | 11 neur de trahir ainsi la foi jurée.”* Concluons donc que, si les émigrés se sont crus sous la protection d’une capitulation, c’est qu'ils ont pris il 5 Pour eux le pardon promis par les soldats républicains, 11 SEULEMENT AUX PRISONNIERS ENRÔLÉS, que c’est par | | suite de ce malentendu qu'ils ont livré une vie que D: | d’ailleurs ils ne pouvaient plus défendre ; mais pro- DA clamons bien haut qu'ils n’ont pas été victimes d’une # | 10 perfidie.

1! (Claude Desprez, Zazare IToche, p. 214-217.)

2 thermidor an IV (20 juillet 1796). Arrêté du Directoire,

“Le Directoire, voulant donner un témoignage de 15 SON estime au général Hoche, commandant l’armée des côtes de l'Océan, pour les services qu'il a rendus à la patrie et honorer, dans sa personne, les braves défenseurs qui, sous ses ordres, ont terminé la longue et malheureuse guerre de la Vendée et des chouans, arrête : 20 “Il est fait présent au général Hoche, au nom de la République française, des deux plus beaux chevaux existant dans les dépôts de la guerre, avec leurs harnais; il recevra également une paire de pistolets de la rmanufacture d’armes de Versailles.

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