‹ Lazare Hoche [microforme]Chapitre 18 sur 85 · VI. DS mett · texte numérisé non relu

VI. DS mett

À L mi

15 Disgrâce et captivité. en ordre à 4 Du

Le vainqueur de Wissembourg avait été devancé par M darm

sa brillante renommée à l’armée d'Italie : elle apprit! avec À aussit joie qu'il lui avait été donné pour chef, et elle se pré- À nier parait à lui faire!? un accueil enthousiaste, 4 firent

20 Le quartier général était à Nice. A peine arrivé, chale Hoche, avant “de prendre un instant de repos, fit à soust;

| déployer la carte de la Haute-Ttalie, l’étudia longtemps ; leque ; puis il dit, montrant les Alpes, ce "mot fameux, répété sy 1 plus tard par son heureux rival de gloire: ‘C’est de M paraî

25 l’autre côté de ces montagnes qu'est le véritable champ donn de bataille où la victoire décidera entre nous et l’Autri- È dans che.” f | avec Sobre, selon son habitude, il s'était fait servir! dul* . pain, des olives et de l’eau, et il commençait" à peine son |

30 frugal repas lorsque entra!f le vieux général Dumerbion, ji a j Ro

* Rousselin, . I1.—C rresp. de Hoche. b. T6.

+ Lettre de Mermet, citée par Bergounioux.

l’eile : le 1) a déjà * qu'anété. Vive’ — Lazare

ons vérit-

au repré-,

lie, il lui ondance.

à vérite et urs pères

ancé par ritl avec e se pré-

e arrivé, epos, fit igtemps ; x, répété C’est de e champ , l’Autri-

viré dut eine son merbion,

Dors

dans l’avenir ou dans le passé.

émissaire du Comité de salut public et porteur de ses instructions. Hoche, sans défiance, se leva devant! ses cheveux blancs, lui offrit’ une rise et l'invita à partager un souper dont” le seul mérite, dit-il ent riant,° était de rappeler les repasf de Pythagore avec ses disciples. * Dumerbiop, après! avoir montré quelque’ embarras, tira de sa poche un papier et lut® d’une voix rude un Atzcié du Comité conçu en ces termes : ‘ Le Cofnité de salut public arrête que l’expédition d'Oneille, qui devait être faite” par le général Hoche, sera confiée au citoyen Petit Guillaume, général!® à l’armée des Alpes, auquel!! il à donné des ordres à cet!? effet. Les représentants du peuple près l’armée d'Italie feront!# mettre!‘ sans délai le général Hoche en état d’arrestation et l’enverront5 à Paris sous bonnelf “ét sûre rarde.t—-Carnor, Cozror D'HERBOIS.”

Après avoir entendu ce : ‘re, Hoche dit!’ froidement, avec une indignation :on° uel: ‘Pardon, général, j'ignorais que vous fussiez à gendarme ; j'allais? me mettre au lit, j'ai besoin de repos, et ma conscience me permet”! de dormir”: demain matin je serai à vos ordres.”

Dumerbion lui demanda son épée et posta des gendarmes à la porte de son appartement, où entrèrent aussitôt plusieurs officiers supérieurs qui, voyant” prisonnier celui qu'ils venaient? saluer comme leur général, firent® éclater, au péril de leur vie, une indignation chaleureuse®: plusieurs même exhortèrent Hoche à se soustraire" par la fuite à l’exécrable tribunal devant lequel tout prévenr*? était d'avance un condamné. Hoche sy" refusa. ‘Il repondit qu'il se devait à lui-même de paraître” devant! ses accusateurs et qu'il ne voulait” point donner un exemple qui pât'! servir d’excuse aux traîtres, Il leur parla longtemps avec un sang-froid et une tranquillité qui ne se démen-

* Ibid.

t Cet arrêté, conservé dans la famille du général Hoche et communiquée par elle, est écrit tout entier de la propre main de Carnot,

f Rousselin, Vie de Hoche.

mme NET D Se

ñÿ

Go

a 8p mon travail m'ont fait’!

quillité.” +

0 suivret les conseils d’une irritation

10 boire! la Cisuc, ? #

tirent pas. Après avoir exposé de quelle manière il croyait que la guérre allait être conduite! en Italie,? il les pria, s'ils étaient de nouveau témoins de quelques grandes injustices sans doute inévitables, de ne past

toujours funeste.5 Tous ceux qui étaient présents, ses

aides de camp surtuut, fondaient en larmes ; mais lui, le front serein, le

regard toujours fier et doux, s’efforçait! de lesÿ rassurer. On eût’ dit Socrate au milieu de ses disciples avant de

Hoche ac: +1da qu'il lui fût" permis? d'écrire. Sa première"! leitre fut pour sa femme, sa chèrelt Adélaid e, à laquelle il avoua qu’il allait!5 à Paris, mandé par ordre du Comité de salut public, tout ent$ lui cachant qu'il était

15 arrêté. Il écrivit, le lendemain, à M. Dechaux, son beau-

père, et lui apprit? la triste vérité. ‘Quels'# que soient? les motifs de mon*arrestation,

moi vous allez avoir à soutirir,.. Cache-lui longtemps,

s’il est possible, que je suis devenu suspect et privé de ma liberté... Dans les Républiques, je le sais, le général

‘ trop aimé des soldats qu’il commande, inquiète les 25° citoyens ombrageux ; mais moi, devait-on me

sSOoUPçonner ? Je ne vois” cependant pas d’autres griefs cons moi que le dévouement et l'affection de l’armée, Eh bien ! que l'on me fasseï° rentrer dans la classe des autres citoyens ; je serai heureux, si mon exemple peut servir à

30 la chose publique. Après avoir sauvé Rome, Cincin-

natus aïla labourer son champ : je suis loin de prétendre égaler ce grand homme; mais, comme lui, j'aime ina patrie, et si mon abaissement peut être utile, je ne demande qu'à rentrer dans les rangs d’où le hasard et sortir” trop tôt pour ma tran-

La fierté d’un cœur patriotique et d’une conscience

* Andréossy, Eloge de Hoche, t Lettre de Hoche, communiquée par sa famille,

em

’luidit-il,?sansreproche jesuis |!

Sans crainte, quoiqu'il y ait” sans doute tout à craindre’. à /| Je ne me plains pas, C'est toi. c’est Adélaïde, c’est /|

20 vous que je plains Je ne souifre” que de ce que par //

Sr .

sais dirait Grèce fiance devan mort, d'auti faible la chi

Ho gendi condi de l’a s'adre à l'he vous duire seinai 16 m mont

° Paris

senta terre!

de la dit!?

nier :

ante.

chart bient tout?

à la | le sa tine

de l desce long:

Riou

nière il >,* il les uelques ne pas’ uneste.° ip surrein, le assurer, vant de

o.! Sa laide, à rdre du 1 était n beauent!” les

Le jesuis | dre*”, .. {/!

le, c’est /|

que par gtemps, rivé de général ète les e soups Contre Se, Eh S autres servir à Cincinétendre me ina

je ne sard et là tran-

science

or DR Te S

dirait! écrite” par un héros des plus beaux temps de la Grèce ou de Rome : on s'étonne d’y trouver aussi la confiance, ou du moins un vague espoir, qu’en allant* paraîtret devant le tribunal révolutionnaire, il ne marchait pas à la mort, et l'on° pourraitf conclure’ de ce fait et de beaucoup d'autres” semblables qu'il n’arrivait’ alors aux armées qu’un faible bruit des horreurs comm; ses" dans la capitale depuis

la chute des girondins. ALL Hoche partit!!' pour Pari, prisonnier, !? escorté par des

gendarmes, À peine arrivé (12 avril 1794), il se fait!® conduire" au Coraité de salut public qui avait signé l’ordre de l'arrêter. Il recontre Saint-Just dans l’antichambre, s'adresse à lui et demande justice. ‘On vous fera! tout à l'heure, répond seshement Saint-Just, la justice que vous méritez.”’* Et il ordonne aux gendarmes de conduire* le prisonnier aux Carmes, où il languit cinq seinaines dans un cachot fétide. Hoche fut transféré le 16 mai à la Conciergerie, d’où on!f ne sortait! que pour monter au tribunal, et du tribunal à l’échafaud.

La Conciergerie et les autres prisons de la capitale,

* Paris tout entier et les principales villes de France, pr£-

sentaient alors le plus affreux spectacle : l’anarchie,'8 la terreur et le meurtre étaient partout. ‘ De tous les coins de la France on charriait des victimes à la Conciergerie,”? dit” un écrivain, ami des girondins et longtemps prisonnier avec eux, ‘‘la progression des assassinats était effrayante. ..”" D'abord on avait mis” quinze personnes dans les charrettes meurtrières’! (appelées aussi bières roulantes), bientôt on en mit trente, ensuite quatre-vingt-quatre, * et tout” fut disposé pour en envoyer cent cinquante à la fois à la place du supplice. Un aqueduc, destiné à contenir? le sang, fut creusé à la place Saint-Antoine, où la guillotine avait été transportées C'était vers les trois heures de l'après-midi que les longues® processions de victimes descendaient du tribunal, passant” lentement* scus de longues”i voûtes entre les prisonniers. 7 {J'ai vu, ’* dit Riouffe, ‘‘quarante-cinq magistrats du parlement de Paris,

* Rousselir : ie de Hoche.

Page 1