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. 1 Guerre de la Vendée.—-Chouannerte.
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nant ’INSURRECTION de la Vendée avait gagné l’Anjou,
f de L le Maine et une grande partie de la Bretagne. Ces 5 contrées, très-boisées, privées de routes, étrangères! à
re l'industrie et au grand commerce, avaient conservé leurs anciennes mœurs. Dans les campagnes que la noblesse
k n'avait point abandonnées’ pour les villes, les populations
demeuraient soumisest à leurs seigneurs et à leurs prêtres. 10 L’antique loyauté s’y était perpétuéeÿ avec la foi religieuse, f et lorsqu'elles eurent? vu leurs prêtres frappés dans leur conscience et dans leurs biens par les décrets de la Con- … vention, l’ancien ordre social et politique renversé, les un massacres de septembre, le roi détroné cet martyrisé, le 16 , clergé proscrit,* l’échafaud en permanence dans Paris, buliqued l'horreur commune unit plus étroitement encore l’aristo- »/%42/4 cratie et le peuple. La Vendée se Souleva la premièrel et enfanta des héros. Parmi ses chefs, on vit’ confondus tr, Au les roturiers et les nobles. Les principaux!® furent le 20 voiturier Cathelineau, le garde-chasse Stofflet, l'officier de me, marine Charette, Bonchamps, Lescure, d'Elbée, le prince de Talmont et Henri de Larochejaquelein, justement à nommé l’Achille de la Vendée. Ils battirent!! fréquem- É. ment” les troupes de ligne et les bataillons de la garde ?5 nationale qui marchèrent contre eux. Tout? pliait devant :
À la fougue intrépide des paysans vendéeus ” : Sais armes, ./
, ils s'emparaient de l'artillerie en se préciptant sur les Ÿ 20 canons qui les foudroyaient.{ C’est ainsi que plusieurs 7 "ÆiA
cum 2. 47. 6. 45. 10, 62. 14. 539, 3. 588, 7. 273. 558 il. 280, 15. 435 &R, 4, 313. 8. 304, 12, 351, D
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généraux! républicains furent vaincus?tour à tour, Maîtres de nombreuses’ places, les Vendéens formèrent trois corps de dix à douze mille‘ hommes chacun : le premier sous Bonchamp, occupa les bords de la Loire et reçut le nom d'armée d'Anjou ; le second, sous d’Elbée, au centre, fut appelé la grande armée; le troisième forma l’armée dite® des marais, sous le redoutable Charette, qui, par son* audace, sonf énergie, sonf activité prodigieuse, sa æersévérance indomptable, et par l’étonnanteT fécondité
e ses ressources et de ses stratagèmes de guerre, fut"le plus grand chef de partisans qu'ait jamais eu la France4
Un conseil d'opérations fut établi, et l’on’ donna le' commandement général à Cathelineau, qui périt à
l'attaque de Nantes, après laquelle les Vendéens, repliés #
derrière la Loire, battirent!° successivement les généraux! | républicains Biron, Rossignol et Canclaux. Enfin dixsept mille‘ hommes de l’ancienne!! garnison de Mayence, réputés l'élite de l’armée, furent transportés en Vendée : Méber les cémmandait, Ils furent d'abord vaincus? par
20 les Vendéens : mais ceux-ci éprouvèrent plusieurs
défaites à Châtillon et à Chollet, et leurs principaux" chefs, Lescure, Bonchamp, d’Elbée recurent, dans ces sanglantes journées, des blessures mortelles. !%
Les insurgés se mirent! alors en communication avec
25 l'Angleterre: pour obtenir!f d'en être secourus,! ils voulu-
rent® s'emparer d’un port de la Manche, et la grande armée vendéenne,” forte de“ quatre-vingt mille‘ hommes, marcha sur Granville, Repoussée devant cette place, faute d'artillerie, mise en déroute au Mans, elle fut presque détruite”! en essayant de passer la Loire à Savenay. La Vendée fut ainsi une première”? fois vaincue? en décembre 1798. Sa population accablée, décimée et privée de presque tous ses chefs tués dans les combats, semblait disposée À se soumettre, lorsqu'un effroyable système d’extermination fut mis'# en œuvre contre elle et lui fit** trouver de nouvelles forces dans le désespoir. Ce système eut pour auteur le général rércblicain Thurreau, qui entou:a la Vendée de seize
€âMmps retranchés. Par ses oïdres, douze colonnes
mobiles, connues” sous le nom de colonnes infernales, par- 1, 88. 8. 574. 14, 312. 20, 454.
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coururent! le pays en tous sens, portant? de tous côtés A impitoyablement le fer et la’ flamme, semant? partout la dévastation et la mort. Ils ranimèrent ainsi l'insurrection prête à s’éteindret: les habitants exaspérés reprirentÿ
les armes en 1794, et formèrent encore deux armées 5 redoutables sous leurs derniers chefs survivants, Charette
et Stofllet.
L’insurrection gagna la! Bretagne, qui à son tour° se souleva, Mais la guerre dans ce pays n'eut pas le même caractère que dans la Vendée, où les partis 10. avaient combattu en grandes masses et où s'étaient livrées de formidables batailles. En’ Bretagne, les insurgés firent? aux républicains une guerre de partisans, guerre de surprises et d'embuscades, enlevant? leurs postes, fondant? 1 à l’improviste sur leurs détachements et tirant’ sur eux de 15 derrière les haies, du fond des taillis et du creux des ravins où ils se tenaient!! cachés. Cette guerre, généralement appelée chouannerie, tira son nom d’une famille de contrabandiers pour le sel ou faux sauniers dont!’ le chef se nommait Jean Cottereau. Celui-ci, habituellement, 20 triste et taciturne comme la chouette ou l'oiseau des nuits, avait reçu des siens, pour cette cause, le nom de chouan,
IT était d’une rare” intrépidité, rusé, actif, infatigable. Il avait couru” les boislt en ariues avec ses trois fils,'* dès l’époque de la grande réquisition de 1792, et il donna le 25 premier signal de la guerre qui prit, 5 deux ans plus tard, des proportions redoutables, et désola la Bretagne, l’Anjou, le Maine et une partie de la basse! N ormandie,
Un homme doué d’une grande énergie et aussi intelligent qu'habile, le comte Joseph de Puisaye, avait dès 30 l’origine foïenté l'insurrection en Bretagne, Ancien député!” de la noblesse du Perche à la Constituante, il embrassa d’abord avec ardeur les principes de la Révolution, et il avait plus tard, comme tant d’autres, été ramené à la cause royale par l'horreur du régicide et 35 du régime de la Terreur. Peu!# d'hommes ont faiti® preuve d’une activité plus infatigable, d'autant de souplesse &ans l'esprit, d'une volonté aussi persévérante, aussi ferme, aussi propre à triompher de tous les obstacles: il réussit à se mettre” en étroite relation avec les paysans 40
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wretons et à exercer un grand ascendant sur les chefs insurgés dont! les principaux survivants, après le grand désastre des Vendéens au Mans et à Savenay, étaient, nous l'avons” dit,* Stofllet et Charette,
Puisaye, présent partout, veillant à tout,* fut le véritable organisateur de la chouannerte ; exhortant à attaquer les postes isolés, à enlever les détachements républicains et
les convois de vivres et de munitions, à s'emparer des:
caisses publiques” ; créant sur une foule de points, avec le secours des prêtres, des moyens de résistance et nouant habilement toutes les trames de l'insurrection. Les ares et les munitions faisantf défaut, Puisaye se rendit à Londres dans l’automne de 1794, pour’ obtenir l’assistance et la coopération du gouvernement anglais, et il reçut à la même époque des pouvoirs très-étendus de Monsieur, comte de Provence qui, depuis la mort du son frère, prenait’ le titre de régent du royaume.*X Puisaye entretint* de Londres une correspondance active avec les chefs insurgés de la Vendée, de la Bretagne et de l’Anjou, et il eut, dans les pays insurgés, pour principal instrument Desotteux, baron de Cormatin, qui prit” le titre de major général des armées catholiques dans l'Ouest.
Trois armés républicaines, après la révolution de thermidor, occupaient les départements où l'insurrection s'était propagée,!° l’armée de l’Ouest en Vendée, sous le général Canclaux, celle de Brest en Bretagne et l’armée des çôtes de Cherbourg disséminée dans le Maine et la basse Normandie. C'était celle-ci dont,! en septembre 1794, le général Hoche avait reçu le commandement, auquel le Comité de salut public ajouta plus tard celui de l’armée de Brest: ces armées réunies ne dépassaient pas quarante mille! hommes, forces tout à fait insuflisantes pour occuper ceut cinquante lieues de côtes le long d’un pays accidenté, coupé de ravins, privé de routes, hérissé de forêts, et dont! la population, tout” entière”* hostile, était exaltée tout à la Yois par la passion religieuse!{ et par une haine inextinguible pour la cause révolutionnaire,
* Ce prince, frère puiné de Louis XVI., fut appelé au trône en 1814 et régna sous le nom de Louis XVIII.
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celle-ci étant! inséparable àses yeux’ d’un exécrable système ‘le spoliation, de tyrannie sanglante et de terreur.
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Hoche dans les départements de l'Ouest. - Amnistie et première pacification,
Hoche trouva son° armée des côtes de Cherbourg dans! un état de désorganisation complètef: les soldats, disséminés par détachements dans les villes et les grosf bourgs, avaient perdu l'habitude de la discipline et des
exercices militaires: ilsse croyaient’ touts permis,” vivaient!° 10
de pillage et se répandaient dans les campagnes insurgées, beaucoup moins pour rallier leurs habitants au gouvernement républicain que pour s’y livrer à tous les désordres et y commettre? les plus odieuses!! exactions. Hoche comprit! que son premier devoir sur les côtes de l'Océan, comme l'année précédente dans les Vosges, était de réorganiser l’armée, d'y réveiller le sentiment de l’honneur et du devoir, et pour cela de tenir! les soldats réunis autour du drapeau, sous les yeux? et sous la main de leurs chefs. IT-T#& retira,
dans ce but, des villes et des bourgades où ils étaient °” :
cantonnés, obligeant!# celles-ci de veiller À leur propre
sûreté, et il forma, dans les campagnes, un grand Va, #
nombre de camps retranchés renfermant! chacun deux ou trois cents hommes qu’il tint'# constamment! en haleine.
T les occupa, durant le jour, aux travaux!’ de leurs re- *
tranchements, et la nuit À de fréquentes excursions pour
-dissoudre!8 tout?! rassemblement armé, prévenir!” les sur- ”
prises de l'ennemi et pacifier les campagnes, Lui-même
donnait l’example, ne prenant” aucun repos, veillant à 30
tout, marchant souvent à pied, le fusil sur l'épaule, à travers”? les forêts et les champs, comme un simple grenadier à la tête des colonnes. 11 faisait observer,
1, 582. ÿÉ F
mets
dans ces excursions comme dans les camps, la plus rigoureuse! discipline, punissant la maraude sans merci, ordonnant de bien traiter les habitants inoffensifs ou ngqumis,? com atissËnt à leurs misères et cherchant, par 5 toùs les moyens, à faire’ passer les nobles sentiments de son âme dans celle de ses officiers et de ses soldats: ces sentiments se retrouvent tous dans l’ordre du jour qu'il |
. D emœut, ne” ,: #1 publia, le 9 novembre 1794: on‘ croit’ y entendre un ei écho du langage des hommes de l'antiquité : ‘A la voix «4 { — Le |
10 dela patrie,” disaitf Hoche, ‘l’homme libre s’arme et court? | défendre ses foyers, sfns® chercher à imiter l’esclave de % la tyrannie qu'un vil intérêt ou la crainte du châtiment fait” mouvoir”. .. Le républicain qui ne connaît!° pas de maître, !! mais qui chérit ses devoirs, et dont!? la discipline 15 sévère consiste dans l’ardent amour de son pays, les! observe partout; il protége les faibles contre l'oppression des forts, fait respecter rigidement les propriétés, console les malheureux'{ et les aime tous. Il fuit la volupté et l'ivresse ; elles dégradent l'âme: il ne connaît!° pas 20 d'autre! parure que l'entretien de ses armes et de song, "’regêtement : IT n'affiche pas les vertus, mais elles lui sont | chères, © il les pratique : il est vainqueur. ou il périt | honorablement.”” * On“ sent," dans ce langage mâle et fier, l'accent de la 25 vérité: ce ne sont pas là des phrases de convertion, bonnes! pour la circonstance et dont!? on ne se souvient? plus après les avoir dites’! ; on y entend la voix du chef de guerre, du citoyen et de l’honnête homme ; Hoche est | à tout” entier. Ilexhortait mieux” encore par l’exemple | 30 que par les paroles et pratiquait, en toute* occasion, ce | précepte dont” il avait fait sa devise : Res non verba. (Il | faut” agir et non discourir.*) En se montrant à ropos | indulsent et sévère, toujours soigneux de la discipline, | ñ attentif à pourvoir aux besoins matériels des armeés et | 35 plus encore à soutenir” et à relever leur sens moral, toujours simple et toujours digne, il sut” conquérir’! plus | rapidement peut-être qu'aucun général le respect en- | thousiaste et l'amour de ses soldats, dont il était le * Rousselin, Corresp. de Hoche, p. 109.
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