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86 BIOGRAPHIF
otages, les bestiaux! et les grains, sauf une partie prélevée . à titre d'impôt et déposée dans les magasins de l’armée. Hoche avait recommandé aux ofliciers de traiter les habitants avec une extrême douceur, de s’entretenir’ avec 5 eux, de les bien traiter, de les envoyer même quelquefois à son quartier général, et de leur faires quelques présents. Il avait prescrit! aussi les plus grande égards pour les curés. ‘* Les Vendéens, ”? disait-il,* ‘n'ont qu'un sentiment véritable, £’est l'attachement pour leurs prêtres. 10 Ces derniers ne veulenis que protection et repos ; qu'on leur assure? ces deux choses, qu'on y ajoute même quelques bienfaits, et les affections du pays nous seront rendues,” La ligne que Hoche appelait ligne de désurmement devait envelopper la basset Vendéeecirculairement, 15 s’avancer peu à peu et finir par l’embrasser toutf entière. 10 En #avançanti! elle laissait derrière elle le pays âésarmé, réconcilié, et le protégeait!? contre le retour des chefs insurgés qui ordinairement punissaientl# par des dévastations la soumission à la République et la remise &es 20 armes, Deux cclonnes mobiles la précédaient pour combattrel* ces chefs et les saisir s'il était possible, et bientôt en les resserrant toujours davantage, elle devait les enfermer et les prendreï inévitablement. ” * Hoche soumit!’ son plan Ge pacification au Directoire, 25 qui l’approuva. On nommait ainsi le nouveau pouvoir exécutif qui avait succédé en France au règne sanglant de la Convention et äu Comité de salut public.+ Les directeurs appelèrent Hoche à Paris pour® se concerter avec lui et lui conférer de nouveaux? pouvoirs, 30 Le réaction thermidorienne® était alors dans toute sa violence à Paris, ainsi que dans les principales villes :
* Thiers, Z/istoire âe lu Révoiuti. n frañçanse.
tLa France s'était Gonné,21 à cette époque, une constitution nouvelle,22 celle âe l'an IIT. Cette constitution mettait2s fin À l'exis tence de Convention nationale: elle plaçait4 {e pouvoir législatif dans deux conseil:, celui des Cing-Cents et celui des Anciens,
eb le pouvoir exécutif dans un Directoire composé de cinq régicides qui furnt: La Reveillére-Lepeaux, Barras, Rewbell, le Tourneur et Siéyés bientôt remplacé par Carnot. Ils entrérent en 40 fonctions le 27 octobre 1795 (4 brumaire an IV.)
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partout l'autorité, soutenue! par le sentiment publie, fermait les clubs des jacobins et des sociétés revoluticnnaires, et voyait? se rouvrir® les salons où,4 à côté det
généraux® illustres, de publicistes distingués et des !
hommes politiques qui avaient contribué ou aplaudi 6
à la révolution de thermidor, se rencontraient déjà quelques hommes appartenants à l'anciene? aristocratie #t qui, proscrits sous la Terreur avec leurs familles, ne se montraient cependant pas hostiles au régime nouveau.
Le salon de la belle’ Madame Tallien (née? Cabarus) 10
était Je plus célèbre comme le plus fréquenté. Hoche y” parut® et y!l fut l’objet de l’attention générale : ses grands services, son génie, sa jeunesse (il avait à peine vingt-huit ans), étaient autant des titres à l'admiration, et
il ÿ ajnutait encore par son grand air, par la dignité 16.
naturelle’ empreinte! dans toute sa per onne," et par la noble simplicité de ses manières. ‘La loyauté de Hoche,” dit! son biographe déjà cité, ‘la sincérité de son dévouement à la République, ne permettaient!8 à per-
sonne de redouter pour elle ce bras glorieux, quelque!® 20
puissant qu’il fût.* On ne pa tt dans ses discours, aucune de ces paroles auxquelles® se devine le général qui sera porté à Ja tyrannie par la popularité, Ce n'était pas un de ces hommes qui éblouissent, dont” la domination s'exerce par comme pris”? de vertige, dans l'arène où Dieu leur a permis * d’étonner le monde. ”’*- I] inspirait surtout et a. plus haut degré la confiance: on reconnaissrit,# dans tout sa conduite, un sentiment profond d'honneur et
l'entrainement, et qu'on suit 25
de moralité, exception rare À toutes les époques et plus 30
particulièrement dans celle qui suivit* le règne de la Terreur : chacun sentait? que la cause de la République était en sûreté dans ses mains. Le Directoire s’honora en sachant® le comprendre, ?! et ne se montra point jaloux
de sa gloire: il approuva tous les mesures proposées 35
par Hoche pour pacifier la Bretagne et la Vendée ; il lui confia les trois armées des côtes de Brest, de Cherbourg et de l'Ouest, qui n’en formèrent qu'une sous le
“ Bergounioux, Essai sur la vie de Lazare H oche, p. 244-246.
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