R. 20. 583. 29, ga
Let
bourse 200,000 francs de plus, lui dit: un de ses proches, si tu ne donnais ‘au tiers et au quart tout ce que tu possèdes. — J'aurais un million de moins, répondit Hoche dans celle de mes amis, si j'en avais besoin.” Pour, 5 rencontrer à cet égard, parmi les héros de l’histoire, un | capitaine digne de lui être comparé, il faut’ remonter à du Guesclin dont® j'ai raconté la vie avant la sienne, et avec qui Hoche eut de nombreux‘ traits de ressem-
blauce :
on admire en eux même générosité, même
10 héroïsme, même commisération pour les misérables, égale horreur des fripons et des sangsues du pauvre
LS NE dés, FER .
$ "+ 80 était en son pouvoir pour en combler les lacunes. Il
peuple.
parfaite possession d'eux-mêmes, le cou
Ils eurent l’un et l’autre, devant® l'ennemi, la
p d'œil rapide et
l'inspiration soudaine ; ils firent’ voir* un mélange égal de 15 circonspection pour préparer, de fougue pour accomplir, et, méprisant? la routine, ils firent? avancer l’art militaire et montrèrent l'instinct des grandes innovations, mères! de la! tactique et de la stratégie modernes. Tous deux enfin eurent la bonne fortune de vaïnère!® chaque fois 20 qu’ils commandèrent en chef et l’amer regret de mourir! dans leur lit, après avoir passé leur vie au milieu des périls, et sur les champs de bataille.
Hoche eut sur Bertrand du Guesclin le grand avantage de naître!5 à une époque de civilisation plus avancée, et 25 comprit!f la supériorité que donne la culture des lettres et
les jouissances qu’elle procure.
Bertrand ne savait! pas
lireis et ne s’en mit!° jamais en peine: Hoche, au contraire, regretta toujours de n'avoir reçu dans son enfance qu'une instruction trop insuffisante, et il fit’ tout ce qui
lisait, 21 il étudiait dans les camps : les auteurs anciens et surtout les historiens de la Grèce et de Rome eurent il trouvait dans leurs écrits
pour lui un puissant attrait :
une sève de vertu républicaine dont’ son âme intègre et 0,,))
fière”? se nourrissait avec délices, et il se sentait” puisel 24 . mn
sämment# attiré par ces figure: héroïques, par ces grands chefs qui, en déposant leur glorieuse” épée, s’honoraient rs Il gagna beaucoup au comx w/merce de l'antiquité : on s’en aperçoit surtout au style 40 de ses proclamations et de ses ordres du jour dégagés
de conduire la charrue.
69 IN bel
NouR
roches, tu pos- Hoche Pour } ire, un onter à nne, et ressemmême érables, pauvre \emi, la pide et égal de omplir, ailitaire meres!° us deux que fois nourir!# ieu des
vantage ncée, et ttres et ait!7 pas ntraire, enfance t ce qui es. Il ciens et eurent rs écrits
tègre et \ # puis-
grands 1oraient vu comu style dégagés
DE LAZARE HOCHKF. 121
peu à peu de ce ton déclamatoire fort en usage alors dans le langage officiel, pour! atteindre,? dans des formes pures et sévères,” à une éloquente précision. Hoche arrive au goût par l'application d’un esprit délicat et d’un rare bon sens à l'étude des grands modèles, et après avoir, dans sa première! jeunesse, beaucoup lu’ sans règle et sans choix, il apprit à distinguer, à choisir, er à donner d'excellents conseils à sa jeune? femme pour la guider dans ses lectures : il cherchait À former son goût en éclairant son esprit, et dans un temps oùf l’enthousiasme pour Rousseau était à son apogée, Hoche ne donna point’ une médiocre preuve de bon sens en £e préservant de la contagion générale : il sut découvir! l'exagération, le paradoxe, le mensonge même à travers la magie d'un style trop séduisant!’ et il pritl8 soin de prémunir sa femme contre les périls de cette lecture. Plusieurs lettres de lui sont remplies de détails!t délicats et charmants; toutes respirent la fierté d’une âme droite, forte, indépendante, et l'on16 voit!? dans quelquesunes l'extrême importance qu il attachait, pour l'éducation des femmes comme pour celle des hommes à tout ce qui tend à développer de bonne! heure dans les aractères la vigueur, l’énergvie et la sincérité. * Tout1? én lui tendait au même but : les paroles, les écrits et les actes. Son caractère offre au regard attentif, un type harmonieux et grand dans chaque partie comme dans l'ensemble...
On y trouve aussi quelques ombres: Hoche out toujours beaucoup’ de peine à faire”? violence à sa nature ardente, impétueuse,”## ennemie de toute’ contrainte : impressionnable autant que passionné, il passait rapidement d'une résolution à une autre quelquefois opposée, comme à l'époque de l’expédition d'Irlande qu’il abandonna un jour pour l’entreprendre* le lendemain. Il était sujet à des abattements d’espnit et à des défaillances temporaires ; mais celles-ci provenaient? tantôt d’une
erreur de son jugement, tantôt d’une irritation excessive? /
ou d’une déception douleureuse,# jamais d'aucun vice : Lo. à “3h dd L vr ‘ Le / aA VU) * Voyez aux pièces justificatives la note @.
bientôt sa haute raison, son cœur ferme et loyal reprenaient! l'empire et le ramenaient, dans le droit chemin,
à son but véritable.
son temps et de sa siti 5 fautes, il risqua de mettr
de son pays en croyant® la servir* :
bonne? foi; ses intentions restèrent pures. La liberté ,
qu'il aimait d'un demeuxa chère!
10 furent toujours sacrés.
d’un grand peuple :
avoir d'autre fondements
Il eut quelques-uns des préjugés de ation personnelle’ : il fit’ des et lui-même en péril la liberté
il se trompa, mais de
amour plus sincère qu'éclairé lui C4 et les grands principes de 1789 lui
Mais l'expérience lui manauait comme à tous: avec le temps, il aurait reconnu’ les véritables conditions d'existence de la liberté au sein
Hoche eût? compris! qu'elle ne peut que le respect des droits de
15 tous, de l’ordre légal et de l'opinion publique sérieuse-
ment exprimée :
avantage au bien de sa patrie, élevé sa fortune sur les ruines la race de ceux qui
à la grande famille des Emile, des hommes par qui ou qui meurent!' avec elles.