APPENDIX
A, La Terr:ur à Paris, par M. de Lamartine.
LUS de hu'+ mille! suspects encom:' saient les prisons ! : de Paris un mois avant la mort de Danton. En 5 une seule nuit on y-jeta trois cents? families du faubourg Saint-Germain : tous les grands noms de la France historique, militaire, parlementaire, épiscopale. On ne se donnait pas l'embarras de leur inventer un crime. Leur nom suflisait,‘ leurs richesses’ les dén onçaient,° leur rang 10 les livrait. On était coupable par quartier, parf rang, par fortune, par parenté, par famille, par religion, par opinion, par sentiments présumés ; ou plutôt? il n’y avait plus ni innocents ni coupables, il n'y avait plus que des proscripteurs et des proscrits.® Ni l’âge ni le sexe, ni la 15 k vieillesse ni l'enfance, ni les infirmités qui rendaient toute’ criminalité naturellement impossible ne sauvaient® : 1 de l'accusation et de la condamnation. Les vieillards "à paralytiques suivaient!! leurs fils, ? les enfants leurs pères, les femmes leurs maris, les filles leurs mères. Celui-ci 20 mourait® pour son nom, celui-là pour sa fortune : tel! pour avoir manifesté son opinion, tel pour son silence, tel pour avoir servi!5 la royauté, tel pour avoir embrassé avec ostentation la République, tel pour n'avoir pas adoré Marat, tel pour avoir regretté les Girondins, tel 25 pour avoir émigré, tel pour êtrel5 resté dans sa demeure, tel pour avoir affamé le peuple en!7 ne dépensant pas son revenu, tel pour avoir affiché rn luxe qui insultait à la misère publique. Raisons, soupçons, prétextes contradictoires, tout? était! bon. Il suffisait de trouver des 3 délateurs dans sa section, et la loi les encourageait?? en
leur donnant une part dans les confiscations. Le peuple, à la fois dénoncisteur,! juge et héritier des victimes, croyait’ s'enrichir des biens confisqués. Quand les prétextes de mort manquaient aux proscripteurs, ils épiaient des conspirations vraies ou simulées dans les prisons. Des espions déguisés sous l'apparence de détenus,” provoquaient des confidences, des soupirs vers la liberté, des plans d'évasion entre les prisonniers, les inventaient quelquefois. puis le révélaient à l’accusateur public. Ils inscrivaient! sur leurs listes de délation des centaines de noms de suspects qui apprenaient’ leurs crimes par leurs accusations : c’est ce qu’on appelait les Journées de la guillotine. Elles faisaient’ du vide dans les cachots. elles entretenaient’ la terreur, elles imposaient le silence au murmure, Chaque jour le nombre des charettes employées à conduire! les condamnés à l’échafaud augmentait. A quatre heurs elles roulaient® par le pont au Change et la rue Saint-Honoré, vers la place de la Révolution. On prolangeait? la route pour prolonger le spectacle au peuple, le supplice aux victimes... c'étaiti0 l'assassinat donné ent! spectacle et en jouissance à tout un peupie.
(IListoire des Girondins, livre LVI.)
Conclusions de M. Claude Desprez sur la capitulation dite de Quiberon.
‘Cette capitulation dont!l* on ne trouve la trace nulle part, diti® M. Desprez, sur quel fondement repose le bruit ui en't est venuif jusqu'à nous? Sur des paroles que l’on"?
30 prête à Sombreuil après sa conférence avec un cheî ré-
publicain... Nous aimons mieux en croire Sombreuil lui-même. Deux fois! il a parlé de la capitulation sur la
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foi de laquelle les émivrés avaient déposé les armes : la première,! c’est dans la lettre qu'il écrivit? à l'amiral Warren ; voici en quels termes : ‘N'ayant plus de ressources, j'en vins’ à une capitulation pour sauver ce qui
ne pouvait échapper, et le cri général de l'armée m'a 6 répondu que tout! ce que était émigré serait prisonnier de guerre et épargné comme les autres,” *
La seconde lettre est datée d'Auray et adressée a Hoche : ‘Toutes vos troupes,” lui dits Sombreuil, ‘se sont engagées® envers le petit nombre qui me reste, et qui 10 aurait nécessairement succombé ; mais, Monsieur, la parole de ceux qui sont venus’ jusque dans les rangs la leur donner, doit être chose sacrée pour vous, ” f
Onf le voit,’ dans ceite seconde lettre comme dans la première, ! il n’est question que de cris de soldats ou tout 15 au plus de paroles sans autorité de quelques officiers, Cependant si Sombrueil eût! traité avec Hoche ou même avec Humbert, il n’eût pas manqué de le rappeler ct de sommer Hoche sur l’hom eur de faire! respecter les promesses qu’il en avait reçues!’ La réponse de Hoche 20 à cette dernière! lettre de Sombreuil ne nous est! point parvenue," inais il fiti! insérer la lettre à l'amiral Warren avec ces lignes : ‘Je dois à l’armée de déclarer qu'il y 4 erreur dans la lettre que je publie : J'étais à la tête des sept cents” grenadiers qui prirent! M. de Sombreuil et sa division ; aucun!? soldat n’a crié que les émigrés seraient traités comme prisonniers de guerre, ce que j'aurais démenti! sur-le-champ. ”
À une si nettel° affirmation nous n'ajouterons qu’un fait, Quelques mois? plus tard, Hoche commandait 30 dans la Vendée. Un’! de ses divisionnaires, le général Bonxaire, fit! fusiller des ennemis qu'il avait pris® au château de Saint-Mesmin. On apporta à Hoche que c'était après leur avoir promis" la vie. !7 ‘he, sur-le- Champ, le mit? aux arrêts, Mieux informé, il leva la punition. . ‘Je pense,” lui écrivait-il, 2 ‘‘que vous ne trouverez pas mauvaise une sévérité exigée par l’honneur, .”
* Savary. Lettre de Sombreuil à l'anural Warren. t Sonibreuil à Hoche, 22 juillet 1795,
D Re a — 1, 48, 8. 111R, 14,261, 20. 35, 2, 508, 9,-278, 15, 73. 21. 491.
Et il ajoute : ‘Il ne pourrait! arriver à un homme &’honneur de trahir ainsi la foi jurée.? * | Concluons” donc que, si les émigrés se sont crus? sous |
la protection d’une capitulation, c’est qu'ils ont pris’ ‘ 5 pou. eux le pardon promis’ par La: soldats républicains, | SEULEMENT AUX PRISONNIERS ENRÔLÉS, que c’est par
te de ce malentendu qu'ils ont livré une vie que
d'ailleurs ils ne pouvaient plus défendre ; mais pro-
clamons? bien haut qu’ils n’ont pas été victimes® d’une 10 pertfidie. (Claude Desprez, Lazare Hoche, p. 214-217.)
2 thermidor an 1V (20 juillet 1796), Arrêté du Directoire. |
PT ©" VO 2 QE OP SRE NE EL pp
‘Le Directoire, voulant’ donner un témoignage de 15 son!° cstime au général Hoche, commandant l’armée des côtes de l'Océan, pour les services qu’il a rendus!! à la patrie et honorer, dans sa personne, !? les braves défenseurs qui, sous ses ordres, ont terminé la longue! et malheureuse!t guerre de la Vendée et des chouans, arrête: 20 ‘‘Ilest fait présent au général Hache, au nom de la République française, 6 des deux plus beaux! chevaux!* existant!” dans les dépôts de la guerre, avec leurs harnais” ; I il recevra également une paire de pistolets de la manufacture d'armes de Versailles.
25 ‘* CARNOT. ” d D. F
Extrait du projet de Carnot pour l’organisation d'une chouannerie en n Angleterre, et dans lequel Hoche puisa les instructions données par J f.
lui à Ja seconde légion des Francs.