SCÈNE X
SYLVIO, MATHÉO.
MATHÉO, entrant avec épouvante.
Sylvio!... Je te cherchais.
SYLVIO, vivement.
Mathéo!... Ne tremble pas, je sais où est mon fils.
MATHÉO, tombant assis.
Oh ! merci, mon Dieu !
SYLVIO
Oui, on devait te l'arracher aujourd'hui.
MATHÉO, se levant.
El tu l'as enlevé?
SYLVIO
Non pas moi, mais sa mère.
MATHÉO.
Sa mère !
SYLVIO
Oui, sa sainte mère, que je viens de remettre sur la route de Florence... Écoute-moi, Mathéo: le souviens-tu que tu m'as dit que, s'il le fallait un jour, tu n'hésiterais pas à quitter la Toscane pour sauver mon petit Juliano?
MATHÉO.
Je t'ai dit, Sylvio, que je pourrais, moi, laboureur, vivre partout où il y a des prés, des champs, des moissons...
SYLVIO
Ecoute bien, Mathéo ; prends cette escarcelle, elle contient assez d'or pour te faire au besoin vivre plusieurs mois ; mets ta fille sur tes bras, cours vite au monastère; tu y trouveras mon fils, que te remettra Lazare le pâtre.
MATHÉO.
Lazare!
SYLVIO
Oui; prends alors, sans te retourner en arrière, le chemin de Naples, et tu auras sauvé peut-être et le père et l'enfant.
MATHÉO.
Je pars, Sylvio.
SYLVIO
r.ientôt je te rejoindrai à Naples, et alors tu ...luras qui je suis, et qui est lanière de Juliano... >ous nous reverrons, Mathéo!