SCENE XIV
RODOLPHO, puis MÉDICIS.
RODOLPHO, entrant inquiet par le fond à droite. Fatalité ! par quelle révélation les archers ontils donc découvert la trace de Cosme de 3Iédicis? je croyais avoir seul surpris ses secrets. Ils Font attaqué dans cette ferme, et l'on voudrait en vain les retenir ; car je ne sais quel défenseur des Médicis a déjà frappé plusieurs des leurs ! mais s'ils tuent Cosme de 3Iédicis, tout mon échafaudage va s'écrouler.
Il va regarder au fond avec inquiétude.
MÉDICIS, sortant de la chapelle et en fermant la porte.
Oui, Juliano, j'appartiens désormais à ta femme, à ton fils, comme ton tme appartient à Dieu.
Il va pour sortir et rencontre Rodolpho.
RODOLPHO, l'apercevant.
Médicis!
MÉDICIS, effrayé.
Encore un ennemi !
Il ramasse l'épée de Juliano qui est à torrc. RODOLPHO, vivement.
Pas d'épéc, Médicis; tu n'as pas affaire à un ennemi, mais à un sauveur...
MÉDICIS, avec surprise.
Mais tu portes l'uniforme des Pazzi!
MAGASIN THÉÂTRAL
RODOLPHO
Et c'est à l'aide de cet uniforme que j'ai pu me procurer ce sauf-conduit qui te permettra de sortir sans danger de la Toscane.
Il lui remet un papier qu'il vient de prendre dans sa ceinture.
MÉDICIS
Un sauf-conduit!... [Avec méfiance.) C'est un piège, sans doute!
RODOLPHO
Mais, si je voulais te perdre, j'appellerais ces soldats à mon aide, et sans retard...
MÉDICIS
En effet !
Il regarde le sauf-conduit. Pendant ce temps-là Giacomo rentre machinalement par la petite porte à gauche , et s'arrête surpris en les regardant.
WVV\\\V\\\W\VV\\'VV\\VV\\VW\\V\\\W\-VW\VV\VVX'W\'WWVWVV
SCÈ^E XV.
Les mêmes , GIACOMO.
RODOLPHO
Aie conflance, Médicis, et hàte-toi, fuis !
MÉDICIS
Mais qui donc es-tu, toi, qui veux protéger ma fuite?
RODOLPHO
On me nomme Rodolphe, le geôlier de Pazzi ; mais ce nom n'est pas le mien.
MÉDICIS
Quel est-il donc?
RODOLPHO
Celui d'un homme qui, sous un faux nom, s'est fait, depuis dix ans, l'àme damnée des Pazzi, parce qu'il pressentait qu'un jour il pourrait te servir contre les Pazzi, tes ennemis. Mon nom est celui d'un homme qui espère racheter aujourd'hui toutes ses fautes passées, d'un homme qui ose espérer ton pardon.
MÉDICIS
Et tu te nommes ?
RODOLPHO, se démasquant.
Regarde, Médicis.
MÉDICIS , avec surprise.
Judaël !
JLDAEL.
Judaël, votre cousin, monseigneur; Judaël, qu'il y a dix ans vous avez maudit et chassé pour une criminelle erreur dont il s'est repenti toujours; Judaël, que l'on croyait mort et qui vous sauve après vous avoir cherché depuis deux jours pour vous offrir votre salut et vous demander à genoux son pardon.
MÉDICIS
Sois pardonné, Judaël!
JUDAEL , vivement, en se relevant.
Merci, monseigneur! Et maintenant fuyez sans retard ; les sbires pourraient arriver jusqu'ici. ( Le fond du théâtre s'éclaire. ) Mais la ferme est en feu, et l'on vous reconnaîtrait à la lueur de cet incendie.
MÉDICIS
Par quel chemin m'échapper?
GIACOMO, élevant la voix et désigant la petite porte par laquelle il est entré.
Par ici, monseigneur Cosme de Médicis.
JUD.VEL , épouvanté.
MÉDICIS
Nous nous reverrons, Judaël !
GIACOMO, entra'inant Médicis.
Par ici! la route est obscure et déserte. Allez! et que Dieu vous garde, monseigneur !
Il ferme la porte.
VWWV VWV\ VX V
xwvwwwwww