COSME, LA DUCHESSE, JUDAËL
JUDAEL, entrant par la droite.
Grande nouvelle, monseigneur ; Juliano le porteenseigne est innocent de ce vol commis cette nuit chez vous.
COSME
Que dit-il?
LA DUCHESSE
Achevez, Judaël.
JUDAEL.
L'on vient d'arrêter, comme il sortait de Florence, un homme infirme, un mendiant qui cachait sous ses haillons la cassette qui vous a été dérobée cette nuit.
COSME
Mais Juliano se dit coupable.
JUDAEL.
Il ne l'est pas, monseigneur. {A voix basse.) II y a là-dessous un grand mystère.
LA DUCHESSE
Mais cet homme... en l'interrogeant on se convaincra de l'innocence de Juliano.
Qu'on le fasse venir.
JUDAEL.
J'ai donné l'ordre qu'il vous fût amené ; mais en vain vous voudrez l'interroger, je vous ai dit que c'était un mendiant infirme; il e^t muet.
COSME
Muet?
JUDAEL.
Oui, monseigneur... et Galeotto l'a reconnu pour l'avoir vu jusqu'à la nuit rôder autour du palais ; il est sans aucun doute l'auteur du vol et le porte-enseigne est innocent.
COSME
Juliano innocent!... s'il en pouvait être ainsi f quelle joie pour ce vieillard lout-à-l'heurc si désespéré, pour cette pauvre jeune fille !
LA DUCHESSE
Monseigneur, peut-être ne sont-ils pas encore sortis du palais... Permettez que je coure les arrêter s'il en est temps encore... J'aurai tant de bonheur à leur annoncer cette nouvelle que Judaël nous apporte!
COSME
Allez, duchesse; qu'ils ne pleurent plus, qu'ils espèrent.
LA DUCHESSE
Je cours, monseigneur. ( A part, en sortant
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joyeuse.) Oh! maintenant, moi, je puis leur affirmer son innocence.
Elle sort.
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