‹ Lazare le patreChapitre 6 sur 64 · LAZARE. SYLVIO · texte numérisé non relu

LAZARE. SYLVIO

LAZARE, tendant la main à Sylvie.

Tu le vois, frère, on nous rend au moins justice.

SYLVIO, lui prenayit la main.

Oui, frère ; et Cosme de Médicis, qu'hier nous îivons vainement attendu dans la ferme voisine, y viendra peut-être avant la fin du jour.

LAZARE

S'il n'y vient pas, Juliano, demain il nous faudra partir, toi caché sous ces habits de moissonneur, et moi, sous ceux que m'a donnés le pâtre Lazare.

SYLVIO, tristement.

Partir!... Pardonne-moi, frère, si je pense à mon enfant, à Nativasa mère.

LAZARE

Songe bien, frère, que sa mère est la fille du duc Vital Pazzi, notre plus puissant ennemi, et que vouloir s'approcher d'elle serait presque oublier qu'une imprudence pourrait la perdre aussi.

Tu as raison ; nous devons nous éloigner de Florence, où nos jeunes frères sont morts en rebelles.

LAZARE

Non, frère, ils sont morts en héros.

SYLVIO, s appuyant douloureusement sur Lazare. Et nous n'avons pas même pu les ensevelir.

Il reste un instant silencieux dans cette attitude.

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