scène vm
les précédents, Sabine, paraissant dans le fond Sjbine. — Moi ! ! I
ficelle folle. — Il y a au théâtre trois remèdes qui ne manquent jamais de guérir la folie:
L'amour,
Une chanson,
Le village où est né le pauvre aliéné.
Au moment suprême où on va guérir le fou ou la folle, tous les personnages se mettent à l'écart et suivent avec anxiété les péripéties de la cure.
Quand l'objet aimé est entré,
Quand la chanson est chantée,
Quand on aperçoit au fond le décor du premier acte, l'un d'eux sort bruyamment en s'écriant :
— Il ou elle a pleuré, il ou elle est sauvé I
FICELLES AVANT, PENDANT ET APRÈS LA LETTRE. — Il
n'est point sur la scène de lettres closes. Ordinaire-
ment, les femmes les laissent traîner ; le mari s'en saisit; les domestiques les entr'ouvrent; les maîtres les lisent par-dessus l'épaule, comme dans l'Avocat du Diable, Tune des plus jolies pièces du Gymnase.
Les lettres et les papiers jouent un graud mais unique rôle, dans les drames.
Les lettres servent à faire chanter.
Des papiers importants, dont on ne sait jamais le contenu, font la convoitise du traître, qui s'écrie de temps à autre :
— Oh ! ces papiers! ces papiers !
Lorsqu'on brûle un acte ou un écrit de quelque valeur ou d'une nécessité absolue pour le dénoûment, il ne faut pas s'inquiéter, il y en a toujours un double. (Voir le Roman d'un jeune homme pauvre.)
ficelle sublime. — Un chef-d'œuvre au hasard ; Rmj Blas, si vous voulez.
Ruy Blas, laquais, devient amoureux de la reine ; pour elle, il va chaque jour bien loin chercher des fleurs bleues d'Allemagne, dont elle raffole. Afin que ces fleurs soient trouvées par sa royale amante, il les dépose le long d'un banc où chaque jour elle va s'as-
seoir. Mais, pour arriver à ce banc, il faut franchir le mur du parc,
Et l'on rencontre en haut Ces broussailles de fer qu'on met sur les murailles.
Parfois le pauvre fou y laisse des lambeaux de chair et de manchettes. La reine, qui n'est pas anthropophage, laisse la chair mais prend la dentelle. — Oh ! les femmes î
Plus tard, par un coup du sort et de don Salluste, Ruy Blas, devenu gentilhomme, est chargé parle roi d'un message pour la reine.
Sans hésiter, la reine reconnaît son amoureux anonyme.
A quoi? A ses manchettes.
— C'est la même dentelle ! murmure la femme du roi.
Sur le moment, cela émeut plus qu'on ne pourrait le dire ; mais l'intérêt qu'inspire Ruy Blas diminue un peu, lorsqu'on réfléchit qu'il n'a pas changé de chemise depuis trois semaines.