X XI
mérite que les autres. Tournant la tète vers les Invalides,
souriant légèrement. Quant à VOUS, nous nous Comprenons.
Murmure approbalif des Invalides.
DE FLUE, flegmatique
Bah! C'est la guerre.
Un Invalide siffle : « Où peut-on être mieux qu'au sein de sa famille ? »
YINTIMILLE, se tournant vers lui, avec un geste un peu dédaigneux
Chut! Montre moins ta joie. C'est indécent, mon ami.
l'invalide
Monseigneur, c'est malgré moi.
VINTIMILLE, avec un sourire méprisant
Te voilà bien fier d'être battu !
l'invalide, avec chaleur
Nous ne sommes pas battus ! — Jamais ils n'auraient pris la Bastille, si nous n'avions voulu qu'ils la prissent.
Ses compagnons l'approuvent.
VINTIMILLE, même jeu
Tu vas dire que c'est nous qui avons pris la Bastille?
L INVALIDE
Il y a du vrai là-dedans.
VINTIMILLE Au fait. — A ton poste. — Après un silence, haut.
Ouvrez la porte. — Baissez le pont-levis.
Quelques hommes ouvrent la porte, et baissent lentement le pont-levis, devant les vociférations grandissantes de la foule.
VINTIMILLE, méprisant
Voici donc le nouveau Roi !
Le pont-le\às est baissé. — Une clameur formidable éclate. Une marée humaine se rue à l'ouverture de la porte, têtes fourmillantes et hurlantes, hommes et femmes avec des fusils, des piques et des haches. Au premier rang, Gonchon, poussé, agite un sabre et crie. — Hoche et Hulin se débattent en vain pour les calmer. — Des cris de mort et de victoire.
VINTIMILLE, se décou^Te
Messieurs, la Canaille.
QUELQUES INVALIDES, agitant leurs chapeaux, pris d'un brusque transport
Vive la Liberté !
VINTIMILLE
Eh ! messieurs, par pudeur !
LES INVALIDES, plus fort, avec un enthousiasme débordant
Vive la Liberté ! — ils se débarrassent de leurs fusils, et se jettent dans les bras du peuple.
VINTIMILLE, ironique et dédaigneux, haussant les épaules
Eh! pauvre raison humaine, comme tu es peu solide ! — Adieu, monsieur de Vintimille. — n brise
son épée.
Gonchon, égaré, hors de lui, poussé par le peuple, — la vieille fruitière, — et une tourbe de furieux se jettent sur Vintimille, de Flue, et leurs soldats, les enveloppent, les entraînent, les repoussent hors de la scène, avec des cris sauvages .
GONCHON
Élripons-les !