STANCES
La terre brillante de fleurs Fait éclater mille couleurs D'aujourd'hui seulement connues.
L'astre du jour en souriant, Jette sur la face des nues L'or et l'argent dont il peint l'Orient.
Le ciel est couvert de saphirs.
Les doux et gracieux zéphyrs Soupirent mieux que de coutume.
L'aurore a le teint plus vermeil ; Et semble ^ que le jour s'allume D'un plus beau feu que celui du soleil.
Les oiseaux aux charmantes voix Mieux que jamais dedans - un bois Se font une amoureuse guerre.
Sans doute la troupe des Dieux A quitté le ciel pour la terre, Ou la divine Orante est en ces lieux...
Ainsi, sortant de Fontenay, Dedans^ le chemin de Gournay Faisant des vers à l'aventure, Suivant l'humeur qui l'emportait, L'insensible et le froid Voiture Parlait d'amour comme s'il en^ sentait.
Les Nymphes des eaux et des bois.
Ecoutant sa dolente voix, Ne purent s'empêcher de rire.
Mais un Faune qui l'entendit Aux Dryades se prit à dire :
« Possible ^ est-il plus vrai ^ qu'il ne le dit. »
1. JS/ sem&Ze. Et il semble. Cf. p.l 6, 5. Possible. Peut-être. Le mot
n. 1. se trouve encore dans la Fontaine
2, 3. Dedans. Dans. Cf. p. 18, n. 5. avec ce sens. '
4. En. Substitut d'amour, qui 6. Es/-// pZus L-raf. Est-il (Voiture)
n'est pas déterminé. Cf. p. 83, n. 8. plus sincère.