SONNET A URANIE
Il faut finir mes jours en l'amour d'Uranie ; L'absence ni le temps ne m'en sauraient guérir, Et je ne vois plus rien qui me pût - secourir Ni qui sût rappeler ma liberté bannie.
Dès longtemps, je connais sa rigueur infinie ; Mais, pensant aux beautés pour qui je dois périr. Je bénis mon martyre, et content de mourir, Je n'ose murmurer contre sa tyrannie.
Quelquefois ma raison, par de faibles discours. M'incite à la révolte, et me promet secours ^. Mais, lorsqu'à mon besoin * je veux me servir d'elle,
1. Fit mille fleurs éclore. Fit éclore 3. Promet secours. Cf. p. 12, n. 3. mille fleurs. Cf. p. 12, n. 6. 4. A mon besoin. Dans les moments
2. Pût. Subjonctif et conditionnel. où j'en sens le besoin. Cf. au besoin CL p. 54, n. 5. = dans le besoin.
Après beaucoup de peine et d'efforts impuissants,
Elle dit qu'Uranie est seule aimable et belle,
Et m'y rengage ^ plus que ne font tous mes sens ^.
SOx\NET UE LA BELLE MATLNEUSE
Des portes du matin l'amante de Céphale ^ Ses roses épandait ^ dans le milieu des airs, Et jetait sur les cieux nouvellement ouverts Ces traits d'or et d'azur qu'en naissant elle étale,
Quand la Nymphe divine, à mon repos fatale. Apparut et briUa de tant d'attraits divers, Qu'il semblait qu'elle seule éclairait l'univers Et remplissait de feux la rive orientale.
Le soleil se hâtant pour la gloire des cieux Vint opposer sa flamme à l'éclat de ses yeux Et prit tous les rayons dont l'Olympe se dore.
1. M'y rengage. Me rengage à se partagèrent entre le sonnet à Uranie (cf. p. 30, n. 6), au service Uranie et celui que fit Benserade d'Uranie. sous le nom de Job. Voici le sonnet