PUBLICITE DES SEANCES LES JOURS DE RECEPTION
Le jour de ma réception, je fis une 'harangue dont la Compagnie témoigna être très satisfaite, et j'eus lieu de croire que ses louanges étaient sincères. Je leur^ dis alors que, mon discours leur ayant fait plaisir, il aurait fait plaisir à toute la terre, si elle avait pu m' entendre ; qu'il me semblait qu'il ne serait pas mal à propos que l'Académie ouvrît ses portes aux jours de réception et qu'elle se fît voir dans ces sortes de cérémonies lorsqu'elle est parée, de même qu'il est très bon qu'elle les ferme lorsqu'elle travaille à son Dictionnaire, parce que le public n'est pas capable de connaître les beautés de ce travail, qu'on ne peut faire sans disputes - et même quelquefois sans chaleur. Ce que je dis parut raisonnable, et d'ailleurs la plupart s'imaginèrent que cette pensée m'avait été inspirée par M. Colbert. Ainsi tout le monde s'y rangea et l'approuva d'une voix commune...
Le premier qui fut reçu après moi fut M. l'abbé Fléchier, évêque de Nîmes ^ Il y eut une foule de monde et de beau monde à sa réception, et le pubHc témoigna une extrême joie de ce nouvel établissement *.
On peut dire que l'Académie changea de face à ce moment ; de peu connue qu'elle était, elle devint si célèbre, qu'elle faisait le sujet des conversations ordinaires.
{Mémoires de Ch. Perrault.)
1. Leur. AuxAcadémiciens,Syllepse. et qui firent un genre à part du mo-
2. Disputes. Discussions. CL p. : 5, ment qu'ils se prononcèrent en pun. 8. blic, sont une des nouveautés qu'on
3. Fléchier entra à l'Académie doit à Perrault, et une de ces nouen 1673. veau tés qui sont assez dans les
4. Etablissement. Règlement. — mœurs françaises pour avoir gardé • Ainsi ces discours, qui devinrent de leur attrait. » (Sainte-Beuve, plus châtiés, plus académiques, Lundis, t. V).