‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 161 sur 511 · VAUGELAS GREFFIER DE L'L'SAGE · texte numérisé non relu

VAUGELAS GREFFIER DE L'L'SAGE

Ce ne sont pas ici des lois que je fais pour notre langue de mon autorité privée ; je serais bien téméraire, pour ne pas dire insensé ; car à quel titre et de quel front prétendre un pouvoir 1 qui n'appartient qu'à V Usage, que chacun reconnaît f)Our le maître et le souverain des langues vivantes? Il faut pourtant que je m'en justifie d'abord, de peur que ceux qui comdamnent les personnes sans les ouïr ne m'en accusent, comme ils ont fait - cette illustre et célèbre compagnie ' qui est aujourd'hui l'un des ornements de Paris et de l'éloquence française. Mon dessein n'est pas de réformer notre langue, ni d'abohr des mots, ni d'en faire, mais seulement de montrer le bon usage de ceux qui sont faits *, et, s'il est douteux ou inconnu, de l'éclaircir ou de le faire connaître. Et tant s'en faut que j'entreprenne de me constituer juge des différends de la langue, que je ne prétends passer que pour un simple témoin, qui dépose ce qu'il a vu et ouï, ou pour un homme qui aurait fait un recueil d'arrêts qu'il donnerait au public. C'est pourquoi ce petit ouvrage a pris le nom de Be marques.

{Préface des Remarques sur la langue française.)

DEFINITION DE L'oSAGE

Il est nécessaire d'expliquer ce que c'est que cet usage dont on parle tant et que tout le monde appelle le roi ou le tyran, l'arbitre ou le maître des langues. Car, si ce n'est autre chose, comme quelques-uns se l'imaginent, que la

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