Soins. Soucis. Cf. p. 26, n. 10. courbes
4. Poêle. Chambre chauffée par 8. Que. Dans lequel, où. Cf. p. 41 un poêle. n. 5.
se sont assemblés, ont observé les con8titiitions de quelque prudent ^ législateur. Comme il est bien certain que l'état de la vraie religion, dont Dieu seul a fait les ordonnances, doit être incomparablement mieux réglé que tous les autres. Et, pour parler des choses humaines, je crois que, si Sparte a été autrefois très florissante, ce n'a pas été à cause de la bonté de chacune de ses lois en particulier, vu que plusieurs étaient fort étranges et même contraires aux bonnes mœurs, mais à cause que -, n'ayant été inventées que par un seul ^, elles tendaient toutes à même fin ^ Et ainsi je pensai que les sciences des livres, au moins celles dont les raisons ne sont que probables et qui n'ont aucunes démonstrations, s'étant composées et grossies peu à peu des opinions de plusieurs diverses personnes, ne sont point si approchantes de la vérité que les simples raisonnements que peut faire naturellement un homme de bon sens touchant les choses qui se présentent. Et ainsi encore je pensai que. pour ce que ^ nous avons tous été enfants avant que d'être hommes, et qu'il nous a fallu longtemps être gouvernés par nos appétits et nos précepteurs, qui étaient souvent contraires les uns aux autres, et qui, ni les uns ni les autres, ne nous conseillaient peut-être pas toujours le meilleur, il est presque impossible que nos jugements soient si purs ni ^ si solides qu'ils auraient été. si nous avions eu l'usage entier de notre raison dès le point de notre naissance, et que nous n'eussions jamais été conduits que par elle.
Il est vrai que nous ne voyons point qu'on jette par terre toutes les maisons d'une ville pour le seul dessein de les refaire d'autre façon " et d'en rendre les rues plus belles ; mais on voit bien que plusieurs font abattre les leurs pour les rebâtir, et que même quelquefois ils y sont contraints, quand elles sont en danger de tomber d'elles-mêmes et que les fondements n'en sont pas bien fermas. A l'exemple de quoi je me persuadai qu'il n'y aurait véritablement point d'apparence qu'un particulier fit dessein " de réformer un Etat en
1. Prudent. Sage, éclairé.Cf. p. 28, 5. I^our ce que. Pour cette raison n. 10. que. Cf. p. 37, n. 2.
2. A cause que. Cf. p. 112, l. 1. «• -^ '• Au lieu de et, la propoo T ,.^„T-m.o sition équivalant à une négative. f- -^JCiirgue. - j^^^^jif.^ ^„çon. D'une autre 4. A même fin, A la même fin. Cf. façon. Cf. p. 20, n. 13.
p. 20, n. 13. 8. Fit dessein. Cf. p. 12, n. 3.
y changeant tout dès les fondements et en le renversant pour le redresser, ni même aussi ^ de réformer le corps des sciences ou l'ordre établi dans les écoles pour les enseigner ; mais que, pour toutes les opinions que j'avais reçues jusques alors en ma créance, je ne pouvais mieux faire que d'entreprendre une bonne fois de les en ôter, afin d'y en remettre par après - ou d'autres meilleures, ou bien les mêmes ^, lorsque je les aurais ajustées au niveau de la raison. Et je crus fermement que par ce moyen je réussirais à conduire ma vie beaucoup mieux que si je ne bâtissais que sur de vieux fondements et que je ne m'appuyasse que sur les principes que je m'étais laissé persuader en ma jeunesse, sans avoir jamais examiné s'ils étaient vrais.
{Ibid., 2e partie).
LA CULTURE DE LA RAISOxX ET LE DOUTE METHODIQUE
... Je m'avisai de faire une revue sur les diverses occupations qu'ont les hommes en cette vie, pour tâcher à faire choix de la meilleure ; et, sans que je veuille rien dire de celles des autres, je pensai que je ne pouvais mieux que de continuer ^ en celle-là même où je me trouvais, c'est-à-dire que d'employer toute ma vie à cultiver ma raison ^, et m'avancer ^ autant que je pourrais en la connaissance de la vérité, suivant la méthode que je m'étais prescrite. J'avais éprouvé de si extrêmes contentements depuis que j'avais commencé à me servir de cette méthode, que je ne croyais pas qu'on en pût recevoir de plus doux ni de plus innocents en cette vie : et, découvrant ' tous les jours par son moyen quelques vérités qui me semblaient assez importantes et communément ignorées des autres hommes, la satisfaction que j'en avais remplissait tellemen mon esprit, que tout le reste ne me
1. Aussi. Non plus. Cf. p. 11, n, 5. continuer. Dans l'usage moderne,