CHAPITRE III (i) MAIRET
SOPHOXISBE ET MASSIXISSE
SOPHONISBE 1
Je ne demande pas à vos mains libérales Ni - mon sceptre perdu, ni ses pompes royales ; Car j'atteste les dieux que, quand je les aurais, Avec l'âme et le cœur je vous les donnerais ; Mais, si le sentiment de la misère humaine Vous fait avoir pitié de la dolente ^ reine, Naguère l'ornement de sa condition * Et maintenant l'objet de la compassion, Donnez-moi l'un des deux ^ : ou que jamais le Tibre Ne me reçoive esclave, ou que je meure libre. Nous vous en conjurons, mes disgrâces et moi. Par le nom africain ^, par le titre de roi, De qui la majesté de tout temps sacro-sainte Souffrirait en ma honte une publique atteinte, Par les sceptres que j'eus, par ceux que vous avez. Par ces sacrés genoux de mes larmes lavés. Par ces vaillantes mains toujours victorieuses, Bref par vos actions en tout si glorieuses.
MASSINISSE
Dieux ! faut-il qu'un vainqueur expire sous les coups De ceux qu'il a vaincus ! Madame, levez-vous !