Chef. Tête. 8. ^Marcelle a supposé que Genest
4. En effet. Effectivement. Se rap- s'est lait chrétien par mécontenteporte à punis. ment contre l'Empereur qui ne ré-
5. Sont capables de. Peuvent rece- compense pas assez son talent, voir. Sens étymologique de capable. 9. A m'en être promis. Construc-
6. Hcjjr.Bonheur. Cf. p. 21, n. 8. tion libre de l'infmitif. Cf. p. 54,n. 1.
196 I.E XVIIe SIECLE PAR LES TEXTES
Sont pour eux des tributs de devoir et d'amour
Où ^ le ciel nous oblige en nous donnant le jour ;
Comme aussi - j'ai toujours, depuis que je respire,
Fait des vœux pour leur gloire et pour Theur ^ de l'empire.
Mais où je vois s'agir ^ de l'intérêt d'un Dieu
Bien plus grand dans le ciel qu'ils ne sont en ce lieu,
De tous les empereurs l'empereur et le maître,
Qui seul me peut sauver, comme il m'a donné l'être,
Je soumets justement leur trône à ses autels,
Et contre son honneur ne dois rien aux mortels.
Si mépriser leurs dieux est leur être rebelle,
Croyez qu'avec raison je leur suis infidèle.
Et que, loin d'excuser cette infidélité,
C'est un crime innocent dont je fais vanité.
Vous verrez si des dieux de métal et de pierre
Seront puissants au ciel comme on les croit ^ en terre ^,
Et s'ils vous sauveront de la juste fureur
D'un Dieu dont la créance ' y passe pour erreur :
Et lors ces malheureux, ces opprobres des villes,
Ces femmes, ces enfants et ces gens inutiles,
Les sectateurs enfin de ce crucifié,
Vous diront si sans cause ils l'ont déifié.
Ta grâce peut, Seigneur, détourner ce présage.
Mais, hélas ! tous l'ayant, tous n'en ont pas l'usage ;
De tant de conviés bien peu suivent tes pas,
Et, pour être appelés ^, tous ne répondent pas.
MARCELLE
Cruel, puisqu'à ce point cette erreur te possède. Que ^ ton aveuglement est un mal sans remède. Trompant au moins César, apaise son courroux. Et, si ce n'est pour toi, conserve-toi pour nous.
1. Où. Auxquels. Construction du 6. En terre. Sur lajterre. Cf. 'p. 98, temps. n. 1, et p. 18, n. 2.
2. Comme aussi. Aussi bien, c'est 7. Dont la créance. La créance de ainsi que. Dieu sif^nifie la croyance en Dieu. —
.3. Heur. Bonheur. Cf. p. 21, n. 8. Sur créance, cf. p. 191, n. 4.
4. Je vois s'agir. Je vois qu'il s'a- 8. Poi/r être appelés. Quoiqu'ils git. soient appelés.
5. Comme on les croit. Comme on 9. Que. Dépend sans doute de à croit qu'ils le sont. ce point.
ROTROU iy7
Sur la foi de ton Dieu fondant ton espérance, A celle de nos dieux donne au moins l'apparence ^. Et, sinon sous un cœur -, sous un front plus soumis, Obtiens pour nous ta grâce, et vis pour tes amis.
GENEST
Notre foi n'admet point cet acte de faiblesse ; Je la dois publier, puisque je la professe. Puis-je désavouer le maître que je sui ^ ? Aussi bien que nos cœurs, nos bouches sont à lui. Les plus cruels tourments n'ont point de violence Qui puisse m'obliger à ce honteux silence...
MARCELLE
César n'obtenant rien, ta mort sera cruelle.
GENEST
Mes tourments seront courts, et ma gloire éternelle.
MARCELLE
Quand la flamme et le fer paraîtront à tes yeux...
GENEST
M'ouvrant la sépulture, ils m'ouvriront les cieux.
MARCELLE
O dur courage d'homme !
GENEST
O faible cœur de femme !
MARCELLE
Cruel ! sauve tes jours.
GENEST
Lâche ! sauve ton âme.
MARCELLE
Une erreur, un caprice, une légèreté,
Au plus beau de tes ans, te coûter la clarté * !
GENEST
J'aurai bien peu vécu, si l'âge se mesure Au seul nombre des ans prescrit par la nature ; Mais l'âme qu'au ^ martyre un tyran nous ravit Au séjour de la gloire à jamais se survit.
1. Fais semblant de croire à nos poétique plus fréquente avec d'audieux. très verbes, avec ceux, par exemple,
2. Avec sous un cœur, il faut sup- qui ont la première personne de l'inpléer plus soumis exprimé avec dicatif présent en ois.
sous un front. 4. La clarté. La vie.
3. Sui. Du verbe suivre. Licence 5. Au. Dans le. Cf. p. 11, n. 7.
i'JS LE XVIl^ SIECLE PAR LES TEXTES
Se plaindre de mourir, c'est se plaindre d'être homme ; Chaque jour le détruit \ chaque instant le consomme- ; Au moment qu'il ' arrive, il part pour le retour, Et commence de perdre * en recevant le jour.
MARCELLE
Ainsi rien ne te touche, et tu nous abandonnes ?
GENEST
Ainsi^ je quitterais un trône et des couronnes : Toute perte est légère à qui s'acquiert un Dieu.
{Le geôlier rentre).