OCTAVE
0 fatale rencontre !
VENCESLAS
Est-ce vous, Ladislas, Dont la couleur ^ éteinte et la vue égarée Xe marquent plus qu'un corps dont l'âme est séparée ? En quel lieu, si saisi, si froid et si sanglant, Adressez-vous ce pas incertain et tremblant ? Qui vous a si matin tiré de votre couche ? Quel trouble vous possède et vous ferme la bouche .-
LADISLAS
Que lui dirai- je, hélas !
VENCESLAS
Répondez-moi, mon fils ; Quel fatal accident...
LADISLAS
Seigneur, je vous le dis :
J'allais... j'étais... l'Amour a sur moi tant d'empire... Je me confonds -, Seigneur, et ne vous puis rien dire.
VENCESLAS
D'un trouble si confus un esprit assailli Se confesse coupable, et qui craint a failli. N'avez-vous point eu prise ^ avecque ^ votre frère ? Votre mauvaise humeur lui fut toujours contraire, Et si, pour l'en garder, mes soins n'avaient pourvu...
LADISLAS
M'a-t-il pas satisfait ^? Non, je ne l'ai point vu.
VENCESLAS
Qui ^ vous réveille donc avant que la lumière Ait du soleil naissant commencé la carrière ?
LADISLAS
N'avez-vous pas aussi précédé son réveil ?
VENCESLAS
Oui, mais j'ai mes raisons qui bornent mon sommeil.