‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 207 sur 511 · Objets. Honorie et Ildione. meurtrier de Valamir · texte numérisé non relu

Objets. Honorie et Ildione. meurtrier de Valamir

HONGRIE

Tu pourrais être lâche et cruel jusque-là !

ATTILA

Encor plus, s'il le faut, mais toujours Attila, Toujours l'heureux objet de la haine publique. Fidèle au grand dépôt du pouvoir tyrannique. Toujours

HONGRIE

Achève, et dis que tu veux en tout lieu Etre l'effroi du monde et le fléau de Dieu. Etale insolemment l'épouvantable image De ces fleuves de sang où se baignait ta rage. Fais voir

ATTILA

Que vous perdez de mots injurieux A me faire un reproche et doux et glorieux ! Ce Dieu dont vous parlez, de temps en temps sévère, Ne s'arme pas toujours de toute sa colère ; Mais, quand à sa fureur il livre l'univers. Elle a pour chaque temps des déluges divers. Jadis, de toutes parts faisant regorger l'onde. Sous un déluge d'eaux il abîma le monde ; Sa main tient en réserve un déluge de feux Pour le dernier moment de nos derniers neveux ; Et mon bras, dont il fait aujourd'hui son tonnerre. D'un déluge de sang couvre pour lui la terre.

HONGRIE

Lorsque par les tyrans ^ il punit les mortels. Il réserve sa foudre à ces grands criminels Qu'il donne pour supplice à toute la nature ^, Jusqu'à ce que leur rage ait comblé la mesure. Peut-être qu'il prépare en ce même moment A de si noirs forfaits l'éclat du châtiment. Qu'alors que ta fureur à nous perdre s'apprête. Il tient le bras levé pour te briser la tête. Et veut qu'un grand exemple oblige de trembler Quiconque désormais t'osera ressembler.

1. Par les tyrans. Par l'intermé- 2. Par lesquels il fait, comme dit

diaire, par les mains des tyrans. Balzac, « tourmenter le monde ».

s 14 LE XV W SIÈCLE PAR LES TEXTES

ATTILA

Eh bien, en attendant ce changement sinistre, J'oserai jusqu'au bout lui servir de ministre, Et faire exécuter toutes ses volontés Sur vous et sur des rois contre moi révoltés. Par des crimes nouveaux je punirai les vôtres, Et mon tour à ^ j^érir ne viendra qu'après d'autres.

HONGRIE

Ton sang. qui. chaque jour, à longs flots distillés -, S'échappe vers ton fj-ère et six rois immolés, Te dirait-il trop bas que leurs ombres t'appellent ? Faut-il que ces avis par moi ^ se renouvellent ? Vois, vois couler ce sang qui te vient avertir, Tyran, que, pour les joindre^, il faut bientôt partir.

{Attila, acte V, scène m.)

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