‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 223 sur 511 · DIGNITE DE LA TRAGEDIE · texte numérisé non relu

DIGNITE DE LA TRAGEDIE

Lorsqu'on met sur la scène une simple intrigue d'amour entre des rois, et qu'ils ne courent aucun péril ni de leur vie, ni de leur Etat, je ne crois pas que, bien que les personnes soient illustres, l'action le soit assez pour s'élever jusqu'à la tragédie. Sa dignité demande quelque grand intérêt d'Etat ou quelque passion plus noble et plus mâle que l'amour, telles que sont l'ambition ou la vengeance, et veut donner à craindre des malheurs plus grands que la perte d'une maîtresse. Il est à propos d'y mêler l'amour parce qu'il a toujours beaucoup d'agrément et peut servir de fondement à ces intérêts et à ces autres passions dont je parle ; mais il faut qu'il se contente du second rang dans le poème et leur laisse le premier.

(Ibid.)

1. Non plus. Pas plus. Construc- sujet d'une tragédie ne doit pas lion vieillie. être vraisemblable, il entend par

2. Préoccupation. Prévention. Cf. vraisemblable ce qui arrive journellep. 169, n. 2. ment dans le train ordinaire de la

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