‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 283 sur 511 · A LA M Ê 31 E · texte numérisé non relu

A LA M Ê 31 E

12 juillet 1671.

...Av^ez-vous la cruauté de ne point achever Tacite? Laisserez-vous Germanicus au milieu de ses conquêtes ? Si vous lui faites ce tour, mandez-moi l'endroit où vous serez demeurée, et je l'achèverai ; c'est tout ce que je puis faire pour votre service. Nous achevons le Tasse avec jjlaisir; nous y trouvons des beautés qu'on ne voit point quand on n'a qu'une demi-science ^ Xous avons commencé la Morale - ; c'est de la même étoffe que Pascal^.. .

Je reviens à nos lectures, et, sans préjudice de Cléopâtre\ que j'ai gagé d'achever ; vous savez comme je soutiens les gageures. Je songe quelquefois d'où vient la folie que j'ai pour ces sottises-là ; j'ai peine à le comprendre. Vous vous souvenez peut-être assez de moi pour savoir que je suis assez blessée des ^ méchants styles ; j'ai quelque lumière pour les bons, et personne n'est plus touché que moi des charmes de l'éloquence. Le style de La Calprcnède est maudit en mille endroits ; de grandes périodes de romans, de méchants mots, je sens tout cela. J'écrivis l'autre jour une lettre à mon fils de ce style, qui était fort plaisante ^. Je trouve donc qu'il est détestable, et je ne laisse pas de m'y prendre comme à la glu. La beauté des sentiments, la violence des passions, la grandeur des événements et le succès miraculeux de leurs redoutable épée ", tout cela m'entraîne comme une petite fille : j'entre dans leurs affaires ^ et, si je n'avais M. de la Rochefoucauld et M. d'Hacqueville ^ pour me consoler, je me pendrais de trouver encore en moi cette faiblesse...

1. Une demi-science. Une demi- 6. Une lettre à mon fils, de ce stij le, connaissance de l'italien. qui était fort plaisante. Cf. p. 14,

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