‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 29 sur 511 · Serait-ce raison. Serait-il juste. 15. Barre. Barrière · texte numérisé non relu

Serait-ce raison. Serait-il juste. 15. Barre. Barrière

8. Même loyer. Cf. p. 20, n. 13. — 16. Heur. Bonheur. Cf. p. 21, n. 8. Loyer. Récompense, salaire. 17. Comme. Au moment où.

LE XVIl^ SIÈCLE. — 3

34 LE Al 7/^ SIECLE PAR LES TEXTES

Là rendront tes guerriers ^ tant de sortes de preuves - Et d'une telle ardeur pousseront leurs efforts, Que le sang étranger fera monter nos fleuves Au-dessus de leurs bords.

Par cet exploit fatal ^ en tous lieux va renaître La bonne opinion des ' courages français ; Et le monde croira, s'il doit avoir un maître, Qu'il faut que tu le sois ^.

Oh ! que pour avoir part en si belle aventure Je me souhaiterais la fortune d'Eson ^, Qui, vieil " comme je suis, revint contre nature En sa jeune saison !

De quel péril extrême est la guerre suivie ^, Où je ne fisse ^ voir que tout l'or du Levant N'a rien que je compare aux honneurs d'une vie Perdue ^° en te servant ?

Toutes les autres morts n'ont mérite ni marque ^^ ; Celle-ci porte seule un éclat radieux, Qui ^- fait revivre l'homme et le met de la barque " A la table des Dieux.

Mais quoi ? tous les pensers dont les ^^ âmes bien nées Excitent leur valeur et flattent leur devoir ^^, Que sont-ce que ^^ regrets quand le nombre d'années Leur ôte le pouvoir ^' ?

1. Là rendront tes guerriers.l.'inyeT- et le participe, est encore fréquente sion du sujet se faisait, non seule- du temps de ^Nlalhcrbe.

ment, comme dans l'usage moderne, 9. Fisse. Subjonctif conditionnel,

après anssi, peu/'é/rc, etc., mais après 10. D'une oie perdue. De la perte

là, or, bien, ainsi, et même et. d'une vie. Cf. p. 12, n. 7.

2. Preuves. Dans le sens où l'on 11. Marque. Titre d'honneur. Cf. dit faire ses preuves. p. 25, n. 11.

.3. Fatal. Que prescrit le destin. 12.Ce//e-cir/jn'.Cellequi.Cf.p.l4,n.7.

Cf. p. 26, n. 1. 1.3. La barque de Caron.

4. Des. Sur les. Cf. p. 19, n. 4. 14. Don/. Par lesquels.Cf.p.ll. n.2.

5. .Sois. Pour la rime, cf. p. 30, 15. Flattent leur devoir. L.e rendent n. 10. plus facile,s'encouragent à l'accomplir.

6. Médée le rajeunit par ses filtres. 10. Que sont-ce que. Quelle autre

7. Vieil. On disait indifféremment chose sont-ce que. Cf. p. 30, n. 4. vieil ou vieux. 17. « On croirait entendre déjà

8. Est la querre suivie. Cette inver- don Diègue dans le Cid. » (Saintesion du sujet, mis entre l'auxilliaire Beuve. Nouveaux Lundis, t. XIII).

- Ceux à qui la chaleur ne bout plus dans les veines En vain dans les combats ont des soins diligents ; - Mars est comme l'Amour : ses travaux et ses peines Veulent de jeunes gens ^.

Je suis vaincu du ^ temps ; je cède à ses outrages ; Mon esprit seulement exempt de sa rigueur A de quoi témoigner en ses derniers ouvrages Sa première vigueur.

Les puissantes faveurs dont Parnasse ^ m'honore, Non loin de mon berceau commencèrent leur cours * ; Je les possédai jeune, et les possède encore A la fin de mes jours ^.

Ce que j'en ai reçu, je veux te le produire ^ ; Tu verras mon adresse ', et ton front cette fois Sera ceint de rayons qu'on ne vit jamais luire Sur la tête des rois.

Soit que de tes lauriers ma lyre s'entretienne, Soit que de tes bontés je la fasse parler. Quel rival assez vain prétendra que la sienne. Ait de quoi m' égaler ?

Le fameux Amphion, dont la voix non pareille Bâtissant une ville étonna l'univers, Quelque bruit ^ qu'il ait eu, n'a point fait de merveille Que ne fassent mes vers.

1. De jeunes gens. L'adjectif la noble pièce que lui avait enn'est pas encore lié au substantif voyée Malherbe , répondit : « Je assez étroitement pour former une prie Dieu que d'ici à trente ans sorte de mot composé. vous nous puissiez donner de sem-

2. Du. Par le. Cf. p. Il, n. 2. blables témoignages de la ver-

3. Parnasse. Omission de l'article, deur de votre esprit, que les années Cf. p. 32. n. 2. n'ont pu vieillir qu'autant qu'il

4. En réalité, Malherbe avait plus fallait pour l'épurer entièrement. >< de trente ans, lorsqu'il fit ses premiers (Sainte-Beuve, Nouveaux Lundis, beaux vers. t, XIII).

5. « Quel digne et magnifique 6. Te le produire. Le mettre au hommage il se rend ! quelle juste jour en ton honneur.

couronne il se tresse de ses propres 7. Adresse. Art, talent,

mains ! Richelieu, après avoir lu 8. Bruit. Gloire.

LE XVIl' SIECLE PAR LES TEXTES

Par eux de tes beaux faits la terre sera pleine ; Et les peuples du Nil qui les auront ouïs Donneront de l'encens, comme ceux de la Seine, Aux autels de Louis.

LE CARDINAL DE lUCHELIEU

.... Comme, après avoir jeté les yeux sur tous les défauts de la France, il a reconnu qu'il ne s'y pouvait remédier ^ que par le rétablissement du commerce, il s'est résolu, sous l'autorité du roi, d'y- travailler à bon escient, et, par l'entretènement ^ d'un suffisant nombre de vaisseaux, rendre ^ les armes de Sa Majesté redoutables aux lieux où le nom de ses prédécesseurs a bien à peine ^ été connu. Toute la difficulté qui s'y est trouvée, c'est que, ayant été jugé ^ que pour l'exécution de ce dessein il était nécessaire que le gouvernement du Havre fût entre ses mains, et le roi le lui ayant voulu acheter, il n'a jamais été possible de le lui faire prendre qu'en lui permettant de le récompenser Me son propre argent. Il avait, à sept ou huit Heues de cette ville, une maison embellie de toutes les diversités propres au soulagement d'un esprit que les affaires ont accablé : il a oublié le plaisir qu'il en recevait, ou plutôt le besoin qu'il en avait, pour se résoudre à la vendre, et en a employé les deniers à l'achat de cette j)lace. Tout ce que le roi a pu obtenir de lui, c'a été que, lorsque les coffres de son épargne seront mieux fournis qu'ils ne sont, ils ne refusera pas que par quelque bienfait Sa Majesté lui témoigne la satisfaction qu'elle a de son service. Ce mépris qu'il fait de soi et de ce qui le touche, comme s'il ne connaissait point d'autre santé ni d'autre maladie que la santé ou la maladie de l'Etat, fait craindre à tous les gens de bien que sa vie ne soit pas assez longue

1. Qu'il ne s'y pouvait remédier. 5. Bien à peine. Bien renforce à Qu'il ne pouvait y être porté remède. peine.

2. D'y travailler. A y travailler. 0. Ayant été jugé. Participe abso- CL p. 18, n. 1. lu. Comme il a été jugé. Cf. p. 22, n.

3. Entretéhement. Action d'en- 7. Mais le participe est ici au neutre tretenir. impersonnel.

4. D'y travailler... et... rendre. 7. Le récompenser. En donner une Et de rendre. CL p. 18, n. 6. compensation.

pour voir le fruit de ce qu'il plante. Et d'ailleurs on voit bien que ce qu'il laissera d'imparfait ne saurait jamais être achevé par homme qui tienne sa place ^ Mais quoi ? il le fait, pour ce qu'il - le faut faire. L'espace d'entre le Rhin et les Pyrénées ne lui semble pas un champ assez grand pour les fleurs de lis. Il veut qu'elles occupent les deux bords de la mer Méditerranée, et que de là elles portent leur odeur aux dernières contrées de l'Orient. ^ Mesurez à l'étendue de ses desseins rétendue de son courage *....

{Lettre à 31. de Mentin, 1626).

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