EXTRAITS DU COMMENTAIRE SUR DESPORTES
Je ne puis -passer outre, étonné de la flamme Qui de ses chauds rayons brûle toute mon âme. Qui m' éblouit la vue et me fait trébucher.
Superflu.
0 grand démon volant, arrête la meurtrière Qui fuit devant mes pas, car pour moi je ne puis, Ma course est trop tardive.
Le premier vers achève son sens à la moitié du second, le second à la moitié du troisième.
Une pâle couleur de lis et d'amour teinte.
Il veut représenter le tinctus viola pallor amantiuni ; mais il n'y donne ni près ni loin. On ne dit pas : une couleur de lis et
1. Par homme qui tienne sa place. de l'ordre et de la paix intérieure Nous disons de même je ne vois hom- sous le règne de Henri IV, estimaient me qui vive. tout perdu ou au hasard de l'être
2. Pour ce que. Pour cette raison pendant les quatorze ans d'interque. règne réel, et qui virent enfin repa-
3. Cf. p. 31, n. 3. raitre en Richelieu un pilote ines- 4 « On cite toujours la lettre de péré et un sauveur. > fSainte-Beuve,
Voiture, écrite dix ans plus tard, sur Nouveaux Lundis, t. XIII). la politique de Richelieu (cf. cette 5. Ces extraits, choisis çà et là, lettre, p. 111) ... La lettre de Mal- montrent quels défauts de pensée, herbe, animée d'une égale admira- de langue ou de versification, étaient lion, porte le cachet particulier à une les plus sensibles à ^Malherbe. Il a génération différente : on y trouve presque toujours raison contre Desrendu, dans une grande énergie et portes ; mais ses remarques sont vivacité d'impression, le sentiment plutôt d'un grammairien que d'un de ceux qui, ayant joui du bienfait poète.
3S LE XVI h SIECLE PAR LES TEXTES
d'aï)iour, mais : de Us et d'œillets ; ou bien : de colère et d'amour, en sorte que la fleur soit avec la fleur et la passion avec la passion.
Je souffre un mal présent, fen doute encore un pire... Et plus je vais avant, plus ma douleur s'empire...
Pire et empire, mal rimé.
Mais vous, belle tyranne, aux Nérons comparable. Tira nos nez, paroles mal rangées.
Que de fleurs, que d' œillets, que de roses vermeilles ! L'espèce est mal exprimée après le genre.
Saiis relâche il me presse, et me suit obstiné.
Je n'approuve point ces participes ou adjectifs pour adverbes.
0 Dieux, permettez-moi que toujours je sommeille. Sommeiller est mal ici... Il devait dire : que je dorme.
A ton objet mon œil se rassérène...
Et ne connais ni tristesse ni peine.
Rassérène n'a point de diphthongue en sa pénultième : peine en a une.
Et des astres jumeaux, sourds à tous mes propos. Mal, propos pour prières.
Se ravit bienlieureuse en voyant sa présence. Cheville.
Si jamais que de toi je n'ai voulu rien dire. Transposition cruelle.
De raison qui vers nous son regard adressa. Ce vers est suspendu en la moitié de l'hémistiche.
En vain je répands des larmes Pour les penser émouvoir; Et n'y puis venir par armes, Car ils ont trop de pouvoir.
Il rend raison pourquoi il n'y peut venir par armes,pour ce, dit-il, qu'ils ont trop de pouvoir. Il devait aussi rendre raison pourquoi il n'y peut rien par les larmes.
Tous ces brasiers je plonge en Léthés bien avant. Latinerie.
Et, quand V encre me faut, je me sers de mes pleurs. Niaiserie imitée de l'italien.
// faut continuer, quoi que j'en doive attendre. Ce fut témérité de Poser entreprendre; Ce sortit lâcheté de ne poursuivre pas.
Bon.
Fuit au-deva7it du loup le mouton porte-laine. Bourre.
Que de V aimer je rougisse de honte.
En lui voyant d'un valet faire compte.
Plébée.