‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 294 sur 511 · JWétonner. 'Me déconcerter. Cf. la pièce · texte numérisé non relu

JWétonner. 'Me déconcerter. Cf. la pièce

p. 25, n. 10. 6. Admirations. Pluriel rare ; il

3. Esprit. Talent. Très souvent équivaut à marques d'admiration. employé avec cette signification. 7. Fils du grand Condé.

4. Jl. Construction vieillie; ce. 8. l'n éclair. Ellipse très ^ive.

5. Esther avait été joué pour M'"^ de Maintenon n'apparut que la première fois le 26 janvier. C'est pour disparaître aussitôt comme un de la sixième représentation que éclair.

M"^ de Sévigné parle ici ; elle 9. En fortune. Comme nous di-

avait eu lieu le 19 février. M'"'= de sons vulgairement en veine.'

MADAME DE SÉVIGXÉ 311

Je vis le soir M. le chevalier ^; je lui contai tout naïvement mes petites prospérités, ne voulant point les cachoter - sans savoir pourquoi, comme de certaines personnes ; il en fut content, et voilà qui est fait ; je suis assurée qu'il ne m'a point trouvé, dans la suite, ni une sotte vanité, ni un transport de bourgeoise : demandez-lui. M. de ]\[eaux ^ me parla fort de vous, M. le Prince aussi : je vous plaignis de n'être point là ; mais le moyen, ma chère enfant l On ne peut pas être partout...

A M. DE COULAXGES

Grignan, 26 juillet 1691.

Voilà donc M. de Louvois mort, ce grand ministre, cet homme si considérable qui tenait une si grande place, dont le moi, comme dit M. Nicole, était si étendu, qui était le centre de tant de choses ! Que d'affaires, que de desseins, que de projets, que de secrets, que d'intérêts à démêler, que de guerres commencées, que d'intrigues, que de beaux coups d'échecs à faire et à conduire ! «Ah ! mon Dieu, donnez-moi un peu de temps : je voudrais bien donner un échec au duc de Savoie, un mat au prince d'Orange. — Non, non, vous n'aurez pas un seul moment. )) Faut-il raisonner sur cette étrange aventure ? En vérité il faut y faire des réflexions dans son cabinet. Voilà le second ministre * que vous voyez mourir, depuis que vous êtes à Rome ; rien n'est plus différent que leur mort ; mais rien n'est plus égal que leur fortune, et leurs attachements, et les cent millions de chaînes dont ^ ils étaient tous deux attachés à la terre.

Et sur ^ ces grands objets qui doivent porter à Dieu, vous vous trouvez embarrassé dans votre rehgion sur ' ce qui se passe à Rome et au conclave ^; mon pauvre cousin, vous vous méprenez. J'ai ouï dire qu'un homme de très bon esprit tira

1. Le chevalier de Grignan. Cf. 5. Dont. Par lesquelles. Cf. p. 11, p. 307, n. 2. n. 2.

2. Cachoter. Cf. p. 308, n. 1. 6. Sur. Dans le sens où nous di-

3. L'évêque de Meaux, qui était sons là-dessus (= après cela), alors Bossuet. 7. .Sur. Touchant, à propos de.

4. Seignelay était mort Tannée 8. Le conclave qui élut Innocent précédente. XII.

une conséquence toute contraire sur ce qu'il voj^ait dans cette grande ville, et conclut qu'il fallait que la religion chrétienne fût toute sainte et toute miraculeuse de subsister ainsi par elle-même au milieu de tant de désordres et de profanations. Faites donc comme cet homme; tirez les mêmes conséquences, et songez que cette même ville a été autrefois baignée du sang d'un nombre infini de martyrs; qu'aux premiers siècles, toutes les intrigues du conclave se terminaient à choisir entre les prêtres celui ^ qui paraissait avoir le plus de zèle et de force pour soutenir le martyre ; qu'il y eut trente-sept papes qui le souffrirent l'un après l'autre, sans que la certitude de cette fin les fît fuir ni refuser cette place où la mort était attachée, et quelle mort ! vous n'avez qu'à lire cette histoire. L'on veut qu'une religion subsistante par un miracle continuel, et dans son établissement, et dans sa durée, ne soit qu'une imagination des hommes ! Les hommes ne i)ensent point ainsi. Lisez saint Augustin dans la Vérité de la religion -, lisez l'Abbadie ^, bien différent de ce grand saint, mais très digne de lui être comparé, quand il parle de la religion chrétienne (demandez à l'abbé de Polignac s'il estime ce livre) ; ramassez donc toutes ces idées, et ne jugez point si frivolement ; croyez que, quelque manège qu'il y ait dans le conclave, c'est toujours le Saint-Esprit qui fait le pape; Dieu fait tout, il est le maître de tout, et voici comme ^ nous devrions penser (j'ai lu ceci en bon lieu) : « Quel trouble peut -il arriver à une personne qui sait que Dieu fait tout, et qui aime tout ce que Dieu fait ? » Voilà sur quoi je vous liiss?, mon cher cousin. Adieu.

1, Se terminaient à choisir... celui. 3. Pasteur protestant qui Tit un Avaient pour objet (terme) le choix Traité de la vérité de la Religion de celui. chrétienne. «p

2. Le titre exact est : De la véri- 4. Comme- Comment, Cf. p. 22, table religion. n. 3.

IVI'"^ DE lYlAINTENON

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