DISCOURS A MADAME DE LA SABLIERE
Désormais que ^ ma Muse, aussi bien que mes jours,
Touclie de son déclin l'inévitable cours,
Et que de ma raison le flambeau va s'éteindre,
Irai-je en consumer les restes à me plaindre.
Et, prodigue d'un temps par la Parque attendu,
Le perdre à regretter celui que j'ai perdu ?
Si le ciel me réserve encor quelque étincelle
Du feu dont je brillais en ma saison nouvelle.
Je la dois employer, suffisamment instruit
Que le plus beau couchant est voisin de la nuit.
Le temps marche toujours ; ni force ni prière.
Sacrifices, ni vœux, n'allongent la carrière ;
Il faudrait ménager ce qu'on va nous ravir.
Mais qui vois-je que vous ^ sagement s'en servir ?
Si quelques-uns l'ont fait, je ne suis pas du nombre.
Des solides plaisirs je n'ai suivi que l'ombre ;
J'ai toujours abusé du plus cher de nos biens '.
Les pensers amusants, les vagues entretiens,
Vains enfants du loisir, délices chimériques.
Les romans ^, et le jeu, peste des républiques ^,
1, 2. X'est. N'est pas. Afin qu'on personne... que vous. Cf. p. 30,
ne s'ij trompe. Afin qu'on ne s'y n, 4.
trompe pas. Cf. p. 18, n. 3. 7. Le temps.
3. Pour la construction, Cf. p 34, 8. Les romans. Il s'agit des ron. 1. mans d'amour et d'aventures, qui
4. Grand' pompe. CL p. 374, n. 9. faisaient les délices de la Fontaine,
5. Désormais que. Comme nous comme aussi de M™« de Sévigné. disons maintenant que, mais avec le Cf. p. 302.
sens du futur, indiqué par désormais. 9. Republiques. Au sens général