‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 343 sur 511 · EPITRE A MONSEIGNEUR L'EVEQUE DE SOISSONS · texte numérisé non relu

EPITRE A MONSEIGNEUR L'EVEQUE DE SOISSONS

EX LUI DOXXAXT US QUIXTILIEX DE LA TRADUCTIOX d'oRAZIO TOSCAXELIA

Je vous fais un présent capable de me nuire.

Chez vous Quintilien s'en va tous nous - détruire ^;

Car enfin qui le suit ? qui de nous aujourd'hui

S'égale aux anciens *, tant estimés chez lui ?

Tel est mon sentiment, tel doit être le vôtre.

Mais, si votre suffrage en entraîne quelque autre,

Il ne fait ^ pas la foule, et je vois des auteurs

Qui, plus savants que moi, sont moins admirateurs.

Si vous les en croyez, on ne peut sans faiblesse

Rendre hommage aux esprits de Rome et de la Grèce.

« Craindre ces écrivains ! on écrit tant chez nous !

La France excelle aux arts, ils y fleurissent tous ;

Notre prince avec art nous conduit aux alarmes ^,

Et sans art nous louerions le succès de ses armes ^ !

Dieu n'aimerait-il plus à former des talents ?

Les Romains et les Grecs sont-ils seuls excellents ? )j

Ces discours sont fort beaux, mais fort souvent frivoles :

Je ne vois point l'effet répondre à ces paroles.

Et, faute d'admirer les Grecs et les Romains,

On s'égare en voulant tenir d'autres chemins.

1. Huet, un des hommes les plus 5. Fait. Substitut d'entraîné. Cf. ^rudits du temps, p. 56, n. 2.

2. Nous. Les écrivains modernes. 6. Aux alarmes. Aux périls de la

Page 1