‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 374 sur 511 · Devant. Avant. CI. p. 12, n · texte numérisé non relu

Devant. Avant. CI. p. 12, n

Et qui suis- je, que tu daignes Jusqu'à moi te rabaisser ?

Le Verbe, image du Père,

Laissa son trône éternel.

Et d'une mortelle mère

Voulut naître homme et mortel ;

Comme l'orgueil fut le crime

Dont il naissait la victime,

Il dépouilla sa splendeur,

Et vint, pauvre et misérable.

Apprendre à l'homme coupable

Sa véritable grandeur.

L'âme heureusement captive Sous ton joug trouve la paix Et s'abreuve d'une eau vive Qui ne s'épuise jamais.

Chacun peut boire en cette onde ; Elle invite tout le monde ; Mais nous courons follement Chercher des sources bourbeuses Ou des citernes trompeuses D'où l'eau fuit à tout moment.

{Quatrième Cantique spirituel).

LES PROVIXCIALES

Ce fut dans ce temps-là même que parurent les fameuses Lettres provinciales. . . M. Pascal, auteur de ces Lettres, avait fait les trois premières pendant qu'on examinait en Sorbonne la lettre de M. Arnauld \ Il y avait expliqué les questions sur la grâce avec tant d'art et de netteté qu'il les avait rendues non seulement inteUigibles, mais agréables à tout le monde. M. Arnauld y était pleinement justifié de

1. La lettre d' Arnauld parue en bulle pontificale ne se trouvaient 1655. Il y soutenait que les cinq pas dans VAugiistinus. Cf. p 402, propositions condamnées par une n. 3.

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l'erreur dont on l'accusait, et les ennemis mêmes de Port- Royal avouaient que jamais ouvrage n'avait été composé avec plus d'esprit et de justesse. M. Pascal se crut donc obligé d'employer ce même espri à combattre un des plus grands abus qui se soit jamais glissé dans l'Eglise, c'est à savoir la morale relâchée de quantité de casuistes, et dont les jésuites faisaient le plus grand nombre, qui, sous prétexte d'éclaircir les cas de conscience, avaient avancé dans leurs livres une multitude infinie de maximes abominables Cjui tendaient à ruiner toute la morale de Jésus-Christ.

On avait déjà fait plusieurs écrits contre ces maximes, et l'Université avait présenté plusieurs requêtes au Parlement pour intéresser la puissance séculière à réprimer l'audace de ces nouveaux docteurs. Cela n'avait pas néanmoins produit un fort grand effet ; car ces écrits, quoique très solides, étant fort secs, n'avaient été lus que par très peu de personnes. On les avait regardés comme des traités de scolastique, dont il fallait laisser la connaissance aux théologiens ; et les jésuites, par leur crédit, avaient empêché toutes les requêtes d'être répondues ^ Mais M. Pascal, venant à traiter cette matière avec sa vivacité merveilleuse et cet heureux agrément que Dieu lui avait donné, fit un éclat prodigieux et rendit bientôt ces misérables casuistes l'horreur et la risée de tous les honnêtes gens.

(Histoire de Port-Eoyal).

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