Période. Développement. 130, n
3. Dès les Précieuses, Molière -' c ' /-? 10s'écria : " Je n'ai plus que faire d'étu- ^- •^"^- *-^- P' ■^-•^' "• '•
dier Plaute et Térence et d'éplucher 6. Vous résoudre d'être. A être. Cf
des fragments de Ménandre ". p. 18, n. 1.
faibles antagonistes ; et vous y avez si bien réussi, que, si je ne me fusse mis de la partie, le champ de bataille, s'il faut ainsi parler, vous demeurait, ces faux savants n'ayant pu, et les vrais savants, par une hauteur un peu trop affectée, n'ayant pas daigné vous répondre. Permettez-moi cependant de vous faire ressouvenir que ce n'est point à l'approbation des faux ni des vrais savants que les grands écrivains de l'antiquité doivent leur gloire, mais à la constante et unanime admiration de ce qu'il y a eu dans tous les siècles d'hommes sensés et délicats, entre lesquels on compte plus d'un Alexandre et d'un César. Permettez-moi de vous représenter qu'aujourd'hui même encore ce ne sont point, comme vous vous le figurez, les Sclirevelius ^, les Peraredus -, les Ménagius ^, ni, pour me servir des termes de Molière, les savants en us, qui goûtent davantage ^ Homère, Horace, Cicéron, Virgile. Ceux que j'ai toujours vus le plus frappés de la lecture des écrits de ces grands personnages, ce sont des esprits du premier ordre, ce sont des hommes de la plus haute élévation. Que s'il fallait nécessairement vous en citer ici quelques-uns, je vous étonnerais peut-être par les noms illustres que je mettrais sur le papier ; et vous y trouveriez non seulement des Lamoignon, des Daguesseau, des Troisville ^, mais des Condé, des Conti et des Turenne.
Ne pourrait-on point donc, Monsieur, aussi galant homme que vous l'êtes, vous réunir de sentiments avec tant de si galants hommes ? Oui, sans doute ^, on le peut ; et nous ne sommes pas même, vous et moi, si éloignés d'opinion que vous pensez. En effet, qu'est-ce que vous avez voulu établir par tant de poèmes, de dialogues et de dissertations sur les anciens et sur les modernes ? Je ne sais si j'ai bien pris votre pensée ; mais la voici, ce me semble. Votre dessein est de montrer que, pour la connaissance ' surtout des beaux-arts et pour le mérite des belles-lettres, notre siècle, ou, pour mieux parler, le siècle de Louis le Grand, est non seulement comparable, mais supérieur à tous les plus fameux siècles de l'anti-