LES MODERXES CONXAISSEXT L'HOMME MIEUX QUE LES ANCIENS
Pourquoi voulez-vous que l'éloquence et la poésie n'aient pas eu besoin d'autant de siècles pour se perfectionner que la ph^'sicjue et l'astronomie? Le cœur de l'homme, qu'il faut connaître pour le persuader et pour lui plaire, est-il plus aisé à pénétrer que les secrets de la nature, et n'a-t-il pas de tout temps été regardé comme le plus creux ^ de tous les abîmes, où l'on découvre tous les jours quelque chose de nouveau, et dont il n'y a que Dieu seul qui puisse sonder toute la profondeur? Comme les anciens connaissaient en gros aussi bien que nous les sept planètes et les étoiles les plus remarquables, mais non pas les sateUites des planètes et ce grand nombre de petits astres que nous avons découverts, de même ils connaissaient en gros aussi bien que nous les passions de l'âme, mais non pas une infinité de jjetites affections et de petites circonstances Cjui les accompagnent, et qui en sont comme les sateUites. Ce n'a été que dans ces derniers temps que l'on a fait et dans l'astronomie et dans la morale, ainsi qu'en mille autres choses, ces belles et curieuses découvertes. En un mot, comme l'anatomie a trouvé dans le cœm^ des conduits, des valvules, des fibres, des mouvements et des symptômes - qui ont échappé à la connaissance des anciens, la morale y a aussi trouvé des inchnations, des aversions, des désirs et des dégoûts que les mêmes anciens n'ont jamais connus. Je pourrais vous faire voir ce que j'avance en exa-