‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 405 sur 511 · DES HARANGUES DANS LES HISTORIENS ANCIENS · texte numérisé non relu

DES HARANGUES DANS LES HISTORIENS ANCIENS

Il eût peut-être mieux valu pour ces deux historiens [Thucydide et Tite-Live] qu'ils ne se fussent point piqués d'éloquence que d'en avoir usé ^ comme ils ont fait. A peine Thucydide a-t-il commencé d'expliquer l'état où était la Grèce quand les choses qu'il va narrer sont arrivées, qu'il fait faire aux Corcyréens et aux Corinthiens des harangues d'une longueur exorbitante. Ce n'a été que l'envie de paraître éloquent qui l'a poussé à faire d'abord ces deux harangues et à les faire directes comme toutes les autres qui sont ensuite ^, ce qui est tout à fait hors de propos.... Je veux croire qu'elles sont très belles, considérées en elles-mêmes, et qu'on pourrait en faire un beau recueil de pièces d'éloquence ; mais, comme elles ne sont point là en leur place ^, elle font un très méchant

1. En leur place. A leur place. Cf. 3. En. Substitut d'éloquence. Cf. p. 221, n. 2. p. 83, n. S.

2. Que. Avec laquelle. CL p. 41, 4. (3»i. son/ ensuite. Qui sont à la suite, n. 5. 5. En leur place. Cf. n. 1.

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effet. Quand la harangue directe qu'on trouve dans une histoire a été véritablement prononcée et que l'historien qui a eu le bonlieur de la retrouver l'insère dans son Hvre et en avertit le lecteur, rien n'est plus agréable que de la lire. Mais quand on est assuré que l'historien n'a pu en savoir les propres termes, on ne peut y prendre un ^rai plaisir ; et il aurait été plus selon le bon sens que l'historien n'en eût rapporté que la substance.

[Ibid., troisième dialogue.)

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