‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 427 sur 511 · II. Représente tout. 2. A. Pour. Cf. p. 12, n · texte numérisé non relu

II. Représente tout. 2. A. Pour. Cf. p. 12, n

474 LE XV 11'- ^jtLLh i-Ak Lh^ 1 EXl Ls

cieuXjOn aurait pu croire qu'il la laissait destituée de son assistance, n'a-t-il pas dit : « Allez, baptisez, enseignez ; et voilà que je suis avec vous )>, enseignant ainsi et baptisant, (' jusqu'à la fin des siècles ? » Si donc vous avez des doutes, allez à r Eglise : elle est en vue ; elle est toujours inébranlable, immuable dans sa foi ; toujours avec Jésus-CTirist et Jésus-Christ avec elle. Disons encore une fois : Dieu a tant aimé le monde, que, pour en résoudre les doutes, il n'a poiat laissé de doute sur son Eglise qui les doit résoudre.

Mais combien de sociétés prennent le titre d'Eglise ! — Pouvez- vous vous y tromper ? Xe voyez- vous pas que celle qui a toujours été, celle qui demeure toujours sur sa base, celle qu'on ne peut pas seulement accuser de s'être séparée d'un autre corps et dont tous les autres corps se sont séparés, portant sur leur front le caractère de leur nouveauté, ne voyez-vous pas encore un coup ^ que c'est celle qui est l'Eglise ? Soumettez- vous donc. Vous ne pouvez I J'en vois la cause. Vous voulez juger par vous-même ; vous voulez faire votre règle de votre jugement ; vous voulez être plus savant et plus éclairé que les autres ; vous vous croyez ravili - en suivant le chemin battu, les voies communes : vous voulez être auteur, inventeur, vous élever au-dessus des autres par la singularité de vos sentiments : en un mot, vous voulez ou vous faire un nom parmi les hommes, ou vous admirer vous-même en secret comme un homme extraordinaire. Aveugle, conducteur d'aveugles, en quel abîme vous allez vous précipiter, avec tous ceux qui vous suivront ! Si vous étiez tout à fait aveucfle, vous trouveriez quelque excuse dans votre ignorance. Mais vous dites : «Nous voyons, noas entendons tout, et le secret de l'Ecriture nous est révélé. )) Votre péché demeure en vrms ^.

(Ihid.. XV r EUvaiion)

1. Encore un coup. Encore une plus significative que celle-ci : car sa fois. Très fréquent au xvn^ siècle. théologie consiste essentiellement

2. Ravili. Mot tombé en désué- dans la subordination à l'Eglise et tude. dans le sacrifice du sens propre, qui

3. Aucune page de Bossuet n'est est le principe de toute hérésie.

BOSSi'ET 475

1»KLX MAMhJîI - DE DÉSIRER LA RÉFORMATION DE l/E(,LISE

Il y avait deux sortes d'esprits qui demandaient la réformation : les uns, vraiment pacifiques et vrais enfants de l'Eglise, en déploraient les maux sans aigreur, en proposaient avec respect la réformation, dont aussi ils toléraient humblement le délai ; et, loin de la vouloir procureur ^ par la rupture, ils regardaient au contraire la rupture comme le comble de tous les maux ; au milieu des abus ils admiraient la divine Providence, qui savait, selon ses promesses, conserver la foi de l'Eglise; et, si on semblait leur refuser la réformation des mœurs, sans s'aigrir et sans s'emporter, ils sestimaient assez heureux de ce que rien ne les empêchait de la faire parfaitement en eux-mêmes. C'étaient là les forts de l'Eglise, dont nulle tentation ne pouvait ébranler la foi, ni les arracher^ de l'unité. Mais il y avait outre cela des esprits superbes, pleins de chagrin ^ et d'aigreur, qui, frappés des désordres qu'ils voyaient régner dans l'Eglise, et principalement parmi ses ministres, ne croyaient pas que les promesses de son éternelle durée pussent subsister parmi ces abus ; au lieu que le Fils de Dieu avait enseigné à respecter kl chaire de Moïse, malgré les mauvaises œuvres des docteurs et des Pharisiens assis dessus (Matth. xxiii. 2, 3.). Ceux-ci devenus superbes, et par là devenus faibles, succombaient à la tentation qui porte à haïr la chaire en haine de ceux qui y président ; et, comme si la malice ' des hommes pouvait anéantir l'œuvre de Dieu, l'aversion qu'ils avaient conçue pour les docteurs leur faisait haïr tout ensemble et la doctrine qu'ils enseignaient et l'autorité qu'ils avaient reçue de Dieu pour enseigner.

Tels étaient les Albigeois et les Vaudois ; tels étaient Jean Viclef et Jean Hus. L'appât le plus ordinaire dont ils se servaient pour attirer les âmes infirmes dans leurs lacets était la haine qu'ils leur inspiraient pour les pasteurs de l'Eglise ; par cet esprit d'aigreur on ne respirait que la rupture, et il ne faut pas s'étonner si, dans le temps de Luther,

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