‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 447 sur 511 · Cf. dans Sainte-Beuve, Lundis, de jugements · texte numérisé non relu

Cf. dans Sainte-Beuve, Lundis, de jugements

t. IX, une analyse de ce sermon et 4. Maligne Cf. p. 154, n. 7.

notamment de la première partie. 5. Dont nous sommes responsables.

Mais, dit-on, je juge pour avoir vu et il ne dépend pas de moi de voir ou de ne pas voir... Il vous est permis de voir ce que vous voyez ; mais, quand il s'agit de condamner, il ne vous est pas permis d'aimer à le voir, de chercher à le voir, de vous attacher à le voir. Pourquoi? Parce que, avec ces dispositions, il est infailhble que vous verrez souvent ce qui n'est pas et que vous ne verrez pas ce qui est ; parce que, avec ce désir malin ^, il est sûr c^ue vous étendrez vos vues trop loin, que vous grossirez les objets, que vous verrez comme une poutre ce qui n'est qu'une paille et un atome, que vous regarderez comme un vice habituel ce qui n'est qu'une faute passagère, que l'impétuosité de votre esprit vous emportera, que la vraisemblance vous éblouira, que l'apparence vous trompera.

{Sermon sur le jugement téméraire.)

L'ETERXITE MALHEUREUSE

On peut absolument ^ savoir le nombre des étoiles du ciel, des gouttes d'eau dont la mer est composée, des grains de sable qu'elle jette sur ses bords. Mais de mesurer dans l'éternité le nombre des jours, des années, des siècles, c'est à quoi l'on ne peut atteindre, parce que ce sont des jours, des années, des siècles sans nombre ; disons mieux, parce que, dans l'éternité, il n'y a proprement ni jours, ni années, ni siècles, et que c'est seulement une durée infinie. Voilà à quoi je m'attache et sur quoi je fixe mes regards. Car je m'imagine que je vois cette éternité, que je marche dans l'éternité, et que je n'en découvre jamais le bout. Je m'imagine que j'en suis enveloppé et investi de toutes parts, que, si je m'élève, si je descends, de quelque côté que je me retourne, je trouve toujours cette éternité ; qu'après mille efforts pour m'y avancer, je n'ai pas fait le moindre progrès ^, et que c'est toujours l'éternité. Je m'imagine qu'après les plus longues" révolutions des temps, je vois toujours au milieu de cette éternité une âme réprouvée, dans le même état, dans la même

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